Avec cette rentrée qui s’annonce après l’été 2026, nous entamerons un nouveau cycle politique.
En effet, la France entrera de plain-pied en septembre dans la campagne électorale des élections présidentielles, celles qui définiront les conditions politiques nouvelles pour tous ceux qui auront à traiter à l’avenir avec l’État. À commencer, pour nous en Corse, par la définition d’une autonomie pour la Corse, dans la suite du débat institutionnel engagé au Parlement par le vote favorable de l’Assemblée nationale de juin dernier, et son application future aux grandes priorités de l’Île : langue corse, statut de résident, refonte des compétences entre l’État et la Collectivité de Corse, etc.
Puis, une fois le ou la président(e) de la République et le gouvernement de la France en place, s’ouvrira ici la campagne pour le renouvellement de l’Assemblée de Corse et de son Exécutif. Après plus d’une décennie passée à la tête des institutions de la Corse, ce sera pour les nationalistes une échéance importante. Eux qui ont il y a dix ans gagné une majorité absolue de votes, pour leurs listes qui étaient en lice aux seconds tours de 2017, puis de 2021, la réflexion s’engage sur la configuration possible pour conserver ce leadership dans les urnes insulaires, assurément l’argument le plus important à faire valoir pour espérer avancer vers davantage d’autonomie et de souveraineté pour le Peuple Corse.
Parmi les expériences les plus prometteuses qui butent sur les blocages de l’État en l’absence d’autonomie, ce numéro d’Arritti revient sur le dossier de Scola Corsa, et, au-delà, celui de l’avenir de la langue corse. Voilà un exemple concret qui légitime à lui seul la nécessité de s’extraire des « lois nationales » qui interdisent tout espoir pour la langue corse, non seulement en imposant que toutes les décisions importantes soient soumises au bon vouloir de Paris, mais même en interdisant aux élus corses, sur leurs propres deniers, d’apporter les financements qu’ils souhaitent à cette filière d’enseignement par immersion aux résultats si encourageants. Idem sur le caractère officiel de la langue corse dans l’enceinte de l’Assemblée de Corse.
En fait, quel avenir peut-on espérer pour le Peuple Corse dans un régime qui interdit de facto à ses élus et à ses enfants de parler et apprendre le Corse ?
Quoi qu’il advienne, dans la séquence politique à venir, la question de l’autonomie est la question essentielle, celle que nous devons imposer à l’agenda du nouveau pouvoir parisien, quel qu’il soit. •








