La foire de Bucugnà occupe une place particulière dans la Corse du Riacquistu. Depuis 1982, quarante-trois années, durant lesquelles, chaque premier week-end de décembre, la Corse entière se donne rendez-vous sous un chapiteau dressé en bordure de la route reliant Bastia et Aiacciu. Tout un tissu productif insulaire en a fait un rendez-vous incontournable, centré sur les productions identitaires, dont l’emblématique farine de châtaigne, production nourricière ancestrale du peuple corse.
Dans la nuit de dimanche à lundi, un incendie criminel a détruit l’entrepôt où étaient stockés les installations nécessaires pour perpétuer la manifestation d’une année sur l’autre.
L’élan de solidarité que cet acte a déclenché fait espérer que la manifestation qui doit se tenir le 5 décembre prochain pourra malgré tout avoir lieu et apporter ainsi une réponse ferme aux auteurs de cet attentat qui a aussi affecté un chantier d’insertion qui entreposait son matériel de débroussaillage dans les mêmes locaux loués par le foyer rural di Bucugnà.
Le mobile est inconnu et sera peut-être révélé un jour par l’enquête qui commence. Mais la logique de cet acte, trois mois après l’assassinat de Pierre Alessandri, et quelques heures après l’attentat-provocation contre un hangar agricole à Prunelli di Fium’Orbu, est claire : alimenter tensions et intimidations contre les acteurs d’une Corse rurale qui inscrit son avenir dans des productions alternatives et identitaires.
Il est impératif de mettre un terme à cette spirale destructrice qui atteint les acteurs les plus engagés du riacquistu paisanu. •








