C’est à Aiacciu, le 25 juin dernier, dans les nouveaux locaux de Campusplex, que Femu Quì a lancé un nouveau cycle de rencontres-débats dans le cadre de Corsica.ai.
Femu Quì est une société de capital-investissement créée en 1990 afin de faire émerger un « riacquistu » de leur économie par les Corses, en mobilisant l’épargne populaire afin d’accompagner la création d’entreprises et d’emplois en Corse.
La société est partie prenante du projet corsica.ai qui a pour ambition de préparer la Corse à ce qu’elle anticipe comme « la deuxième vague de la révolution technologique » en contribuant au développement des usages de l’intelligence artificielle en Corse par la mise à disposition d’une offre de services adaptée aux enjeux.
femuqui.com et corsica.ai
C’est donc dans cette perspective que Femu Quì lance ce cycle de rencontres-débats permettant à des entrepreneurs corses d’échanger avec des personnalités riches d’une expérience singulière dans le domaine de la tech européenne, de l’intelligence artificielle et sur la façon de s’adapter à ces transformations en tant qu’entrepreneurs.
La société a choisi de convier pour cette première rencontre Andris K. Berzins, fondateur de plusieurs entreprises ayant contribué par leur action au développement de l’écosystème startup dans les pays baltes, notamment par la création de Change Ventures, un fonds d’investissement à destination des entrepreneurs baltes sur place mais également de ceux de la diaspora, d’où qu’ils se trouvent dans le monde.
C’est cette idée de financer les projets entrepreneuriaux jusque dans la diaspora qui a permis à ce petit territoire qui ne comprend que 6 millions d’habitants, à travers la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie, de se développer considérablement et de peser dans l’univers de la startup à l’échelle mondiale.
Ghjuvan’Carlu Simeoni, président de Femu Quì Ventures, la filiale de gestion, a introduit l’échange, en expliquant ce qui les avait amenés à choisir Andris K. Berzins pour ce premier échange.
« Il y a quelques années, lorsque nous travaillions à la création du fonds d’amorçage Alzà, Alex Alfonsi m’a dit : “Mais je connais quelqu’un qui l’a fait” et m’a parlé d’Andris avec qui il avait étudié à Stanford et qui a donc créé un fonds d’investissement similaire pour les entrepreneurs des pays baltes où qu’ils se trouvent dans le monde. »
Le fonds d’amorçage Alzà en quelques mots par Femu Quì : « Alzà est le premier fonds d’amorçage régional dédié à la Corse qui permet à des ingénieurs, des entrepreneurs du champ technologique et de l’innovation de lancer leur activité à partir de la Corse, d’y créer ou localiser leurs premières équipes, et d’y prendre racine pour se projeter vers leurs clients à l’extérieur, contribuant ainsi à faire grandir un écosystème local de savoir-faire technologiques. »
L’avantage avec ce type de démarche, c’est qu’au-delà de financer les entrepreneurs déjà implantés sur place, il permet d’inciter ceux de la diaspora à initier de l’activité entrepreneuriale sur leur territoire d’origine. L’entrepreneur est heureux de maintenir une attache avec son pays et de participer à son développement, et le pays en tire les profits de l’attractivité.
Dans un moment d’échange entre la salle, Alexandre Alfonsi qui anime le débat et Andris K. Berzins, quelqu’un l’interroge afin de savoir si les investissements dans les entreprises de la diaspora finissent bien par profiter à la région.
Andris K. Berzins répond : « Les entrepreneurs ambitieux partent souvent par soif de se développer, notamment aux États-Unis, mais ils ont tendance à tous revenir. Il y a beaucoup plus de concurrence aux États-Unis, donc ils développent leur talent puis rentrent pour se réinstaller chez eux (…) même si certains entrepreneurs finissent par vendre leurs entreprises à des sociétés étrangères, l’argent récolté est dans tous les cas réinvesti localement. »
Puis quelqu’un l’interroge, lui demandant si pour lui un petit territoire est un atout ou un inconvénient pour l’entrepreneuriat.
Il n’hésite pas une seconde : « Les petits territoires sont un atout pour entreprendre (…) je vois des similitudes entre les pays baltes et la Corse. Vous avez un petit marché, mais avec une identité forte, une société de proximité, notamment avec le gouvernement local qui permet des collaborations plus simples, mais également entre la population du territoire qui permet une forme d’entraide. »
Cette rencontre était manifestement une réussite, que cela soit en termes d’affluence qu’en termes d’apport qualitatif pour la réflexion entrepreneuriale, notamment dans le domaine de la tech, et par conséquent en termes de perspectives de développement pour la Corse.
Arritti se tient comme toujours aux côtés de Femu Quì et ses équipes sont impatientes d’assister aux prochaines rencontres de ce cycle d’échanges ! •








