En parallèle des Giri citadini è paisani de Femu a Corsica sur l’autonomie, Femu Ghjuventù tenait ce samedi 25 juillet à Aleria un débat sur l’enjeu crucial de la gestion de la ressource en eau. Élus, militants et citoyens sont venus échanger avec les acteurs compétents sur les actions à mener pour préserver la ressource.
À la tribune, Jean-Baptiste Geronimi, coordinateur de Femu Ghjuventù, dresse d’emblée l’objectif : « Créer un véritable espace de dialogue, permettant aux institutions, aux professionnels agricoles, aux scientifiques, aux élus et aux citoyens d’échanger, de confronter leurs analyses et de construire une réflexion commune. »
Pour l’organisation de jeunesse, les dérèglements climatiques et les besoins accrus « nous obligent à réfléchir dès aujourd’hui à la manière dont nous voulons gérer cette ressource demain. »
Ursula Biancardini, coanimatrice du débat, a développé cette vision : « Parce que la question de l’eau touche à tous les grands enjeux de la Corse. Elle conditionne notre capacité à produire, à nourrir notre population, à préserver nos paysages, à accompagner nos communes, à soutenir notre développement économique et à préparer notre avenir. » Avant d’ajouter qu’elle est « profondément politique » et nous oblige à interroger le modèle de société à construire.
Du côté des intervenants, Vannina Chiarelli-Luzi (présidente de l’OEHC) et Antoine Orsini (hydrobiologiste) partagent le même constat : la construction de nouveaux grands barrages ne représente pas l’avenir.
L’hydrobiologiste invite à « changer de paradigme » en prenant l’exemple de la Sardaigne, dont les méga-infrastructures ne stockent que 30 % de leur capacité. Pour lui, l’avenir réside dans les retenues collinaires, moins coûteuses et rapidement exploitables, tout en traitant la résorption des fuites sur les réseaux. Pour la présidente de l’OEHC, les objectifs sont clairs : rattrapage infrastructurel et incitation à la sobriété.
Ange Maestrini (Chambre d’agriculture) et Yves Conventi (ODARC) ont prôné l’accompagnement des agriculteurs vers l’adaptation et des équipements adaptés aux besoins réels d’arrosage.
Dans le public de près d’une centaine de personnes, les prises de parole ont été nombreuses : le sénateur Paulu Santu Parigi, la présidente de l’Assemblée de Corse Marie-Antoinette Maupertuis, très engagée dans la prospective, et le maire de Prunelli di Fiumorbu André Rocchi, affirmant que « ce n’est pas d’une évolution dont nous avons besoin, mais d’une révolution ».
Mais également nombre de citoyens soucieux notamment de jeunes agriculteurs dans l’attente de solutions.
Ont aussi été abordés la lutte contre le centre d’enfouissement du Tavignanu et la création d’une Agence de l’eau propre à la Corse.
Femu Ghjuventù a su poser les premières pierres de solutions concrètes : une franche réussite sur laquelle Arritti aura l’occasion de revenir. •








