Arritti rivene sta settimana nant’à i 50 anni d’Aleria, u 22 d’aostu scorsu. Eccu quì stampe di ss’evenimentu ch’hè statu pròpiu una riescita, da u mondu è a diversità di u pùblicu accoltu, è da u ramentu rispettosu di st’ore ch’anu scrittu a stòria cum’elle sò state riflettute da a squadra di l’associu Aleria 75 trà i testimogni di i fatti, è a ghjuventù chì s’hè impegnata cù a vuluntà di riacquistà ssu locu di memoria. Eccu quì qualchi sprichji di qualchi intervenzione, è un intervista di Sampieru Mari chì ci spieca u significatu ch’ellu hà vulsutu dà l’associu à e sfarente raprisentazioni di ss’evenimenti ch’anu marcatu a nostra storia.
Quel était l’objectif de votre projet ?
Sampieru Mari : Aleria est l’évènement le plus important de notre histoire contemporaine. Nous avons voulu créer un lieu de mémoire en partant de zéro, puisque la cave Depeille n’existe plus. Devions-nous rester devant un terrain vague à faire le deuil d’un bâtiment abandonné depuis des décennies et qui n’est plus aujourd’hui ? La réponse de l’association ça a été de dire non. Il nous faut essayer de bâtir quelque chose de nouveau sur ce lieu. Nous avons alors développé tout un projet construit autour de trois piliers. Tout d’abord évidemment, la commémoration pour marquer les cinquante ans d’un évènement majeur. Le deuxième élément était de construire un espace mémoriel parce qu’il faut rendre hommage à toutes ces personnes qui ont sacrifié leur vie et pris des risques énormes pour simplement essayer de rendre la Corse plus libre et porter les revendications au plus haut niveau. On pense bien sûr aux militants de la cave, mais il faut penser à toute la période. Tout ne commence pas à Aleria. Aleria c’est un point d’orgue et il faut penser à tous les militants de cette période et leur rendre hommage.
Donc un aspect mémoriel et didactique puisque la volonté de l’association était de créer un lieu de mémoire de référence concernant l’histoire contemporaine de la Corse.
Comment est-il représenté ?
Ce modeste complexe est composé de tout un tas d’éléments sur lesquels on a travaillé durant des mois. Il a fallu réaménager l’ilot d’entrée où se trouvait l’ancien site vétuste et qui ne représentait plus vraiment ces événements-là. Ensuite nous avons planté deux oliviers car il ne faut pas oublier qu’il y a eu deux victimes durant les événements.
Une bandera sur un mât d’une quinzaine de mètres a été hissée afin de marquer le décor de sa présence et une stèle, à qui nous voulions donner une dimension encore plus importante. C’est un petit peu le reflet de l’histoire de la Corse. Il faut savoir que jusque dans les matériaux qui ont été utilisés nous avons voulu donner une référence historique. Du granit du sud en bas, pour rappeler le socle, cette Corse granitique, mais aussi a terra di i signori. Du vert d’Orezza qui fait référence aux révoltes du XVIIIe siècle. La plaque est faite en marbre de Corti, capitale di a Corsica durant le XVIIIe siècle également. Et ensuite nous avons du matériau qui était présent sur le site pour cette terre antique et aux évènements d’Aleria 1975 bien sûr.
Finalement le but, derrière cette stèle, c’est de construire le futur en se servant du passé comme une expérience pour avancer vers l’avenir.
Et la signification de la citation qui y est gravée ?
Afin d’aller au bout de cette idée, nous avons eu toute une réflexion quant à la gravure qui est sur cette stèle. L’objectif était d’éviter les divisions. Nous avons choisi un texte qui est là pour unir. Et quoi de mieux qu’une poésie pour aller en ce sens, et pour lui donner une importance encore plus grande, nous avons voulu que dans sa forme, dans sa construction, il y est une référence à ce que nous sommes. C’est pour cela que nous lui avons nommé cette forme de paghjella pour rendre à nouveau hommage à notre culture. Ainsi cette stèle mêle à la fois des minéraux emblématiques, l’histoire, c’est un hommage, une poésie et en même temps un chant.
Un parcours didactique vient accompagner cette stèle, ainsi qu’une grande fresque…
Il faut aller au-delà de la simple description de cette journée du 22 août 1975. Mais, grande question, jusqu’où remonter ? Le destin a fait finalement que deux temps forts de l’histoire de la Corse se sont rencontrés cette année, les 300 ans de la naissance de Pasquale Paoli et Aleria. Nous voulions du coup remonter aux premiers sentiments nationaux et dérouler tout cela jusqu’à Aleria. Dans notre démarche mémorielle et didactique nous avons toujours essayé d’intégrer l’art, les vecteurs de grande valeur, l’élément culturel et historique. Et donc notre parcours didactique part du XVIIIe siècle et se déroule pour remonter au XIXe qui est une période méconnue, puis les années 50, souvent oubliées des historiens, puis les années 60, 70 pour arriver aux événements d’Aleria. Et lorsqu’on se trouve face à ces événements d’Aleria, face à nous, une synthèse des moments forts, des images iconiques que nous avons tous en tête pour raconter Aleria se retrouvent dans la fresque que nous avons dévoilée le 22 août dernier, qui vient rendre hommage à la période. •

Intervenzione di Gilles Simeoni (sprichju)
« Est-ce un hasard ou est-ce plutôt un signe si se télescopent dans une unité de temps et d’action, le tricentenaire de Pasquale Paoli, les 50 ans d’Aleria et une fin d’année 2025 qui doit être celle d’une révision constitutionnelle garantissant à la Corse et au peuple corse un statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice et posant le cadre d’une solution politique globale ? Nous avons conscience des difficultés qui nous attendent, mais aujourd’hui comme hier, aujourd’hui plus encore qu’hier, il n’y a pas de place ni pour le renoncement, ni pour les hésitations. 50 ans après, au terme de cette longue marche, nous allons écrire ensemble une nouvelle page de l’histoire de ce peuple. Il dépend avant tout de nous tous et de nous toutes, et singulièrement de vous les plus jeunes, que cette page soit celle de l’émancipation, de la démocratie et de la paix. Evviva u pòpulu corsu ! Evviva a Nazione ! » •
• La Collectivité de Corse a entamé des démarches en vue d’acquérir le terrain théâtre des événements, une acquisition pour permettre à la Corse de sanctuariser le site qui a vocation à devenir un lieu de mémoire et de transmission, pour rendre hommage à tous ceux qui ont participé aux événements il y a 50 ans. •

Intervenzione di Bernard Pantalacci
« Cum’è sempre mantene u filu, mantene u filu è u stintu di l’anziani è di a Corsica eterna ! A ghjente ci anu aiutatu assai, l’avemu chjamati tutti, Bisognu di cosa ? Làriciu, petre, aiutu, dui soldi, u rispettu di tuttu… hè ciò ch’anu fattu : mantene u filu, a Corsica eterna ! U più bellu piacè ùn hè micca quessu solatimente. Hè di vede tutti sti giòvani, intelligenti, astuti, patriotti, onesti, pè a Corsica di dumane. Vi ringraziu assai. Vi ringraziu d’esse quì. A più bella risposta : u travagliu. » •








