Florian Riolacci a 22 ans, il représente la nouvelle génération militante du mouvement Femu a Corsica et a été élu secrétaire territorial de la région d’Aiacciu et circondu. Le jeune militant prend la suite de Sébastien Masala à un poste clé pourtant mal connu du grand public. Pour Arritti, il revient sur les questions clés autour de ce poste et sur les enjeux que ses missions représentent.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste le poste de secrétaire territorial ? Plus précisément, quelles sont les missions ? Comment ça se passe ?
Tout d’abord, il faut savoir que le secrétaire national gère la politique du parti à l’échelle de la nation, donc à l’échelle de la Corse. Au niveau en dessous, il y a plusieurs secrétaires territoriaux qui, pour chacun dans leur région et microrégion, gèrent le parti à l’échelle de leur territoire. Ils coordonnent et animent le comité territorial qui regroupe les militants de la région. Et moi donc, j’ai été élu pour coordonner la microrégion d’Aiacciu è circondu (A Gravona, u Prunelli, u Liamone, i Dui Sevi, i Dui Soru) ce qui représente un territoire assez vaste.
Qu’est-ce qui vous a motivé à vous présenter ?
Tout d’abord, la sollicitation d’un certain nombre de militants, d’une part, et d’autre part et parce que j’avance dans le militantisme. Pour moi, c’est une étape de plus, c’est une reconnaissance que certains militants aient pensé à moi pour prendre la suite de Sébastien Masala, le précédent secrétaire territorial. Je m’implique beaucoup pour mon territoire, en tout cas dans la vie militante et associative, donc ça s’est fait assez naturellement. Le fait que j’aie réussi à réunir autour de moi une équipe dynamique, qui a envie de s’impliquer pour le territoire, a été un moteur.
Quels sont les projets et sujets que vous reprenez ?
Je m’inscris pleinement dans la continuité, tout en voulant apporter ma patte à la vie du comité territorial. Je souhaite être impliqué sur le terrain, comme ça a été le cas pendant trois ans sous le mandat de Sébastien Masala. Je veux remettre en place une activité, notamment des Giri Paisani qui avaient été initiés sous sa mandature, et continuer les actions de terrain. L’idée est de porter la voix des Ajacciens qui, sur certains projets, n’ont pas toujours été entendus. Par exemple, nous nous sommes impliqués de A à Z sur le dossier du téléporté, et nous restons engagés encore aujourd’hui. Il faut être à l’écoute des aspirations de la population et essayer de s’en faire le relais, car ce n’est pas toujours simple de se faire entendre par les institutions.
Concernant les priorités immédiates, vous avez mentionné le téléporté. Pouvez-vous nous en parler davantage ? Il y a-t-il d’autres sujets prioritaires ?
Le téléporté est un exemple qui s’inscrit dans une politique globale des transports sur la CAPA. Il y a de gros problèmes de gestion. Le réseau de bus est en déficit et peine à tenir la route financièrement. Par ailleurs, le téléporté est présenté par la mairie comme un élément d’une politique de mobilité globale, censé améliorer la connexion entre différents modes de transport. Mais on se rend compte que c’est un projet très coûteux, avec un déficit annoncé de 1,4 million d’euros par an sur 10 ans, soit environ 20 millions d’euros. Nous demandons donc une étude pour comparer le coût du démantèlement du téléporté au déficit qu’il engendrerait sur 10 ans.
Un autre sujet important concerne la revitalisation du centre-ville, qui peine à rivaliser avec les grandes infrastructures commerciales en périphérie. De nombreux commerces historiques ferment faute de clients, en partie à cause des problèmes de stationnement et de mobilité.
Enfin, il est essentiel d’aborder la question du logement à Ajaccio et en Corse. La précarité est une réalité, et l’accès à la propriété reste difficile pour les jeunes. Nous devons travailler avec les différents acteurs du logement pour proposer des solutions.
Un dernier mot ?
J’aimerai que ce mouvement territorial soit ouvert, qu’il permette d’échanger avec tous les acteurs politiques et associatifs, et qu’il crée une dynamique collective pour le bien commun. Pour pouvoir discuter avec toutes les forces nationalistes et progressistes avec lesquelles nous avons des thématiques en commun, pour faire émerger des solutions. •

Composition du bureau du comité territorial d’Aiacciu è circondu
Florian RIOLACCI, secrétaire territorial.
Nathalie SERRA
Jean-Paul COGGIA
Marie-Ange MILLELIRI
Jo BURELLI
Anghjula Maria NIVAGGIONI
Mathieu CECCALDI
Dany ANTONINI
Martine COLOMBANI








