« Nous avons contribué à la conviction, désormais partagée, que la diaspora était une partie intégrante du peuple corse, très attachée à l’île et constituant une ressource majeure pour la Corse, en termes de solidarité, de compétences multiples, de moyens financiers et relationnels ». Ainsi s’exprimait il y a plus de 20 ans, Edmond Simeoni, fondateur de l’association Corsica Diaspora et Amis de la Corse. Et chacun sait combien il avait à cœur de renforcer ces liens entre l’île et sa diaspora.
Aujourd’hui, la démarche est ancrée. Elle est reconnue. Elle compte sur un réseau de plus de 6.000 personnes dans le monde et continue à s’élargir. Il s’agit désormais de passer à la vitesse supérieure. Et pour cela, l’association s’est donné un nouveau président, Thomas Linale, pour mieux activer encore ce réseau, lui donner des outils pour agir dans un monde en constante évolution. Arritti fait le point avec lui sur les outils, les enjeux et les projets qu’entend développer l’association.
Corsica Diaspora a été fondée en 2004, quel bilan faites-vous de ces 22 années d’existence ?
Depuis sa création en 2004 par le Dr Edmond Simeoni, l’association Corsica Diaspora et amis de la Corse a œuvré avec constance et ténacité pour maintenir et renforcer le lien entre les Corses d’ici et ceux vivant ailleurs.
L’association a souffert de la disparation d’Edmond en 2018, il était la figure emblématique de la démarche et sa perte a fortement impacté l’activité et les capacités de financements de Corsica Diaspora, notamment dans le rapport aux mécènes.
Toutefois, nous avons tout de même continué à faire vivre la communauté sur les réseaux sociaux et participé à de nombreux évènements, en Corse et à l’extérieur.
Que représente, en chiffres, Corsica Diaspora ? Où en êtes-vous de son recensement dans le monde ?
Désormais, il faut permettre à Corsica Diaspora de renforcer son rayonnement, de rendre son réseau incontournable. Nous avions créé une plateforme à l’époque très efficace mais fortement ancrée à Facebook. Elle regroupait plus de 6.000 inscrits répartis sur 93 pays et 956 villes.
Aujourd’hui ce lien est obsolète, c’est pourquoi nous avons décidé de reconstruire de nouveaux outils et de développer une nouvelle stratégie sur les réseaux sociaux. Nous le savons tous, l’enjeu de la communication et de la notoriété est fondamental.
Vous avez annoncé impulser une nouvelle dynamique et vous vous êtes donné un plan sur cinq ans, quelles en sont les grandes lignes ?
Grâce à un fort soutien de l’Adec et de la Collectivité de Corse nous lançons en effet un grand projet, il se concrétise par la formalisation d’une volonté multiple : Renforcer la capacité d’animation du réseau « diaspora » en mobilisant tous les Corses, ici et ailleurs, qui expriment un intérêt pour l’avenir de l’île ; imaginer et développer des outils numériques innovants et puissants au service des enjeux du projet, mettre aussi l’entreprise et l’emploi au cœur du nouveau dispositif.
Corsica Diaspora, c’est toute une mise en réseau pour que les Corses se trouvent et s’entraident partout à travers le monde. Mais pour le Corse d’ici, que peut apporter de concret à l’île une telle association ?
Le projet est conçu comme un projet central en faveur de la Corse et de son avenir. Notre vocation naturelle et historique est celle de créer des passerelles concrètes entre les corses d’ici et d’ailleurs, désormais nous œuvrons aussi pour imprégner dans les mentalités l’idée que la diaspora fait partie intégrante du peuple corse. Notre leitmotiv est clair à ce sujet : Corses d’ici et Corses d’ailleurs, un seul peuple pour un destin commun.
Sur notre site, chacun peut découvrir et télécharger la présentation du projet et comprendre que le futur de la Corse est au cœur de notre dynamique.
Edmond Simeoni aspirait à « une agence du retour », avez-vous renoncé à cette revendication ?
Nous ne voyons pas l’idée de « l’agence du retour » comme une revendication mais comme l’expression d’un objectif transversal et sous-jacent à notre démarche. Le retour ne peut se décréter, ni par nous ni par ceux qui y aspirent. Notre rôle est avant tout de créer les conditions pour ce retour.
Ainsi, notre partenariat avec l’Adec nous incite à promouvoir de nombreux dispositifs. La nouvelle plateforme sera, au-delà du renforcement de l’annuaire des Corses du monde, orientée sur l’économique et le social en favorisant des initiatives économiques entre des entreprises dont le siège est en Corse et des entreprises gérées par des représentants de la diaspora. Cet espace intègrera aussi une bourse à l’emploi (offres recherches d’emplois ou de stages) qui pourrait devenir un dispositif important favorisant l’installation de jeunes corses dans l’île. Que les Corses de l’extérieur puissent postuler à des emplois, publics ou privés, dans l’ile nous semble important, sans bien sûr concurrencer ceux qui vivent ici depuis toujours.
Quels sont les prochains rendez-vous ?
Nous sommes présents à la foire de Marseille sur le stand de la Fédération des Corses de Marseille.
Nous allons nous consacrer à la professionnalisation de notre équipe en recrutant un coordinateur général, l’annonce est déjà en ligne sur nos réseaux mais aussi en lançant une grande consultation pour le choix du prestataire qui aura la mission de créer et développer nos outils techniques, ils sont fondamentaux.
Pour l’heure nous nous appuyons sur une équipe transitoire qui assure toutes les tâches nécessaires au développement du projet et notamment la gestion de la communication.
Plus généralement, nous avons commencé à renforcer le lien avec les amicales et les associations, par un travail sur la toile mais aussi en participant à des rencontres et manifestations hors de l’île.
Nous allons aussi mettre en œuvre un programme de tables rondes, débats et conférences, en ligne ou en présentiel, tous les sujets qui intéressent l’avenir de la Corse dans le cadre de la démarche pourront être abordés.
Enfin, nous diffusons une newsletter et ceux qui souhaitent suivre notre actualité peuvent s’y inscrire par le biais de notre site internet.
La composition de notre conseil d’administration est aussi un signe fort de notre volonté de structuration. •
U novu cunsigliu d’amministrazione
. Lucie Simeoni, présidente d’honneur, Bastia
. Thomas Linale, président, directeur dans le secteur hospitalier, Lens
. Jean Dalcoletto, vice-président, président de la Fédération des Corses de Marseille
. Elena Piacentini, vice-présidente, écrivaine, Lille
. Bernardu Cesari, secrétaire, directeur Hub Corsica
. Angelica Sammarcelli, secrétaire adjointe, dirigeante de Sammacelli Imprimerie, Bastia et Bordeaux
. Mathilde Mattei, trésorière, enseignante, Bastia
. Caroline Goeury-Giamarchi, trésorière adjointe, avocate, Bastia
. Julia Brigidi épouse Wojcik, cadre dans la fonction publique d’État, Nancy
. Enrique Vivoni, professeur émérite Université de Porto Rico, Porto Rico
. Patrick Ottomani, président de l’association des Corses des États-Unis, New-York City
. Charles Bonaparte, ex-dirigeant d’entreprises, ex-président de la Fédération européenne des cités napoléoniennes, Sauve (France)
. Marie-France Bereni-Canazzi, fondatrice de l’association littéraire Musanostra, Bastia
Parechji arnesi à sviluppà
Afin de renforcer le lien avec la diaspora et impulser une nouvelle dynamique, Corsica Diaspora vise à :
– développer les relations avec les amicales et les associations partout dans le monde. « Elles sont la connexion directe avec les Corses vivant hors de l’île ».
– être encore « plus présent physiquement (…) en organisant ou en participant à des soirées spéciales dédiées à la Corse, réunions d’échanges, conférences et en étant présents lors de manifestations importantes comme la Foire de Marseille, les salons du livre corse, le salon de l’agriculture »…
– développer le lien par « une présence accrue sur les réseaux sociaux et l’utiliser pour générer des nouvelles inscriptions à l’annuaire des Corses du monde ».
– une newsletter semestrielle pour présenter « en priorité l’actualité de la démarche en laissant aussi la place à des articles de fond »
– un programme de tables rondes, débats, conférences, sur « tous les sujets qui intéressent l’avenir de la Corse » diffusé « en direct sur une plateforme de visioconférence et sur les réseaux sociaux ».
– la création d’outils numériques afin de « mobiliser les acteurs publics et privés en Corse comme au sein de la diaspora en mettant à leur disposition un outil et une stratégie, numériques, qui visent à renforcer le tissu des activités, mieux ancrer celles-ci à leur territoire naturel tout en favorisant leur expansion hors de l’île ».
– l’annuaire des Corses du monde. Il touche déjà 93 pays et 956 villes, c’est un espace de rencontres et d’échanges. Il sera entièrement repensé pour proposer de nouveaux services tout en conservant sa vocation initiale.
– le développement d’une plateforme et d’une application dédiée, pour renforcer la notoriété de l’annuaire des Corses du Monde, développer des collaborations avec les associations et amicales, fournir information, assistance, opportunités aux membres de la diaspora.
– le renforcement de la relation entre l’écosystème économique et social de la Corse et la diaspora et cela dans les deux sens. •








