Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2916

da u 18 à u 24 di dicembre di u 2025

Dossier "logement d'urgence"

La grave atteinte au droit à l’hébergement d’urgence décortiquée

samu social

le 17/12/2025

Par Fabiana Giovannini

Fédération des acteurs de la solidarité, qui regroupe plus de 900 associations de solidarité et a lancé un cri d’alarme en septembre dernier avec la publication de son enquête sur leur disparition programmée1, Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux (Uniopss), rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), Banque des territoires locatifs, Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccass), Fondation pour le logement des défavorisés, Unicef France, Fédération nationale des Samu sociaux (Fnss), Haut comité pour le droit au logement, Secours catholique Caritas…, tous ces organismes font les mêmes constats face à l’atteinte au droit à l’hébergement d’urgence. Tous alertent sur les conséquences et appellent à des actions immédiates.

Les rapports de l’IGAS et de l’IGF décrivent une situation au bord de la rupture : hébergement d’urgence devenu trop souvent une solution permanente, faute de logements abordables, parc d’hébergement d’urgence saturé ne répondant plus à la hausse des demandes, parc de logements abordables lui-même saturé, offre de 203.000 places pour le logement d’urgence très inférieure aux besoins estimés (chaque soir, environ 61% des demandes restent non pourvues), sous-budgétisation chronique et pilotage financier fragile, coûts d’hébergement augmentant plus vite que les crédits votés, données sur les publics et les besoins incomplètes ou insuffisamment fiables, fonctionnement des Services intégrés d’accueil et d’orientation (SIAO) hétérogène et limitant la visibilité des disponibilités réelles, sorties vers le logement trop lentes, provoquant un engorgement durable, importantes disparités de coûts et de pratiques entre territoires et opérateurs, capacités de pilotage stratégique de l’État et des préfets jugées insuffisantes pour optimiser l’ensemble du système… « L’hébergement d’urgence ne répond pas à la hausse des demandes, les parcours sont à l’arrêt, et de plus en plus de personnes basculent dans le sans-abrisme » dénonce l’Unsa. « Le NPNRU2 est prolongé sans ambition nouvelle, privant les quartiers prioritaires d’une stratégie globale. Le programme 177 – Hébergement, parcours vers le logement et insertion des personnes vulnérables – bénéficie d’une légère hausse de crédits (…) (mais qui) restent insuffisantes face à l’explosion des besoins (+50 % de demandes d’hébergement en cinq ans) et à la progression du sans-abrisme » dit encore l’Unsa.
« La crise sociale en France a entraîné une saturation chronique des dispositifs d’hébergement d’urgence. Les CCAS/CIAS3, en première ligne pour accompagner les personnes sans domicile, constatent une précarité croissante et un système à bout de souffle. Les communes sont souvent contraintes d’ouvrir des places supplémentaires face au désengagement de l’État. L’hébergement d’urgence est devenu un levier essentiel pour garantir un minimum de dignité et de stabilité aux personnes sans toit » alerte de son côté l’Uncass.

On estime à 350.000 les personnes sans domicile en France, soit plus du double en 10 ans. Or le projet de Loi de Finances 2026 prévoit seulement 203.000 places d’hébergement d’urgence. Les crédits alloués ont été réduits de 75 M€ par rapport au PLF 2024 qui avait déjà réduit de 100 M€ le budget consommé en 2023. Et ce, alors que les coûts (salaires, énergie, etc.) augmentent, rendant impossible le maintien du parc actuel.
Le Haut comité pour le droit au logement dénonce « une insincérité budgétaire chronique, une fragilisation des associations, et un non-respect du droit à l’hébergement, tout en appelant à une réforme structurelle du financement et à une programmation pluriannuelle pour répondre aux besoins réels ».
« L’hébergement est saturé et sous-dimensionné par rapport aux besoins réels. Les politiques publiques connexes (logement social, asile, hôpital, prisons, aide sociale à l’enfance) aggravent la pression sur l’hébergement. Le droit à l’hébergement, garanti par le Code de l’action sociale et des familles, n’est pas respecté (restrictions d’accès, accueil discontinu, priorisations arbitraires) » alerte encore le Haut comité.
De son côté, la FAS dénonce dans son rapport la dégradation de la trésorerie des associations, les retards de paiement, le manque de visibilité financière, l’augmentation des charges non compensée, le turnover et les postes vacants, les coûts financiers élevés, l’impact sur les politiques publiques…

Le « droit au logement » est un leurre. Le dispositif général est saturé, largement insuffisant face aux besoins croissants. Les restrictions budgétaires menacent l’inconditionnalité et la continuité de l’accueil, fragilise le financement et ne permettent pas de faire face aux besoins.
Conséquences : dégradation de l’accompagnement, aggravation du mal-logement, crise d’attractivité des métiers sociaux…
L’inflation, la hausse des coûts, les ponctions sur les bailleurs sociaux, la suppression des places en asile viennent encore aggraver la situation générale.
Parmi les propositions nombreuses qui sont formulées pour faire face à cette crise :
– la programmation pluriannuelle des financements fondée sur les besoins réels
– la création de nouvelles places d’hébergement d’urgence (au moins 10.000) et 200 M€ alloués immédiatement à l’hébergement d’urgence et à l’insertion des personnes vulnérables.
– une conférence des financeurs pour mutualiser les fonds et simplifier la gestion
– la relance massive de la production de logements sociaux et très sociaux.
Mais dans un contexte de fragilité extrême du budget de l’État le manque de réponse gouvernementale fait peur… •

  1. https://arritti.corsica/que-serions-nous-sans-le-secteur-associatif
    ↩︎
  2. NPNRU : Nouveau programme national de renouvellement urbain.
    ↩︎
  3. CCAS ou CIAS : Centre communal (ou intercommunal) d’action sociale. ↩︎
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