E riflessioni di Max Simeoni

Tout est à faire…

par Max Simeoni
Les natios coalisés ont des élus, une majorité «absolue» mais ils n’ont pas le Parti de terrain nécessaire à l’enjeu historique qu’ils veulent assumer: le sauvetage du Peuple Corse en voie de disparition qui ne doit rien au hasard ou à la fatalité.

Après la victoire du roi de France à Ponte Novu en 1769, il y a 252 ans, puis 20 ans après la Révolution de 1789, durant donc 232 années la cause du déclin du Peuple Corse est la politique de l’État français idéologiquement jacobin et hyper centralisé, se glorifiant de valeurs universelles de République, niant l’existence d’un Peuple Corse pour le coloniser.

Il lui inflige pendant 95 ans (de 1818 à 1913) l’inique loi Douanière et l’utilise comme réservoir d’hommes pour ses guerres (12.000 morts en 1914 et autant de blessés). En 1962 l’île est vidée, à peine 160.000 habitants lors des Accords d’Evian qui concluent avec l’indépendance de l’Algérie, la fin de l’Empire et qui inaugure un recentrage sur une Europe à ériger, les Plans d’action régionale (Somivac et Setco). En 1970, la Datar* commandite un rapport secret à l’Hudson Institut pour le développement touristique, elle adopte un des scénarios que l’État présente dans le Schéma pour l’aménagement de la Corse de 1971 à 1984, voté en Conseil des ministres en 1972 comme la prospérité assurée pour tous, dans une campagne de presse. Or ce scénario envisagé mais non conseillé par l’Hudson Institut est l’estocade finale portée au Peuple Corse par la création de 250.000 lits et la venue de 70.000 employés en…10 ans! Dévoilé, connu, les Corses le rejettent. L’État n’en parle plus, il semble abandonné, en réalité il continue mine de rien. Tous les chiffres en témoignent.

 

Prospérité? 60.000 précaires et autant en devenir!

Or le tourisme représente 30% et sans doute d’avantage du PIB insulaire. C’est énorme si on compare avec les autres régions à vocation touristique. C’est la marque d’un déséquilibre économique et le signe d’une particulière vulnérabilité. L’épidémie du Covid19 le démontre. À l’affolement du début, la crainte persiste le virus mutant, pas de traitement pour le moment, une vaccination qui débute… le paradoxe est que toute mesure de restriction de circuler pour le freiner a des répercussions sur la crise économique et les gouvernants sont sur une corde raide. Bref, on court après un virus qu’on  apprend à connaître en fonction de son évolution imprévisible dans l’immédiat…

Les conséquences pour l’île seront toute proportion gardée plus importante qu’ailleurs.

La population de la Corse a doublé dans les 30 dernières années et la construction de résidences secondaires est devenue la plus performante de France grâce à une loi qui a exonéré de 30% les charges pour les constructions à «valeur locative».

La Corse importe plus de 97% de ce qu’elle consomme pour se nourrir et plus pour s’habiller ou pour les matériaux d’une maison, elle est un marché captif qui enrichit les producteurs extérieurs. Le Schéma d’aménagement pour 1971/84 reste la politique inavouée de la République.

Des Corses vivent de ce tourisme, quelques uns s’enrichissent. Sans maîtrise de tout développement touristique et autre, le Peuple Corse disparaît.

 

La «majorité absolue» des natios coalisés se laisse enfermer «in a chjostra» de vaines élections pour une Institution qui ne lui permet pas d’assumer sa mission historique. Elle a des électeurs mais pas de force pour décoloniser, sans une force organisée au sein du Peuple Corse, sans un Parti conçu pour ce but.

La semaine passée j’ai évoqué la vision d’une Base organisée qui s’impose. Pour finir ici, je vais faire de même pour l’Assemblée Générale (AG) souveraine qui définit la ligne politique et tranche les questions non résolues au niveau des Régions, et des Instances. Elle se réunit au moins une fois l’an et des AG extraordinaires en cas de besoin sont possibles selon des critères prévus dans les statuts du Parti. Elle est composée des militants en titre donc de tous les militants de la Base organisée. Pour qu’elle puisse assumer son rôle, elle a besoin de règles en particulier ses membres qui vont siéger doivent être convoqués à une date qui laisse assez de temps pour que les militants sachent le mieux possible quels seront les éléments de l’ordre du jour c’est à dire les sujets à débattre, accords ou non, et les personnes qui les porte, de façon à siéger au plus près possible des enjeux et des arguments avancés par les uns et les uns autres. L’idéal serait que l’AG ait à moins discutailler pour comprendre et décider, bref que l’intelligence collective soit la meilleure possible.

 

La préparation de l’AG est donc primordiale. D’abord pour des garanties de transparence, un bureau où tous les militants sont représentés: des représentants de chaque Pieve, de l’instance de coordination, de l’Exécutif du Parti, des élus. Il enregistre les motions pour l’AG. Il organise, en préalable de cette AG, un débat écrit en deux tours au moins où toutes idées, les propositions, les motions déjà prêtes soient connues de tous et que chacun puisse déjà s’il le désire donner un avis. Ce débat écrit d’introduction à l’AG devant permettre d’informer et de décanter l’essentiel pour le débat  décisionnel de l’AG.

Le bureau de préparation pour les mêmes garanties de transparence présidera le débat de l’AG.

Toutes ces projections de l’organisation du Parti seront précisées par un règlement intérieur afin d’éviter des insuffisances et des interprétations non conformes à une discipline démocratique.

La structure et le fonctionnement des autres instances seront abordées avec le même esprit de transparence, et de garantie démocratique (coordination, exécutif, élus…) pour un Parti à la hauteur de son ambition de sauvetage du Peuple Corse, d’un développement économique «durable», par une voie démocratique exemplaire.

Il reste tout à faire. •

* Datar : délégation interministerielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale.