Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2883

da u 3 à u 9 d'aprile 2025

Nouvel an / Newroz 2025

Une nouvelle ère pour le peuple kurde en Syrie ?

Mazlum Abdi et Ahmed Al Charaa lors de la signature de l’accord entre Damas et les forces démocratiques kurdes.

le 03/04/2025

Par François Alfonsi

En ce 21 mars, équinoxe du printemps, les Kurdes ont fêté Newroz, leur nouvel an. Newroz 2025 pourrait être historique pour le peuple kurde et ouvrir une nouvelle ère après toutes ces années de lutte. Dans la lutte héroïque contre Daech, ils ont acquis une force politique nouvelle, qui, dans le chaos syrien du régime Al-Assad, leur a permis de maintenir leur nation debout économiquement et militairement, malgré les agressions incessantes de la Turquie, avec une société démocratique qui détonne au Moyen Orient par le rôle joué par les femmes. Cette résilience exemplaire est en train de leur ouvrir de nouvelles perspectives.

En Syrie, l’accord trouvé entre le leader kurde des FDS (Forces Démocratiques Syriennes) Mazlum Abdi, et Ahmed Al Charaa, le nouveau leader de Damas, tombeur de Bachar al-Assad, donne l’espoir d’une négociation positive. En Turquie, l’initiative de paix d’Adullah Öcalan pour le dépôt des armes et la dissolution du PKK met la pression sur Erdogan, alors que la répression politique engagée à Istambul contre son rival Imamoglu est l’occasion d’un raz de marée de protestation des forces politiques alternatives de Turquie.

Dans les tempêtes politiques qui assaillent le Moyen Orient, les forces kurdes naviguent favorablement en ce moment. Ainsi, l’accord passé entre le nouveau maître de Damas et le général en chef des Kurdes leur ouvre des garanties pour leur avenir, avec la perspective d’une « autonomie à l’irakienne » au sein d’un futur État syrien en cours de construction.

Pourtant, l’acceptation d’une entité autonome kurde au sein de la future constitution de la Syrie est loin d’être dans la nature du nouveau pouvoir de Damas issu des fondamentalistes musulmans. Mais le pragmatisme s’est imposé.

Car, pour arriver à soumettre les kurdes, l’État syrien sait qu’il devrait recourir à une guerre incertaine face à des Forces armées qui ont déjà montré par le passé qu’elles étaient capables de beaucoup de résistance militaire. Or, les événements sanglants survenus en pays alaouite, au Nord-Ouest de la Syrie, en répression contre des populations jusque-là favorisées par le pouvoir d’Al-Assad, ont placé Damas face à une réalité simple : il n’a pas les moyens d’ouvrir un second front de guerre civile contre les Kurdes dans le nord-est de la Syrie.

D’autant que la négociation avec les Kurdes permet de soulager Damas sur le plan économique, alors que les sanctions occidentales mises en place contre Bachar al-Assad sont toutes maintenues en raison des craintes suscitées par ce nouveau pouvoir musulman d’inspiration fondamentaliste. Sous Bachar al-Assad, c’est par l’Iran que beaucoup des problèmes économiques étaient résolus, particulièrement l’approvisionnement en pétrole. Or l’Iran a soutenu Bachar al-Assad, et le nouveau pouvoir de Damas doit donc chercher ailleurs ce que l’Iran apportait jusque-là.

Pétrole et blé : des atouts kurdes au cœur des négociations

Or le territoire administré par les Kurdes concentre le plus gros de la production syrienne de pétrole, à travers des installations qui ont été maintenues en production par l’administration autonome que les Kurdes ont installé. Ce pétrole est désormais vital pour la Syrie. Et ce nouveau débouché « intérieur » va soulager les producteurs kurdes car leur pays, fermé au nord par la frontière avec la Turquie, a les plus grandes difficultés à exporter son pétrole, et donc à obtenir des moyens financiers pour son administration et son développement.

Le pétrole n’est pas le seul approvisionnement stratégique que le Kurdistan peut apporter au reste de la Syrie. La vallée de l’Euphrate, en très grande partie sous administration kurde, est aussi une grande région céréalière exportatrice de blé. Frappé par l’embargo international, Damas a besoin de pouvoir compter immédiatement sur cette ressource « interne » à la Syrie, ce qu’un engagement d’hostilités avec les forces kurdes aurait compromis.

Autre moyen de négociation, la maîtrise de l’eau. Les forces dirigées par Mazloum Abdi contrôlent le barrage de Tichrine sur l’Euphrate, le grand fleuve nourricier de la Syrie, barrage par lequel l’eau est stockée, puis distribuée au profit de zones agricoles situées en aval. Les forces contrôlées par le gouvernement d’Ankara, une milice armée appuyée par l’aviation turque, font actuellement la guerre aux Kurdes pour reprendre cette position stratégique, à proximité de la ville de Mandij dont ils ont pris le contrôle il y a quelques semaines. Mais les assaillants, malgré l’appui turc, ont été repoussés, les forces kurdes ayant quitté Mandij pour se concentrer sur cette position, stratégique économiquement, et aussi militairement car ce barrage sur l’Euphrate est le point de passage par lequel seraient menacés les autres territoires sous contrôle des Kurdes à l’est.

Pour la partie kurde, les acquis de l’accord avec Damas sont essentiellement politiques. À l’heure où va s’écrire la prochaine constitution syrienne dans laquelle ils espèrent obtenir un statut d’autonomie comparable à celui dont bénéficient les Kurdes en Irak, l’accord passé permet de négocier ce point directement. Il reste beaucoup de méfiance et d’interrogations sur le comportement futur des dirigeants de Damas dans les prochaines années. Mais ce texte a été signé qui donne aux Kurdes de bons espoirs.

Un enjeu géopolitique majeur face à la Turquie

D’autant que, dans l’immédiat, l’accord avec Damas change la donne dans la zone de la frontière avec la Turquie. Face aux Kurdes syriens qu’Erdogan accuse d’être des relais du PKK de Turquie, l’armée turque mène une véritable guerre. Elle le fait directement en occupant une bonne partie de son territoire entre Kobané et Qamishli, menaçant de couper le territoire en deux et de le rendre ingérable. Elle le fait aussi indirectement à travers la milice à sa solde qu’elle soutient dans son agression militaire dans l’ouest du territoire. Or cette milice est officiellement partie prenante du nouveau pouvoir syrien. Celui-ci ne peut, à la fois, signer des accords avec les Kurdes et laisser cette agression militaire se poursuivre.

Même raisonnement vis-à-vis de la Turquie qui occupe militairement une partie du Kurdistan syrien :  Damas reprenant la responsabilité de la frontière avec la Turquie, l’allié turc devra tôt ou tard restituer les territoires occupés au-delà de la frontière reconnue, libérant par là-même le Kurdistan syrien. Damas n’entrera pas en conflit avec son allié turc pour cela, mais il fera valoir que tel est « l’ordre naturel des choses ».

Les Kurdes sont ainsi en mesure de construire en Syrie une seconde place forte à côté du Kurdistan irakien autonome. L’accord passé avec Damas leur donne un nouveau poids international, et les difficultés rencontrées par Erdogan en Turquie même entravent sa volonté politique de destruction, par des moyens militaires, du Kurdistan autonome de Syrie. • 

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