Une participation élevée
Avec environ 70 %, le taux de participation hisse la Corse au plus haut des mobilisations électorales en France où le taux moyen est inférieur à 60 %. Alors qu’une majorité de communes (275 sur 360) ne comptait qu’une candidature en lice, y compris plusieurs grosses communes (par exemple Furiani, Borgu, Lucciana, Prupià, Ghisunaccia, Bonifaziu, Penta Fulelli, Ville di Petrabugnu, Bastilicaccia, etc.), et que la nouvelle loi électorale ne laisse plus la possibilité de modifier les bulletins de vote (fini le « panachage » !), c’est bien souvent deux électeurs sur trois qui ont été jusqu’au bureau de vote pour exprimer leur vote. Le vote blanc ou nul est désormais la forme d’expression de l’électeur mécontent et leur nombre est monté en flèche par rapport aux élections municipales précédentes.
Pour la Corse, l’élection municipale reste chevillée aux mentalités. Et quand l’élection est incertaine, la participation monte en flèche : Merusaglia (93,8 %), Sartè (87,5 %), Siscu (88,5 %), Carghjese (89,4 %), Ota (89,7 %), Pianòttuli (91,2 %), etc.

La bonne santé des sortants
Sur 358 communes hors Aiacciu et Bastia, 234 en Haute Corse et 122 en Corse du Sud, 227 (63 %) ont réélu leur maire sortant au premier tour, après quelques changements parmi les conseillers municipaux. Il faut y ajouter 48 communes où le maire sortant ne se représentait pas, mais où la liste qui lui succède était seule candidate, ce qui est le plus souvent le signe d’une succession organisée. Soit donc 275 communes qui se sont inscrites dans le « changement dans la continuité », soit plus de trois sur quatre.
Pour 68 autres communes (moins de 20 %), Il y a eu lutte entre plusieurs listes de candidats.
Pour 18 d’entre elles, les rivalités sont nées à l’annonce du renoncement du maire sortant. Pour les cinquante autres, c’est une opposition qui s’est organisée et a décidé d’affronter le suffrage des électeurs de la commune en cherchant à renverser le maire en place.
Les statistiques sont au net avantage des sortants : 39 ont remporté l’élection (78 %). Parmi eux on peut se réjouir de l’élection de Jean Biancucci à Cùtuli Curtichjatu, dans un scrutin serré, et de celle de François Martinetti et Julien Paolini à U Pitrosu en Haute Corse, très largement victorieux, ou encore de Vincent Antomarchi à Santa Lucia di Moriani.
Parmi les onze qui ont perdu leur siège, on salue la victoire de Maria Giudicelli à Merusaglia contre le cacique sortant Vincent Cognetti. Autre victoire de l’opposition à mentionner, celle de la liste conduite par Gérard Romiti dans le Cap Corse (Cagnanu).
Mais la leçon est claire : sortir un sortant n’est jamais une chose aisée, et finalement rares sont ceux qui se lancent dans l’arène électorale.

Les oppositions seront représentées au conseil municipal
La nouvelle loi électorale a instauré un système de liste avec une représentation des oppositions qui bénéficient de l’introduction de la proportionnelle. Celle-ci est partielle, et n’est calculée qu’une fois la prime majoritaire de la moitié des sièges est attribuée à la liste arrivée en tête. Cependant, la présence presque garantie de l’opposition au sein des conseils municipaux est sans doute une bonne chose pour limiter les querelles les plus stériles qui parfois épuisent ceux qui ont accepté la charge d’être élus.








