Cum’è tutti l’anni dapoi 34 anni, u cullettivu di e vìttime di u 5 di Maghju 1992 chjama a sucietà corsa à u ricordu. U so travaglione merita à esse salutatu. U scopu ùn hè di rinfrugnassi è di campà ind’è u dolu è l’amarezza, ma di pone u dibàttitu nant’à e derive di u soldu ind’è u sport è fà chì e nove generazioni pòssinu apre l’ochji è custruìscesi un avvene di rispettu induve a festa ùn hè micca fracicata da u prufittu. Hè u sensu di u « travagliu di memoria » ch’ellu vole fà u cullettivu. Cù tutti i so partenarii dava una cunferenza di stampa stu 25 di marzu di fronte à a stela di u ricordu in Furiani.
Josepha Guidicelli, a presidente di u cullettivu, risponde à e nostre quistioni.
Encore un triste anniversaire que le Collectif des victimes du 5 mai 1992 veut rendre constructif au-delà du souvenir ?
Le collectif réalise comme tous les ans un travail mémoriel indispensable. Ce n’est pas un regard tourné vers le passé par douleur mais un acte de responsabilité. Se souvenir c’est d’abord reconnaître les victimes mais c’est aussi comprendre. Comprendre les circonstances, les manquements, les décisions qui ont conduit au drame. Notre démarche vous l’aurez compris s’inscrit dans cette volonté : préserver la mémoire, transmettre l’histoire, et faire de ce souvenir un levier d’exigence.
Qu’avez-vous prévu au programme cette année ?
Les membres du collectif ont souhaité organiser des événements en associant un maximum d’acteurs, et nous avons de nombreux partenaires qui s’impliquent à nos côtés pour que cette commémoration imprègne le plus largement au sein de la société. Citons les Chemins de fer de la Corse pour acheminer les scolaires, la CAB qui met à disposition les stades, les bus pour faire le transfert des élèves du stade de Furiani aux stades d’Erbaghjolu et de Volpaghju, ainsi qu’une salle à l’intérieur du stade. Le Sporting bien sûr qui permet aux joueurs du centre de formation d’être à nos côtés pour encadrer l’activité sportive avec l’Union nationale du sport scolaire (UNSS), les mairies de Bastia, Biguglia, Furiani, la Collectivité de Corse…
Cette commémoration a commencé le 27 février avec une sensibilisation au centre culturel l’Alboru de la pré-
formation du Sporting Club de Bastia. Puis le 1er avril, nous nous sommes rendus au lycée Jeanne d’Arc de Bastia pour présenter aux centaines de lycéens le film 5 mai 92 réalisé par Corinne Mattei, ainsi qu’une vidéo retraçant l’histoire du drame et du collectif. Des échanges ont eu lieu avec la réalisatrice, les membres du collectif et les jeunes. L’objectif était de transmettre à cette nouvelle génération l’histoire de la tragédie de Furiani, en leur expliquant comment et pourquoi ce drame a eu lieu. Nous tenons à remercier les équipes pédagogiques du lycée Jeanne d’Arc présentes aux côtés de leurs élèves.
Un nouveau rendez-vous avec les collégiens bastiais ensuite le 28 avril…
Oui, en partenariat avec le rectorat de Corse, les Chemins de fer de la Corse et la communauté d’agglomération de Bastia, le collectif accueillera près de 200 collégiens de tout le territoire à la stèle de Furiani.
Cette journée de sensibilisation se déroulera en deux temps.
La matinée à la stèle et au stade de Furiani où il y aura un moment de recueillement, le visionnage d’une courte vidéo retraçant la tragédie de Furiani ainsi que la réalisation de différents ateliers afin d’expliquer, de transmettre l’histoire du 5 mai 1992 et de faire prendre conscience des dérives du sport.
L’après-midi autre rendez-vous au stade d’Erbaghjolu et de Volpaghju autour d’une animation sportive pilotée par l’UNSS.
On y attend les collèges de Lucciana, Cervioni, Montesoru, Corti, Casinca, Portivechju.
Encore une fois un grand merci aux équipes pédagogiques de se mobiliser et de nous donner l’opportunité de recevoir ces jeunes collégiens.
Vous avez aussi une randonnée au programme le lendemain ?
C’est une action en partenariat avec la Ligue corse de football qui organise le mercredi 29 avril une sortie randonnée avec leurs jeunes joueurs de la catégorie U13. Cette randonnée sera suivie d’ateliers de sensibilisation. Cette action poursuit deux objectifs : fédérer les jeunes joueurs qui partiront pour Bravone en plaine orientale ; réunir les acteurs du football insulaire, les passionnés, autour d’une cause importante : le devoir de mémoire et les valeurs du sport.
Puis avec le mois de mai, on entre dans la semaine forte de la commémoration proprement dite.
Cette année, le 2 mai, l’associu Sporting Bastia 92 organisera un plateau intergénérationnel sur Portivechju dans le cadre des commémorations.
De même, l’AS Furiani évoluera au stade d’Erbaghjolu à 14h30 pour leur match de championnat contre le club de Blois en National 2 avec un maillot noir en hommage aux victimes de la tragédie de Furiani.
Le 4 mai, une projection du film « 5 mai 92 » aura lieu à 20h au cinéma Le Studio à Bastia. Cette séance est ouverte à tous et l’entrée est gratuite. Réalisé par Corinne Mattei, le film retrace les heures qui ont précédé le drame, les moments de joies et d’euphorie vues à travers les yeux d’un enfant. Il se distingue par sa sobriété, sa pudeur et sa dignité. Là encore c’est un acte de mémoire pour comprendre l’état d’esprit qui occupait la Corse à quelques heures du drame de Furiani.
Enfin le 5 mai, c’est la journée dédiée aux commémorations « traditionnelles » avec à partir de 17h le recueillement à la stèle, puis la messe à la Cathédrale Sainte Marie à 18h30.
D’autres rendez-vous suivront encore les 16 et 17 mai… Santa Grimaldi n’a pas franchi ses 15 ans en 1992…
Le club de l’Oriente organise son traditionnel challenge Santa Grimaldi à Bravone qui réunira de jeunes joueurs des catégories U10-U11 les 16 et 17 mai. Ce challenge, qui se déroule chaque année sur le stade Santa Grimaldi, porte le nom de l’une des victimes de la catastrophe. Santa avait 15 ans, et en effet elle n’en est pas revenue ; sa sœur Karine, elle, a été grièvement blessée à 18 ans.
Un moment de recueillement sera prévu le dimanche.
L’hôpital de Bastia a dû faire face à la catastrophe alors qu’il n’était pas armé pour cela. Les soignants organisent également un hommage.
Pour la deuxième année consécutive, l’hôpital de Bastia organise un plateau de football de soignants intitulé « Trophée 5 mai » pour rendre hommage au drame de Furiani.
Cette initiative a pour objectif de renforcer les liens entre les membres du personnel tout en honorant les victimes de la catastrophe. Un lien étroit uni l’hôpital de Bastia à la tragédie. C’est donc naturellement que depuis plusieurs années l’hôpital souhaite participer à sa manière aux commémorations. Ce tournoi sera un moment de partage, de convivialité et de respect. Nous remercions son directeur Monsieur Arnoult pour son investissement.
Il y a aussi la vente aux enchères des maillots ?
Oui, du 27 avril au 10 mai, le collectif organise une vente aux enchères de maillots noirs portés lors de la rencontre du Sporting Club Bastia dans le cadre des commémorations.
Cette vente se déroulera comme toujours sur le site du Sporting. Les maillots mis en vente seront ceux de la saison 2024-2025 des joueurs Fabri, Placide, Inao, Sebas, Cissé, Ariss et Bohnert. Et pour la saison 2023-2024 les joueurs Conte, Alfarella, Keita et Santelli.
Les fonds récoltés seront reversés à l’association Jean Toussaint et au collectif. Comme chaque année en effet, le collectif veut mettre en lumière une autre cause à défendre. Les précédentes années, nous avions honorés les associations Trisomie 21 Corse, A Casa Zitellina, Inseme. Cette année, c’est l’association Jean Toussaint qui lutte contre le harcèlement scolaire sous toutes ses formes. Son combat contre ce fléau est survenu suite au décès de ce jeune garçon victime de harcèlement qui s’est ôté la vie à l’âge de 15 ans. •
Anu dettu Ils ont dit
M. Mattei pour le rectorat
« C’est un événement à la fois mémoriel mais aussi très important pour la culture, pour l’éducation, pour la citoyenneté de nos élèves. Il y a 180 élèves qui se sont engagés cette année pour participer. Je tiens à remercier le collectif pour tout le travail qu’il fait, tant pour l’organisation de l’évènement que pour le travail de mémoire. »
Alain Mosconi pour la Ligue Corse de Football
« Pour nous il est très important comme chaque année d’être présent aux côtés du collectif. Le devoir de mémoire ne doit pas simplement être quelque chose qui serre notre cœur, mais qui ouvre l’esprit. Ouvrir l’esprit c’est aller aux devants de notre jeunesse pour qu’elle n’oublie pas, et surtout pour qu’elle ne reproduise pas les erreurs du passé. C’est leur enseigner au plus près de la vérité, pourquoi les choses en sont là, pourquoi aujourd’hui on est ici et pourquoi on sera là les années à venir. Parce qu’à un moment donné, dans ce sport populaire qu’est le football, les logiques aliénantes ne doivent plus avoir leur place. C’est la logique du sport qui doit l’emporter, la logique de la solidarité et du partage, sur celle du fric ».
Nathalie Santoni pour l’association Jean Toussaint
« L’association Jean Toussaint a été créée en 2018 suite au décès tragique, au suicide de mon fils qui était alors élève au lycée agricole de Sartè. Le drame s’est passé le 22 décembre 2017. Je suis honorée d’être ici pour défendre cette cause où il y a aussi beaucoup de tristesse. Je remercie énormément le collectif et Josepha qui m’a contacté pour participer à ces commémorations. Notre association lutte contre le harcèlement scolaire et se rend dans les établissements scolaires pour sensibiliser les jeunes et les responsables d’établissements face à ce fléau. •








