Qu’ils soient reconduits ou nouveaux, la coordination Terra1 interpelle les candidats à l’élection municipale sur les menaces qui pèsent sur notre environnement.
Terra appelle au « respect rigoureux des codes de l’urbanisme et de l’environnement, en stricte conformité avec le Padduc, pour les permis de construire ou d’aménagement et les documents d’urbanisme, PLU ou cartes communales ».
L’urbanisme est au cœur de la politique municipale et pour la coordination « il n’est pas trop tard pour arrêter la politique mortifère du “tout-tourisme”. Cette économie monolithique creuse le malheur des insulaires et alimente une spéculation immobilière hors de contrôle ».
Cette « touristification » de la Corse en effet « chasse les habitants de leurs propres centres-villes » dénonce Terra qui énumère : 19 % de la population sous le seuil de pauvreté, escalade des prix et les loyers, logement inaccessible aux jeunes, fléau Airbnb qui transforme les logements permanents en locations touristiques de courte durée et dénature nos quartiers. Terra demande des locations de moins de 30 jours dans les zones tendues, exige « la sanctuarisation des espaces stratégiques agricoles », déplore le manque de logements sociaux.
Terra dénonce aussi la pollution maritime, avec notamment l’urgence de supprimer les émissions à quai. La coordination alerte sur la saturation des sites remarquables, comme à Scàndula, et réclame des quotas de fréquentation.
Concernant le projet de centrale du Ricantu, Terra soupçonne EDF de vouloir faire fonctionner la nouvelle centrale au fioul léger malgré les engagements sur un biocarburant.
« Le projet de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) nationale, déclinée en Corse, présente une faille majeure : Le texte définit le biocarburant (HVO) comme le carburant cible, mais autorise le fioul léger en “secours”. Sans plafonnement d’heures annuel strict inscrit dans la loi, le secours deviendra la règle pour des raisons de coût, transformant le Ricanto en centrale fossile permanente » affirme l’association A Sentinella, membre de la coordination Terra.
L’association dénonce ainsi « le mensonge des 30 % : sur l’année, le thermique semble minoritaire. Mais en hiver, à 19h, le thermique assure jusqu’à 90 % de la puissance appelée. On ne fait pas de “moyenne” de la pollution. Si le poison est injecté trois mois par an lors des pics de froid, l’impact sanitaire est total. La pollution ne se répartit pas uniformément sur l’année. Elle est concentrée massivement lors de ces pics de froid où le Ricanto sera sollicité au maximum de sa puissance. L’impact sur les poumons des Ajacciens est donc lié aux 90 % de puissance de pointe, pas aux 30 % de la moyenne annuelle ».
« Il faut que les prélèvements de fumées soient faits par des drones pour prélever directement dans le panache et des capteurs mobiles pour mesurer la donnée brute et instantanée » dit encore Sentinella qui réclame l’application des plans (SRCAE, PPA, PCAET)2.
La coordination Terra qui réclame une « transparence totale », refuse l’éolien qui selon elle « défigure nos crêtes », appelle à la solution des STEP (stations de transfert d’énergie par pompage) qui permettrait « d’utiliser nos barrages comme des batteries naturelles », prône la géothermie, le solaire urbain, en demandant de mettre « la priorité aux toitures industrielles et parkings plutôt qu’aux terres agricoles ».
Enfin Terra appelle à changer de modèle, afin de placer l’île en situation de « résilience alimentaire, économique et sociale. Le rôle du maire est de mettre un frein au lucre et au clientélisme pour revenir à des décisions rationnelles et équitables ». •
- Terra regroupe 11 associations qui œuvrent à la protection de l’environnement et de la santé publique, dont ABCDE, La ligue contre le Cancer, Le Garde, France Assos Santé, U Levante, A Sentinella, Zeru Frazu… ↩︎
- Schéma Régionale du Climat de l’Air et de l’Énergie, Plan de Protection de l’Atmosphère, Plan Climat Air Énergie Territorial. ↩︎








