I messaghji d’Edmond Simeoni

A nostra forza

«Le peuple Corse ne doit pas penser que la répétition permanente de l’exigence de démocratie, est une lubie de vieil homme, mais une exigence vitale, qui conditionne la construction d’une Corse émancipée, assise sur le droit et sur l’humanisme» confiait Edmond Simeoni le 12 juillet 2018. Une conviction construite sur un long parcours militant qui a traversé bien des épreuves et des tentations. C’est là toute la valeur du message. Arritti s’obstine à rappeler les enseignements qu’il nous a légués pour qu’ils nous instruisent et nous aident à grandir. Il était (comme l’est d’ailleurs son frère Max à longueur de colonnes d’Arritti) éclairé par 50 ans de nationalisme et de combat face à un État sournois. Il en savait tous les dangers. Au peuple corse et particulièrement à ses jeunes générations de se nourrir de cette riche expérience et du bon sens nécessaire pour l’appliquer en toutes circonstances, particulièrement dans nos relations internes. Car dans un combat de libération aux conditions aussi inégales nous n’avons pas le droit à l’erreur ou au relâchement, encore moins aux dérives.
Edmond l’avait bien compris, non seulement la voie démocratique est la seule viable face à la 5e puissance mondiale, mais c’est aussi là que réside toute notre force à même de gagner la confiance du peuple.
Extraits de «L’inéluctable liberté», texte toujours d’actualité écrit le 14 décembre 2017.

 

«Nous ne sommes ni surpris, ni stressés, ni aigris par le refus de dialogue de l’État; il a mis en place unilatéralement et après des concertations-alibis, quatre statuts inadaptés, sur près de quarante ans; aujourd’hui, il se prévaut de ses propres turpitudes pour refuser, avec dédain le vrai statut d’autonomie dont nous avons besoin et nous suspecter de surenchère et de fuite en avant. Nous affirmons nos revendications sur ce plan depuis 1973, inchangées.

La différence fondamentale avec hier, c’est que depuis Décembre 2017, l’Assemblée de Corse est dirigée par un mouvement national, démocratique, libre de ses décisions au service du peuple corse et que l’État n’a plus les moyens, ayant perdu sa courroie de transmission, – le clanisme – de nous empêcher de progresser, d’enraciner la démocratie, de nouer des contacts internationaux, de présider une instance européenne internationale, de choisir des voies de développement adaptées, de commercer, de dialoguer et de passer des accords avec des pays étrangers comme la Sardaigne par exemple. Nous avons de facto une autonomie de gestion dans de nombreux domaines. Il faut renforcer cette évolution, réhabiliter la démocratie, renforcer l’économie, faire rayonner la culture, vivre avec et dans le monde et bien entendu, maintenir nos revendications politiques dans un esprit de dialogue ferme, mais mesuré.

Simultanément, nous allons amplifier notre action internationale sur tous les plans, par les échanges économiques et culturels, par l’information, par la recherche de solidarités. La France fait semblant d’oublier qu’il existe une opinion publique et une conscience internationales. Nous sommes adossés à un consensus populaire démocratique; nous avons l’Histoire et le droit de notre côté. Les murailles partisanes se déliteront inévitablement avec le droit des peuples à choisir leur destin et donc avec l’accession à la liberté. Demain, la coopération remplacera la confrontation.

Le chemin est ouvert pour un avenir paisible dans le concert à un échelon modeste, des Peuples du monde. L’évolution est inéluctable.» •