Bastia

Léo Battesti brise le tabou de la mafia en Corse

Pour la sortie de son livre « A Maffia Nò », Léo Battesti enchaîne les interventions, les dédicaces et les conférences sur la thématique de l’emprise mafieuse en Corse. Ce 16 mars au café des Palmiers à Bastia, l’ancien membre du FLNC a consacré une soirée à présenter son livre sur la question de la mafia dans l’île, en présence également de Josette Dall’Ava Santucci, du collectif A Maffia Nò A vita Iè.

 

 

La mafia en Corse, Léo Battesti la connaît bien. L’un des fondateurs du collectif A Maffia Nò A vita Iè sillonne depuis des années les moindres recoins de l’île pour briser le tabou du problème mafieux en Corse. C’est un constat pour le moins douloureux que nous présente l’essayiste ce samedi au café des Palmiers : la Corse, dans toutes ses facettes, est gangrenée par la mafia, un mal qui sait se servir de toutes les ressources culturelles et sociales d’une société. Déchets, construction, bars et établissements privés… Les noms sont connus mais ils sont tus. Léo Battesti adresse avec véhémence une certaine hypocrisie de la société corse.

« Pourquoi beaucoup ne veulent pas prononcer le mot “mafia” ? Parce qu’admettre la présence de la mafia, c’est admettre qu’il y a des implications politiques. Une volonté de faire l’autruche non-assumée par les institutions et notamment l’État français. »

Il souligne notamment l’imbrication forte de la mafia dans la société corse, au sein même de sa population. Et les solutions qui pourraient émaner de cette dernière.

 

L’espoir de la prise de conscience populaire

En effet, depuis plusieurs années, et principalement par des initiatives citoyennes, les lignes bougent. Notamment, des propositions de loi pour réformer la loi pénale, sur le modèle italien, avec, en premier lieu, la reconnaissance claire et explicite du fait mafieux. Également, la mise en place d’un système de « repentis », qui, en Italie à nouveau, a permi de créer au sein des organisations criminelles une méfiance et une tension constante.

Cependant, le militant souligne la porosité de la société corse avec la question mafieuse, mais également l’évolution rapide et la « sophistication » des systèmes mafieux. Des idées développées dans l’ouvrage A Maffia Nò. (Arthaud). •

Léa Ferrandi.