Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2890

da u 22 à u 28 di maghju di u 2025

U mo parè

Simu di stu paese, è ci vulemu campà

Jeunes

le 23/05/2025

Par François Joseph Negroni

Il y a dans l’air certaine crispation. Une tension qu’on tait, mais que tout le monde sent. Une inquiétude sourde, une colère muette.

Ces dernières semaines, la Corse a vu ressurgir un visage trouble : celui de la crapulerie nue, de la violence sèche, sans fard ni cause, sans idéaux ni masque, sans respect des hommes et des institutions. Des incendies criminels. Des intimidations. Des mises à feu symboliques. Et derrière, toujours, cette même odeur de soufre, de lâcheté et d’impunité.

Il ne s’agit pas ici d’un emballement médiatique, bien que participant à la démarche, le buzz prévalant sur la vérité. Il s’agit d’un climat. D’un vertige. D’un lent naufrage moral.

Ce qui s’installe, ce n’est pas seulement l’illégalité — c’est l’inversion des valeurs. Ceux qui brûlent, menacent ou rackettent ne se cachent plus vraiment. Ils s’érigent en figures d’influence, comme si la terreur pouvait faire peuple.

Mais ce pays-là, ce n’est pas le nôtre.

Ce pays-là, ce n’est pas celui que nous voulons bâtir. Pas celui dont nous avons hérité. Pas celui que nous devons transmettre.

Ce pays-là, c’est la déchéance : celle d’une île où l’on croit encore que tout s’achète, que tout s’intimide, que l’incendie est un argument. C’est la résignation acceptée, le cynisme quotidien, le renoncement en cascade.

Mais la Corse ne se résume pas à ses ombres. Elle vaut mieux que cela. Elle a toujours valu mieux que cela.

Nous voulons une île qui travaille, qui crée, qui cultive, qui forme. Une île où la dignité n’est pas une posture, mais une exigence quotidienne. Une île où l’on valorise ceux qui se lèvent tôt, pas ceux qui menacent tard. Une île où l’on protège la terre, au lieu de la dévaster. Où l’on respecte les gens, les anciens, les enfants, les vivants, les morts. Une île de transmission, pas de destruction.

Nous avons hérité d’un pays de paysans, de bergers, d’enseignants, de bâtisseurs. Un pays où l’on savait ce que signifie le mot « valeur ». Le mot « honneur ». Le mot « travail ». Un pays où l’on parlait peu, mais où les actes comptaient. Où la terre n’était pas un bien à vendre mais un lien, un héritage. Où la langue portait une mémoire collective, et non un folklore de circonstance. Où la culture n’était pas une décoration, mais une colonne vertébrale.

C’est cette Corse-là qu’il faut réaffirmer. Celle du XXIe siècle, oui. Moderne, innovante, ouverte. Mais debout. Digne. Solide. Ancrée. Qui refuse de choisir entre le progrès et la mémoire. Entre la justice et la fermeté. Entre la fraternité et l’ordre.

Il ne s’agit pas ici de nostalgie. Il s’agit d’un choix de civilisation.

Car si nous ne traçons pas, clairement, les lignes entre ce que nous tolérons et ce que nous rejetons, alors tout finira par se mélanger. Et ce jour-là, les voyous n’auront même plus besoin de se cacher : ils auront gagné la bataille des normes. Ils auront imposé leur logique. Ils auront rendu honteux ceux qui respectent la loi, et admirables ceux qui la piétinent.

Nous n’en sommes pas là. Mais nous nous en rapprochons. Et le pire serait de s’habituer. De baisser les yeux. D’expliquer, de relativiser, d’attendre.

La société corse ne tombera pas dans ce piège si elle se rappelle qu’elle vaut davantage. Qu’elle peut se reconstruire autour de ses forces profondes. La langue, la terre, le travail, la justice. Pas la violence, le feu et l’intimidation.

Nous devons reprendre la parole. Refuser le silence complice. Redonner du sens aux mots. De la cohérence aux discours. De la constance aux actes.

Ce combat n’est pas facile. Il sera rude, long, parfois amer. Mais il est nécessaire. Il est vital.

Parce que ce pays, celui qu’on aime, celui qu’on rêve, celui qu’on doit à ceux qui viendront après nous, ce pays-là, ce n’est pas celui de l’ombre.

C’est celui de la lumière. •

aue-rect
pietra-rect
mattei-rect
pm-rect

Sustenite

A voce di l'autunumia dipoi sissant'anni

Abbunatevi

Arritti ùn pò campà senza voi !

soleco
ottavi
lmaiacciu
fratelliangeli
casart

Annonces
légales

Publicate i vostri annunzi ind'è Arritti : susteniteci !

Sucetà

U mo parè

le 26/12/2025

Il est des moments dans l’année qui échappent encore au vacarme du monde. Noël est de ceux-là. Une parenthèse fragile,…

Accapu di a reddazzione

le 12/12/2025

A sucietà perde u sensu. In ssu mondu in furore, si pèrdenu i valori umani è cù elle, u sensu…

Manifestazione antimàffia di u 15 di nuvembre 2025

le 04/12/2025

Arritti rivene nant’à i messagi di a manifestazione di u 15 di nuvembre 2025 in Aiacciu è Bastia. Quì, l’intervenzione…

Da leghje dinù

Accapu di a reddazzione

le 14/01/2026

In Corsica, un omu hè statu assassinatu à l’intarru di a so mamma. A nostra sucietà si ne va di…

Arritti, cari lettori, vi manda l’auguri aldilà di l’anni…

le 08/01/2026

PaceSalute

Umagiu

le 18/10/2025

Max

ARRITTI lance un appel

le 08/08/2025

Aleria Arritti

Recevez
notre Newsletter

Ricevite l’attualità è i cartulari di a nostra redazzione, per e-mail, una volta à a settimana.

Ricerca