« Dès 2023, nous montions au créneau contre ce projet inutile, démesuré, aux coûts financiers – près de 40 millions d’euros – et écologiques exorbitants et injustifiés. Contre ce projet voué à l’échec, financé à 70 % par l’État au titre du PTIC, avec le concours actif du préfet Lelarge et sans concertation préalable avec la Collectivité de Corse sur l’opportunité d’un tel investissement au vu des réelles priorités pour la ville et la région ajaccienne. Concernant les 30 % restants à financer (…) nous émettions de sérieux doutes quant à l’opportunité et à la capacité de la CAPA à assumer des dépenses dont l’ampleur n’a d’égale que l’inutilité du projet.
Dès 2023, Femu a Corsica interpellait le président de la CAPA Stéphane Sbraggia, maire d’Aiacciu, ainsi que l’État, concernant l’aspect sécuritaire du projet : « La zone couverte est caractérisée par une forêt de chênes, du bas maquis inflammable, mais aussi des résidences, des équipements collectifs (diverses installations sportives, palais des sports, stade, collège, hôpital) et une zone commerciale. Ce secteur cumule un triple risque : un risque incendie, feux de forêt et habitation, un risque technologique, un risque industriel. La CAPA a-t-elle anticipé ce triptyque de risques auquel il faut rajouter la sécurité des personnes, notamment des usagers du téléporté, et donc le respect des plans et procédures d’évacuation ? Les effectifs actuels sont-ils suffisants pour prévenir et éventuellement répondre à ces risques, a fortiori durant la période de forte tension estivale ? » (…)
• Au plan environnemental : la ville d’Aiacciu n’a bénéficié d’aucune dérogation de destruction d’espèce protégée ; une grande partie du site fait l’objet d’un statut de protection (obligation réelle environnementale sur 30 ans et mesures de gestion associées) ; les aménagements relatifs au téléporté sont en opposition totale avec la politique de préservation du site, l’intervention d’engins lourds et les obligations légales de débroussaillements sont des menaces directes pour la faune sauvage ; des destructions d’habitats et d’individus (tortues, orchidées…) ont déjà été constatées. L’enjeu du milan royal n’a pas du tout été pris en compte, les oiseaux ne pourront donc plus nicher sur le site ;
• Au plan économique : le déficit annuel annoncé d’un montant de 1,4 M€ amputerait le budget de la Muvitarra d’environ 15 M€ sur les dix prochaines années, en sachant que cette dernière est déjà déficitaire de 2,5 M€… Le seuil de rentabilité de ce téléphérique est estimé à 7000 passages/jours… Utopique lorsque nous connaissons les réalités de notre territoire. De plus quid des 6 M€ manquants demandés par la CAPA pour finaliser le projet… Un véritable gouffre financier lorsque nous connaissons l’état des finances communautaires et communales.
Nous ne parlerons même pas du mépris pour la toponymie, même si elle interpelle et choque en matière de sauvegarde et de promotion de l’identité ajaccienne, de la langue et de la culture corses. Quand Sant Anghjulu devient « Angelo » et U Stilettu le « Stiletto ». Après de multiples sollicitations ces dernières heures, Femu a Corsica veut aujourd’hui se faire le relai de très nombreux citoyens-contribuables d’Aiacciu et du Pays ajaccien, inquiets et résolument opposés au projet en cours. » •








