Durant la période 2021-2025, la question du logement a été prioritaire dans les politiques menées par la Collectivité de Corse. Au moment de décider de sa reconduction, l’Exécutif a produit un bilan des cinq années passées et proposé un nouveau règlement des aides pour les six prochaines années.
Les résultats de cette politique se mesurent en centaines d’opportunités nouvelles offertes à ceux que l’état débridé du marché immobilier met en situation de difficulté pour son accès au logement.
Au plan financier, 67,5 millions d’euros ont été dépensés en faveur de quatre priorités : 25,5 M€ pour la création/réhabilitation de logements sociaux, 28,8 M€ pour la création/réhabilitation de logements communaux, 8,8 M€ pour le soutien aux primo-accédants, 4 M€ pour les OPAH (opérations programmées d’amélioration de l’habitat).
Au total 6.086 logements ont ainsi été créés ou réhabilités.
Une partie (un millier de logements) l’a été en complément des aides de l’État (notamment les dispositifs MaPrimeRénov gérés dans le cadre des OPAH), sur les opérations de rénovation énergétique et de lutte contre l’insalubrité. Les aides au logement social ont été fléchées vers les deux organismes publics HLM de Corse qui ont été aidés dans la rénovation de près de 4.000 logements.
Pour ces 5.000 logements au total, l’aide de la Collectivité de Corse a bénéficié à des « occupants », qui sont donc, par définition, des résidents.
Les deux autres politiques priorisent les résidents permanents en recherche de logements, ce qui correspond aujourd’hui au problème le plus important, celui de l’accès à la propriété des jeunes Corses dont les salaires ne suffisent pas à faire face à l’explosion des prix observés dans l’immobilier sous la pression du tourisme et des résidences secondaires. Les chiffres sont rappelés dans le rapport de l’Exécutif présenté à l’Assemblée de Corse : « le coût du logement et du foncier a connu une hausse rapide : entre 2006 et 2017, le prix du logement a progressé de 68 % en Corse (36 % sur le continent), et le prix du foncier de 136 % (64 % au niveau de la France). Le prix moyen du terrain est passé d’environ 30 €/m2 à plus de 80 €/m2, soit une évolution près de quatre fois plus rapide qu’en France continentale. »
La priorité politique de la CdC est aussi une priorité budgétaire. En moyenne, chaque année, 13,5 M€ ont été affectés à cette politique du logement, sur un budget d’investissement total, incluant les investissements obligatoires comme les travaux sur les routes, ports aéroports, musées, lycées et collèges, les subventions aux communes (quinquennales), etc. d’environ 300 M€ annuels. C’est un effort budgétaire considérable pour une compétence annexe.
Pour mobiliser les politiques destinées aux publics privés d’accès au marché de l’acquisition foncière, deux vecteurs sont mobilisés : les communes ou communautés de communes désirant créer des logements nouveaux, très souvent en réhabilitant des maisons à l’abandon, et la contractualisation directe avec des ménages en cours de construction, ou d’acquisition, de leur logement.
Le « bloc communal », a été mobilisé en très grande partie par les communes de l’intérieur. Il a ainsi apporté une contribution de 681 logements nouveaux, dont 550 (89 %) là où la revitalisation rurale est indispensable, mais où les incertitudes économiques de tout projet immobilier non touristique sont dissuasives pour les investisseurs potentiels. L’opération a alors un triple intérêt : patrimonial, car très souvent les maisons rénovées sont des bâtisses anciennes au cœur des villages, démographiques, en fixant ou en attirant des populations nouvelles dans l’intérieur, et même économiques car les chantiers menés sont importants pour les entreprises locales du bâtiment, avec un montant moyen de travaux d’environ 150.000 € par projet. Quant aux destinataires, ils sont le plus souvent insérés dans les problématiques locales, par leurs origines familiales, par leurs situations professionnelles, etc.
Le soutien aux « primo-accédants » est l’autre volet emblématique de cette politique. 386 ménages ont bénéficié de cette aide pour un montant moyen de 23.000 € par opération, qui représente donc un « coup de pouce » d’environ 10 % du montant de l’investissement pour chacun. L’objectif est que les résidents soient les seuls bénéficiaires de cette aide, et aussi d’éviter les « effets d’aubaine » en écartant les dossiers qui ne justifient pas d’un besoin réel du concours proposé par la Collectivité de Corse qui est réservé aux « ménages modestes ou intermédiaires ».
Pour cela le nouveau règlement d’aides a retenu deux priorités politiques.
Pour le « bloc communal », il propose d’accorder une bonification de 20 % aux projets « situés dans une commune ayant mis en place des mesures de régulation des résidences secondaires et des meublés de tourisme. »
Pour les primo-accédants qui seront aidés par la Collectivité de Corse, il a adopté un « cahier des charges anti-spéculation » proposé par l’Office foncier de la Corse, qui réserve pour quinze ans l’usage à l’habitation principale du ménage, interdisant toute location estivale, même de courte durée. Il encadre également la destination du bien en cas de cession pour raison de force majeure (divorce, décès, changement de résidence pour occuper un emploi, etc.) : en cas de revente, le bien doit alors revenir de préférence dans le champ public de la politique régionale du logement.
Face à environ 120.000 logements qui en Corse sont occupés par les résidents permanents, cette mise sur le marché de l’accession ou de la location de 1.000 logements nouveaux est significative. S’y ajoute la réhabilitation de 5.000 logements occupés chez les bailleurs sociaux ou via les opérations programmées d’amélioration de l’habitat. Ce faisant, la politique de la CdC répond aux besoins prioritaires des résidents corses et elle contribue à la revitalisation rurale.
C’est là un bilan qui dément objectivement les perpétuels tenants d’un discours dépréciant à l’encontre des onze années de mandature nationaliste à la tête de la Collectivité de Corse. •

Per l’alloghju di i senza tetti
Sustenite a dimarchja « Campà in pace »
Dans la suite du salut chaleureux qu’avait lancé à la Corse le Pape François «Mi sono sentito a casa », une démarche est née, portée par le Cardinal François Bustillo et des femmes et des hommes qui luttent contre la précarité, tel le Dr François Pernin de la Coordination inter-associative contre l’exclusion. L’objectif est de soutenir la rénovation de logements sociaux aujourd’hui fermés afin de les mettre à disposition de familles dans le besoin. L’association ainsi créée, Per Campà in Pace, lance un appel aux dons pour oeuvrer à résorber cette très forte demande de logement social en Corse. •
Pour participer à cette operata, adressez votre chèque libellé à l’ordre de l’association Per campà in pace – Campagne « Donner un toit », à l’adresse suivante :
Évêché d’Ajaccio – 8, boulevard Sylvestre Marcaggi – 20000 Ajaccio.
Pour plus d’informations : https://arritti.corsica/lappel-de-per-campa-in-pace








