2025 se termine et laisse la place à une année 2026 dont les premiers mois seront principalement occupés par l’élection municipale. Douze ans après avoir remporté la mairie de Bastia, et déclenché alors une vague électorale puissante qui a porté « l’opposition nationaliste » à son nouveau statut de « majorité territoriale », Gilles Simeoni a rendu publique son intention de conduire à nouveau la liste de la majorité sortante à Bastia. Dans le même temps, la démarche ajaccienne conduite par Jean Paul Carrolaggi a fait ses premières preuves lors d’un meeting de lancement de campagne très largement suivi, environ 400 personnes, au Palais des congrès d’Aiacciu.
Ces deux évènements politiques ont marqué l’actualité et signifié que nos démarches électorales sont désormais en place. Avec un objectif politique simple : confirmer dans les urnes de mars 2026 la représentativité politique gagnée depuis l’élection de 2014 à Bastia, et confirmée plusieurs fois depuis. Pour y parvenir des choix ont été faits, après mure réflexion, et dans un souci de préserver le résultat final avant toute autre considération.
Dans la vie politique, il n’existe pas de décision « à 100% », qui ne présente que des avantages. Chaque décision est un arbitrage entre avantages et inconvénients, et parfois il n’est pas facile de trancher. Très souvent c’est même le principe du moindre inconvénient qui prime sur celui du meilleur
avantage.
Ainsi en est-il de la décision de Gilles Simeoni de prendre à nouveau la tête de liste à Bastia, ce qui, en cas d’élection comme maire de la ville, l’amènera à amputer de deux années son mandat de président du Conseil exécutif, tout en en restant membre. C’est évidemment un inconvénient important, qui explique que l’annonce en ait été retardée. Mais les avantages sont clairs qui permettront à Gilles Simeoni de retisser les liens avec des partenaires indispensables pour assurer la victoire, ce que l’usure des dix années passées à la tête des affaires de la commune ne permettait plus à Pierre Savelli de mener à bien malgré un bilan reconnu.
À Aiacciu, c’est par la base que l’union s’est faite. Les appareils ont consenti aux discussions, du moins pour ce qui concerne Femu a Corsica et Core in Fronte, mais ce sont les acteurs de terrain qui les ont menées et conclues, en lien avec des élus et responsables locaux du PNC et de Nazione.
La dynamique qui s’est manifestée dans la salle bondée de la Chambre de commerce a été celle d’une force tranquille et militante. Pas de grandes envolées, à l’image de la tête de liste dont ce n’est pas l’exercice préféré, mais des propos simples et rassembleurs aptes à capter le « vote utile » des électeurs nationalistes de la ville.
Cette dynamique militante, de terrain, éloigne sérieusement le risque d’une liste dissidente comme le PNC l’avait envisagée. Plusieurs de ses cadres seront même sur la liste d’union, dont la Conseillère municipale sortante Julia Tiberi.
Dès lors, la liste Aiacciu Vivu semble assurée de franchir le seuil du second tour (10% des suffrages exprimés) et de créer une triangulaire contre la liste du maire sortant et celle du Rassemblement National. Déjà, un effet de son potentiel de rassemblement s’est fait sentir au Palais des congrès la semaine dernière, avec la présence de Krimau El Majouti, militant écologiste et animateur sportif militant auprès de la jeunesse ajaccienne, qui a apporté son soutien public. Avec une bonne dynamique d’ouverture, la liste Aiacciu Vivu peut réserver de bonnes surprises.
À Bastia, le challenge est beaucoup plus grand puisque seule la victoire sera considérée comme un succès, Alors que le « camp Simeoni » se met en ordre de marche, le désordre gagne chaque jour un peu plus une opposition éclatée.
Les tenants de la Corse d’avant, autour du clan Zuccarelli, a rejoint la droite classique de Jean Martin Mondoloni. L’opposant aux dents longues, Julien Morganti, a rassemblé la droite affairiste, la gentry bastiaise et un improbable appui d’un candidat PNC. À l’évidence, la façon dont les choses évoluent entre nationalistes à Aiacciu rend encore plus surréaliste cette alliance contre-nature dont notre électorat ne pourra que se tenir très éloigné. Communistes inamovibles et insoumis débutants jouent à je t’aime moi non plus sans avoir encore accouché d’une liste, dont le potentiel reste bien hypothétique, de même que celui d’une extrême droite RN désormais préemptée par Nicolas Battini.
Dès janvier, les choses vont s’accélérer avec un impératif : que les forces nationalistes se maintiennent à un haut niveau de représentativité aux yeux des députés et sénateurs qui, bon gré ou mal gré, devront voter dans les semaines qui suivent sur la réforme constitutionnelle préalable à l’autonomie de la Corse. •








