E riflessioni di Max Simeoni

L’autonomie pour être maître de son destin

Max Simeoni

NDLR : Eccu quì sottu l’ultime riflessioni di u nostru amicu…

 

par Max Simeoni
« Au moment où je parle, je ne sais pas vers quoi veut tendre l’État », dixit Gilles Simeoni à Aleria lors de l’AG de Femu a Corsica. Autrement dit, une multitude de rencontres, préparations à tous les échelons pour préparer le processus de sortie de la Corse de l’impasse institutionnelle, politique et juridique.

 

 

On va discuter de tout : autonomie, reconnaissance du peuple corse, économie, etc. De tout, sans tabous. À cette heure, le président de la CdC ne sait pas ce que l’État veut.
On reste cloué. Sans voix.
Deux hypothèses :
– celle du pouvoir central : on ne sait pas du tout s’il est favorable à la thèse autonomiste ou s’il a des cartes cachées qu’il va abattre à un moment où à l’autre.

– la « sortie » de Gilles Simeoni à cette AG est-elle un ultimatum ou un moment où les autonomistes ne peuvent plus attendre ? Ont-ils, cependant, les moyens d’une rupture avec le pouvoir central ?

En toute occurrence, le « peuple » va réagir. On peut spéculer que la situation va se compliquer.

 

Des forces clandestines sont-elles à l’affût pour jouer dans ce registre ? Personne n’en sait rien avec certitude, on est plutôt dans le domaine de la confusion sans savoir ce qui peut advenir. L’erreur principale est d’avoir laissé la politique s’enfermer dans des élections sans pouvoir réformateur. Les autonomistes portent cependant la responsabilité de toutes les retombées négatives de cet horizon : vie plus chère, terre inaccessible pour les constructions des autochtones, spéculation et dérives mafieuses…

 

L’équation à résoudre est pourtant simple, les mandats de « gestion » sans pouvoir réel, structurel, sont compromis dans cette gestion dont ils ne sont pas la cause directe mais à qui on a fait croire qu’ils pouvaient tout arranger. En fait, il s’agit de remplacer un statut de gestion dont le pouvoir central contrôle tout, les fonds publics en particulier, parce que face à face il y a la demande naturelle d’avoir les moyens d’être responsable de l’avenir du peuple corse alors que l’État français est par nature totalitaire : il ne reconnaît pas le droit à la différence sur son territoire. En conséquence, c’est un pouvoir de militants organisés au sein du peuple corse qui peut à la fois donner mandat pour participer aux élections et qui mène l’action d’émancipation dans tous ses aspects, physiques, intellectuels, et financiers. Cette base organisée de militants n’existe pas, les élections d’élus locaux « qui ne font pas la loi » selon le Président de la République, jouent carrière et avantages personnels.

 

Pour conclure, trois pôles d’actions efficaces : les mandats « locaux », le pouvoir tutélaire, la respiration démocratique des Corses. La forfaiture vient du fait que les mandats « locaux » et les militants présentés comme efficients ne le sont pas. Ainsi les différents statuts de la Corse (Deferre, Jospin, Cazeneuve, etc.) n’ont rien changé au sort du peuple corse. Il faut que les droits du peuple corse passent par une autonomie complète et de plein exercice, la reconnaissance du peuple corse et la coofficialité de la langue Corse. Être maître de son destin signifie pouvoir gérer les intérêts collectifs au sein de ce peuple. Le débat démocratique tenant compte des différences internes est la seule voie. Sinon un « maître » l’impose ou démissionne.

En conclusion, je citerai la phrase de Gilles : « Ne laissons pas passer le train de l’Histoire ». •

 

Note : réflexions qui ont trait à la vocation touristique de la Corse. La première partie chronologiquement était celle d’un réservoir d’hommes pour les guerres et la maintenance de l’Empire colonial. Georges Clémenceau a dit, pour ce qui est du réservoir d’hommes, que les Corses partaient en 1914 par bateaux entiers en chantant la Marseillaise et qu’il suffisait de trois chaloupes pour ramener les survivants chez eux.