Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2885

da u 17 à u 23 d'aprile di u 2025

Pulìtica

Assemblea di Corsica, 40 anni di storia

Assemblée de Corse

le 20/04/2025

Par Fabiana Giovannini

L’ouvrage consacré aux 40 ans de l’Assemblée de Corse vient de paraître aux Éditions Alain Piazzola. Un travail collectif sous la direction d’André Fazi, maître de conférence en Science politique à l’Université de Corse.

« L’Assemblea di Corsica, 40 anni di storia » n’est pas un récit exhaustif, comment conter 40 années d’une histoire aussi riche ? Il retrace en fait une exposition réalisée à l’occasion de cet anniversaire en 2022, par Serge Tomi, secrétaire général de l’Assemblée de Corse et Norbert Pancrazi, secrétaire général du Conseil exécutif de Corse, et d’un cycle de conférences données à cette occasion sous la direction du regretté Jean-Yves Coppolani (qui nous a quitté depuis) et d’André Fazi. Ainsi sous différentes plumes sont analysés plusieurs aspects de cette « longue et tumultueuse construction politique », « tout en mettant en perspective les débats qui conditionneront le futur de l’Assemblée ».

Deux préfaces politiques cadrent cette volonté, celle de la présidente de l’Assemblée de Corse, Marie Antoinette Maupertuis, et celle du président du Conseil exécutif Gilles Simeoni.

L’ouvrage est en grande partie bilingue (traduction réalisée par Jean Sébastien Arrighi).

Il vient saluer l’antre de la démocratie insulaire et par ses références et ses rappels historiques, permet d’approcher, à défaut de mesurer entièrement, la somme de débats, d’activités, d’événements, d’espoirs, de déceptions que cette institution majeure de la vie politique corse a produit.

« L’Assemblée de Corse symbolise la victoire de la concorde sur la division mais aussi la victoire de la démocratie sur la violence » analyse la présidente de l’Assemblée dans sa préface. « Quelles que furent les majorités issues des urnes, l’Assemblée de Corse est restée la caisse de résonnance des attentes du peuple corse dans toutes ses composantes et tout à la fois le creuset de solutions politiques, même imparfaites, aux maux insulaires du sous-développement, de l’acculturation, de la spéculation foncière, des atteintes à l’environnement, etc. Solutions insatisfaisantes ou provisoires très souvent. Mais cette assemblée a permis un apprentissage des élus au “self-government” ».

Malgré toutes les imperfections et les attentes insatisfaites, elle est le lieu où bat le cœur de la démocratie de l’île, où peuvent s’exprimer et se confronter les idées, où des décisions sont prises qui pèsent sur la vie des Corses. Le lieu où se façonne l’avenir.

« Ni de droite, ni de gauche, ni nationaliste » dit encore Marie Antoinette Maupertuis dans sa préface, « un bien commun. Une institution au service d’un peuple, garante de ses intérêts matériels et moraux, qu’il convient de respecter et de protéger, et dont les principes démocratiques doivent être transmis aux générations futures. »

Plusieurs dialogues institutionnels se sont succédés durant ces 40 années, ouvrant à plusieurs évolutions depuis le statut de 1982, en 1991, 1999, 2002, 2012 et aujourd’hui depuis 2022, avec le processus de Beauvau. Bon an mal an, des outils sont venus parfaire son organisation et son fonctionnement pour améliorer l’exercice de la démocratie. En 1991, création du Conseil exécutif, et fusion des deux conseils (économique et social d’une part, de la culture, de l’éducation et du cadre de vie d’autre part) en un seul Conseil économique social, culturel et environnemental récemment menacé. Création de l’Assemblea di a Ghjuventù en 2016, de la Chambre des territoires en 2018, avec aussi bien sûr l’avènement de la Collectivité unique et la disparition des conseils généraux. D’autres outils importants ont été mis en place pour améliorer le fonctionnement démocratique de l’institution comme le comité d’évaluation des politiques publiques, la commission de déontologie, ou encore la commission violences en 2011 sous la présidence de Dominique Bucchini. Une action de longue haleine qui mène jusqu’à nos jours aux réflexions pour lutter contre les dérives mafieuses.

De grands débats ont vibré dans cette enceinte parlementaire, la reconnaissance du peuple corse en 1988, la coofficialité en 2013, le Padduc en 2015 avec notamment la notion de peuple corse, l’autonomie aujourd’hui… Mais il faudrait bien des ouvrages pour entrer dans le détail d’une telle histoire et on aurait aimé peut-être pouvoir un peu plus retrouver ces anecdotes, ces joutes, et ces noms qui ont fait aussi cette histoire. Les jeunes générations en ont besoin. Sans parler du contexte traversé tout au long de ces années de larmes et de sang et qu’ici ne peuvent qu’être survolées, rapports tendus avec Paris, clanisme et fraudes massives, attentats, assassinats, affaire Erignac, affaire Bonnet, affaire Colonna…

L’ouvrage situe également l’institution dans la grande histoire à travers les contributions de Antoine Marie Graziani, André Fazi, Dominique Taddei… Il aborde ce qui fait la base et la condition indispensable de son efficacité : les rapports entre élus et fonctionnaires et décortique le fonctionnement quotidien des uns et des autres sous la plume de Serge Tomi. De même qu’il décrit et analyse le fonctionnement de l’Exécutif, ce « petit gouvernement » « a trouvé ses marques, contre vents et marées. Nul ne songerait à revenir en arrière désormais, dans ce jeu institutionnel à trois niveaux d’acteurs au sein de la collectivité – délibérant, exécutif et consultatif » confie Norbert Pancrazi. Moyens financiers de l’institution, élections territoriales, évolutions des « familles politiques », place de la langue corse mais aussi personnalité et action des différents présidents successifs, sont passés en revue. Au total, près de 400 pages illustrées de photos, affiches, documents.

Ceux qui ont vécu les innombrables combats pour arracher un tel outil, peuvent en mesurer les acquis aujourd’hui. Les autres, les plus jeunes, pourront se faire une idée de ce qu’ont été ces 40 années à travers cet ouvrage. Et même si elle reste à parfaire, en termes de compétences, de moyens politiques et financiers, de fonctionnement, nul ne peut nier que l’assemblée est la plus grande avancée démocratique obtenue par le peuple corse durant ces 60 dernières années de luttes. Les déceptions, les attentes, au demeurant légitimes, ne doivent pas nous détourner du progrès qu’elle a constitué et qu’elle continue d’incarner.

La prochaine grande avancée est à portée de main, l’autonomie de l’île avec son inscription dans la Constitution française. Elle marquera une étape, une très grande étape, dans l’histoire de l’assemblée de Corse. Quel sera le niveau de cette évolution, et surtout qui aura la maîtrise des institutions autonomes ? Ceux qui l’ont toujours portée ou ceux qui l’ont toujours combattue ? C’est une question qu’il faut bien mesurer. Tant il est vrai qu’on ne peut faire l’autonomie sans les autonomistes. •

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