Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2925

da u 26 di ferraghju à u 4 di marzu di u 2026

Agrumes de Corse

Une filière en plein développement

Agrumes

le 26/02/2026

Par François Alfonsi

Comment promouvoir un développement économique sur l’île ? Le succès de la production d’agrumes, et particulièrement de la clémentine, en est un bel exemple. Alors que se tenait à la mi-février la foire dédiée à ces productions à Bastilicaccia, il est intéressant de se pencher sur cette success story.

Que la Corse soit une terre favorable à la production d’agrumes est bien connu depuis l’Antiquité, et son rôle avait même été prépondérant quand elle a été, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, le premier producteur européen de cédrats, alors très recherché sous forme de fruit confit sur toutes les tables, particulièrement au Royaume Uni. Le marché du cédrat a disparu après-guerre, et les vergers d’antan ont presque totalement disparu dans les années 50.
Cependant, cette aptitude à faire pousser des agrumes sur l’île s’est encore manifestée en 1925 quand Don Philippe Semidei de Figaretu implanta le premier un verger de ce fruit nouveau, la clémentine, créée par un certain père Clément dans ce qui était encore alors l’Algérie française.


Une ressource importante

Aujourd’hui la clémentine corse couvre 1.700 hectares de surface agricole, et ce terroir a produit près de 50.000 tonnes de ce fruit en 2024-25, générant une ressource importante au profit de l’économie corse. La barre des 40.000 tonnes avait été franchie pour la première fois en 2022, soit une forte progression en deux ans, tandis que le prix moyen de valorisation est de 2,50 € par kilo environ durant les huit semaines de sa mise sur les marchés, soit un chiffre d’affaires total largement au-delà de 100 M€ par an. 50 hectares nouveaux ont été plantés en 2024, et près de 300 exploitations sont répertoriées par les statistiques de l’Agreste, le service spécialisé qui dépend du ministère de l’Agriculture. Au total un millier d’emplois sont liés à la clémentine, soit autant qu’EDF et Air Corsica réunis, auxquels s’ajoutent un millier d’emplois saisonniers chaque année, au moment de la cueillette.
Les éléments clefs de ce développement sont bien sûr liés aux qualités reconnues des fruits qui poussent sur le sol insulaire, principalement en Plaine Orientale, profitant d’un climat particulier qui fait de la Corse le producteur exclusif de cet agrume en France. Mais cette production est aussi solidement encadrée, au plan technique et commercial, et c’est pourquoi elle s’est créée, puis inscrite dans la durée, surmontant les aléas techniques et commerciaux.


Une reconnaissance européenne

À la base de ce développement, il y a l’Institut de recherche agronomique de San Giulianu, l’INRAE, créé à la fin des années 50, par lequel tout a commencé car il a été le premier pourvoyeur de plants à destination des exploitants volontaires pour s’engager dans cette production. Comme la Corse était un île exempte de toute contamination, elle a été autorisée à exporter son fruit avec ses feuilles alors que cela était interdit aux autres régions européennes exportatrices, principalement l’Espagne, de peur de favoriser la propagation de maladies.
Ce bonus commercial a permis de faire connaître et apprécier notre clémentine aux saveurs bien identifiées qui la situent dans le haut de gamme sur les étals. Mais les centres de recherche du géant espagnol (40 fois la Corse !) ont eu vite fait de mettre au point des protocoles leur permettant à leur tour d’exporter le fruit avec sa feuille, faisant perdre à la Corse son avantage commercial de départ, et faisant craindre pour l’avenir de la filière.

“L’exemple de la clémentine corse est illustratif : il n’y a pas de développement sans s’appuyer sur un produit de qualité, et sur des compétences techniques, commerciales et opérationnelles solidement encadrées. »

C’est encore grâce à l’INRAE de San Giulianu que la production corse a pu redresser la barre en obtenant en 2007 la reconnaissance par l’Europe d’une IGP Corse (Indication géographique protégée), qui a définitivement consacré le haut niveau qualitatif de la production corse par rapport à ses concurrentes.
Les ventes sont depuis reparties à la hausse, et le développement a pu continuer jusqu’aux bons résultats des dernières années.
D’autant que des progrès ont été réalisés sur d’autres aspects du développement. Depuis quelques années, l’Atelier Corse Fruits et Légumes, une usine de transformation en jus des clémentines non commercialisables (mauvais calibres, absence d’indication IGP, etc.), a vu le jour à Linguizzetta, valorisant 3.000 tonnes sur les 6.000 tonnes qui chaque année sont promises au rebut. Ce qui a créé quelques dizaines d’emplois dans la filière aval, qui comprend aussi un fabricant de confitures à Aiacciu qui valorise plusieurs dizaines de tonnes sous la forme d’un produit unanimement apprécié et production phare de l’entreprise Gastrunumia Corsa à Baleone.


Une place de choix sur les marchés

Enfin, la création du lycée agricole de Borgu en 1991 a permis d’apporter aux futurs exploitants les compétences indispensables pour se lancer dans cette production d’avenir.
À vrai dire, l’exemple de la clémentine corse est illustratif : il n’y a pas de développement sans s’appuyer sur un produit de qualité, et sur des compétences techniques, commerciales et opérationnelles solidement encadrées.
Certes la production corse de clémentines ne deviendra jamais un leader européen. Mais elle a trouvé une place de choix sur les marchés (exportation hors de Corse pour plus de 90  % des tonnages), place qui va progresser année après année car elle a choisi le créneau d’un produit de qualité qui est de plus en plus recherché.
D’autres agrumes pourront suivre la même voie, à commencer par l’orange qui est elle aussi promise à un bel avenir. Le chemin ouvert par la clémentine favorisera leur essor, en les faisant bénéficier de son environnement technique et commercial. Une dynamique de développement est désormais créée au sein de cette filière que la foire de Bastilicaccia met en avant chaque année au mois de février. •

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