En février 2025 une attaque de drone russe a endommagé l’arche de Tchernobyl. L’explosion a créé un trou d’une quinzaine de mètres carrés et des centaines d’autres trous sur le revêtement externe, entraînant un incendie. « La fonction de confinement a été sérieusement compromise » a alerté Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Pas de radiation dans l’immédiat, mais des dommages structurels importants, et « des travaux considérables doivent être faits pour assurer à moyen et long termes l’étanchéité et la protection environnementales nécessaires ».
Pour Rafael Grossi « il faut réparer au plus vite ». Des « travaux coûteux et importants ».
Or, ainsi que l’a dénoncé Shaun Burnie, spécialiste nucléaire pour Greenpeace Ukraine « la guerre paralyse considérablement les travaux d’ingénierie de l’enveloppe en acier et en béton qui recouvre la centrale de Tchernobyl. Le risque est que si les retards se prolongent le sarcophage soit extrêmement vulnérable à l’effondrement, et ce serait catastrophique car il y a quatre tonnes de poussières hautement radioactives à l’intérieur ».
162 mètres de long, 108 mètres de haut, 257 mètres de portée et 36.000 tonnes au total, l’arche a été mise en place en 2016 pour contenir la radioactivité qui s’échappait du premier sarcophage. Elle a coûté plus de 1,5 milliard d’euros financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), via un fonds international dédié à la mise en sécurité de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Le coût de sa restauration a été évalué à 500 M d’euros.
« Quarante ans après, la Russie livre toujours une véritable guerre nucléaire aux peuples de l’Ukraine et de l’Europe » a dénoncé encore Shaun Burnie. Comme si l’on avait rien retenu de l’histoire.
Le directeur de la centrale, Sergiy Tarakanov s’est dit très inquiet : « si une roquette tombe, non seulement dans l’enceinte de confinement mais à seulement 200 mètres, cela créera un impact externe semblable à celui d’un séisme ».
40 ans après, Tchernobyl menace toujours. •
Il existe trois unités de mesure pour la radioactivité :
– le Becquerel (Bq) qui mesure la radioactivité émise,
– le Gray qui mesure la dose absorbée,
– le Sievert (Sv) qui mesure les effets biologiques sur les êtres vivants.
La dose limite de radioactivité artificielle à ne pas dépasser pour le corps humain est de 1 mSv/an aujourd’hui
(5 mSv/an en 1986 pour le corps entier, 50 mSv/an pour la thyroïde).
Criirad : « Dès 1989, la CRIIRAD a exposé le cas des populations rurales corses dans des mémoires remis à la justice. En utilisant les résultats d’analyses effectuées par les services officiels, la CRIIRAD a pu prouver que la contamination du lait de brebis par l’iode 131 au début mai était supérieure à 10.000 Bq/litre, de l’ordre de 20 à 30.000 Bq/litre. La contamination des fromages frais, type brocciu, pouvait être encore plus élevée puisqu’il faut plusieurs litres de lait pour fabriquer 1 kg de fromage. Gros consommateurs de lait et, surtout, de fromage frais de brebis, les habitants de l’île ont pu recevoir dans les premières semaines de mai, des doses à la thyroïde supérieures, voire très supérieures, à la limite de 50 mSv/an. » •









