Restauration de la nature

L’appel de 200 ONG

200 organisations non gouvernementales ont signé un appel en ce mois de septembre 2023 pour que soient inclus des objectifs clés dans la loi sur la restauration de la nature aujourd’hui en négociation. Une action soutenue par plus d’un million de citoyens, d’entreprises, de scientifiques et de nombreuses organisations. L’ensemble des institutions européennes y travaillent.

 

 

Le 12 juillet dernier, les députés européens adoptaient en session plénière la loi sur la restauration de la nature par 336 voix contre 300 et 13 abstentions. Une courte majorité cruciale pour un débat qui a mis en alerte tous les lobbies industriels opposés aux associations de défense de l’environnement. L’initiative a regroupé également plus d’un million de signatures, et mobilise depuis les institutions européennes engagées dans une phase de négociations pour l’élaboration d’un texte final suffisamment offensif pour faire face aux urgences mondiales de préservation du climat et de la biodiversité.

 

Une nature en danger

80 % des habitats sont en mauvais état, 10 % des espèces d’abeilles et de papillons sont en risque d’extinction, 70 % des sols sont en mauvaise santé. Les fragiles équilibres de la nature sont rompus, les écosystèmes se dégradent, les espèces sont menacés.

« Les négociations ont lieu après un nouvel été marqué par des phénomènes météorologiques extrêmes et dévastateurs d’une intensité sans précédent dans toute l’Europe. Les inondations en Grèce, les feux de forêt en Méditerranée et les vagues de chaleur dans le sud de l’Europe nous rappellent douloureusement que l’Europe a désespérément besoin d’écosystèmes sains et résistants pour prévenir de telles catastrophes et protéger ses citoyen.ne.s. Il est du devoir de nos dirigeants de doter les européennes et européens d’une loi qui les protégera réellement des futures catastrophes liées au changement climatique » commente sur son site France Nature Environnement, qui figure parmi les 200 ONG qui signent l’appel.

Celui-ci demande à tous les États membres de l’UE, aux membres du Parlement européen et à la Commission européenne de veiller à ce que plusieurs éléments clés soient inclus dans le texte final de la loi, en particulier :

– La couverture de tous les habitats terrestres et marins par des objectifs de restauration quantifiés, limités dans le temps et applicables dans les zones Natura 2000 et en dehors de celles-ci.

– La restauration des écosystèmes agricoles, complétée par des objectifs spécifiques pour la restauration des tourbières drainées.

– Veiller à ce que la loi puisse entrer en vigueur immédiatement, sans conditions préalables, pour une mise en œuvre rapide et effective des mesures de restauration.

– Des fonds dédiés et supplémentaires pour financer les mesures de restauration.

« Nous le redisons avec force et espoir : nous avons besoin d’un règlement européen solide pour guider et amplifier les efforts de restauration de la nature déjà engagés et à venir portés par divers acteurs dans les territoires à différentes échelles. Un déploiement massif de tels projets partenariaux est majeur pour répondre collectivement aux crises climatique et écologique » affirme France Nature Environnement.

 

Une urgence à agir

Sauver des vies, en sauvant les écosystèmes, en restaurant les cours d’eau, les fonds marins, les forêts, les espaces agricoles, en plantant des arbres, en inversant le déclin des pollinisateurs, en priorisant les plus grands stockages de carbone, comme les tourbières, etc. C’est l’enjeu.

« Une restauration de la nature à grande échelle est nécessaire de toute urgence sur notre continent pour inverser la perte dévastatrice de la biodiversité, maintenir les avantages cruciaux fournis par la nature (air et eau purs, nourriture, pollinisation des cultures) et rendre l’Europe plus résiliente aux impacts du changement climatique, tels que les graves sécheresses et les inondations.

L’Europe ne peut plus se permettre d’exploiter et de faire échouer sa nature, et avec cette loi, nous pouvons réaliser l’un des meilleurs investissements : dans la nature », explique encore l’appel des 200 ONG.

#RestauronsLaNature, maintenant ! •

F.G.