Wales – Pays de Galles Plaid Cymru vainqueur !
Le Parlement gallois, le Senedd Cymru, a été renouvelé le 7 mai dernier, par l’élection de 96 conseillers. Les sondages donnaient Plaid Cymru bien placé. Les résultats ont largement confirmé. Pour la première fois de son Histoire, le parti nationaliste gallois, membre historique de l’ALE, dirigera le gouvernement gallois.
43 sièges reviennent au Plaid Cymru, quand la majorité absolue est de 49 : leur large victoire électorale, 35 % des voix, leur assure le leadership dans la prochaine mandature. Face à eux l’extrême droite britannique Reform UK a réussi à rassembler 30 % des voix dans les 15 circonscriptions du pays. Loin derrière, le Parti travailliste, jusqu’alors ultra-dominant sur ce territoire marqué par une histoire minière aujourd’hui révolue, ne rassemble que 9 sièges avec un faible 11 % des voix quand des scores à près de 50 % leur étaient habituels. Plaid Cymru a manifestement bénéficié d’un effet de vote utile face à la montée de l’extrême-droite britannique, observée aussi au Pays de Galles même si le vote nationaliste gallois l’a emporté. Cependant, le score des socialistes leur permettra de négocier leur entrée dans le futur gouvernement conduit par Plaid Cymru.
L’autre grand battu a été le parti conservateur : 7 sièges et 10 % des voix. La montée de l’extrême-droite lui a été fatale, même si son importance sur le territoire a toujours été relativement faible.
Le Pays de Galles-Cymru est doté d’une autonomie limitée par rapport à celle dont bénéficie l’Ecosse. Cependant, l’Assemblée galloise est dotée d’un pouvoir législatif sur ses domaines de compétence depuis 2006. Et nul doute que l’arrivée à la tête du gouvernement gallois d’un leader du Plaid Cymru va relancer la revendication d’une autonomie renforcée, et, aussi, la question de l’Union Européenne, les gallois en général, et leur parti nationaliste notamment, s’étant élevés contre le Brexit. •

Scotland-Alba Le SNP facilement réélu
Voilà presque 20 ans que le Scottish National Party (SNP), majoritaire en Écosse, a accédé au poste de « Prime Minister », à la tête du gouvernement autonome écossais, poste successivement occupé par Alex Salmond (2007-2014), Nicola Sturgeon (2014-2023), Humza Yusaf (2023-2024) et John Swinney (depuis 2024). John Swinney est assuré de conserver son poste durant les cinq prochaines années suite aux élections du 7 mai dernier.
L’Écosse (« Alba » en gaélique) est la plus grande des « quatre nations » de Grande Bretagne après l’Angleterre, devant l’Irlande et le Pays de Galles. Politiquement, son renouveau s’est affirmé en 1998, quand le Parlement d’Edimbourg a rouvert ses portes, presque 300 ans après avoir été fermé par le pouvoir absolu de la monarchie britannique. La « dévolution » des pouvoirs consentie par referendum a alors instauré l’autonomie de l’Écosse au sein du Royaume Uni.
D’abord minoritaire durant deux mandatures, le SNP a gagné les élections de 2007, et il est resté depuis la première force politique en Écosse. Il a obtenu par ses résultats la tenue d’un referendum sur l’indépendance en 2014, perdu par 45 % pour le « yes », mais après une campagne où les indépendantistes ont doublé leur score par rapport aux premières intentions de vote des sondages. Le SNP en est sorti renforcé et il a même compté, en 2015, 56 députés à Westminster sur les 59 circonscriptions que compte l’Écosse.
John Swinney a repris les rênes du parti après la démission-surprise de Nicola Sturgeon en 2023. Il a permis au SNP de terminer la mandature dans de bonnes conditions et à obtenir une nouvelle et confortable victoire électorale.
Avec 58 sièges (contre 60 précédemment), sa stabilité lui permet de garder le contrôle de l’autonomie écossaise, tandis que ses alliés verts ont progressé en Écosse comme dans le reste du Royaume Uni avec 15 sièges désormais (contre 8 précédemment). La majorité de la coalition sera désormais de 73 sièges, au-delà de la majorité absolue de 69 sièges. En Écosse aussi l’extrême-droite britannique Reform UK a fait son entrée au Parlement d’Edimbourg, mais elle reste bien en deçà des scores qu’elle a obtenus en Angleterre.
Depuis que l’Écosse a dû quitter l’Union Européenne dans le sillage du Brexit, alors qu’elle avait voté très largement en faveur de l’Europe, les nationalistes écossais demandent la tenue d’un nouveau referendum sur l’indépendance que Londres refuse désormais d’organiser, de peur de le perdre, contrairement à 2014 où ils étaient persuadés d’écraser le vote indépendantiste.
La nouvelle et large victoire du SNP maintient la revendication indépendantiste écossaise à l’agenda politique du Royaume Uni. Et la montée en puissance de l’extrême-droite à Londres est un nouvel argument pour les partisans écossais d’un nouveau referendum. •








