Encore un stade plein et chaud bouillant ce 9 mai à Furiani pour la der de la saison… et peut être aussi dans les inconscients déjà la der de la Ligue 2 pour le Sporting Club de Bastia…
Comme à l’accoutumée, une ambiance bon enfant, avec de nombreuses familles, des rires et retrouvailles de copains de tribunes, les chants, le tambour… et l’espoir irraisonné de voir enfin le club se tirer d’affaire en arrachant son maintien qui aurait été fêté comme une accession. C’est tout dire ! Mais hélas, son destin ne lui appartenait déjà plus, puisqu’il fallait en plus d’un bon résultat, espérer en la défaite de Laval qui voulait aussi échapper à la relégation face à une équipe de Boulogne qui n’avait plus rien à jouer. Les bastiais au contraire étaient confrontés à une très bonne équipe du Mans, 2e de Ligue 2, à qui il fallait impérativement les trois points pour accéder en Ligue 1. Et les manceaux étaient en super forme. Plus rapides, plus athlétiques… ils ont fait le match qu’il fallait, en mettant la pression sur les attaquants bastiais, notamment la jeune pépite Alexandre Zaouai systématiquement marqués par deux voire trois joueurs… sans jamais vraiment être épaulé par ses camarades.
Résultat : défaite 2 à 0 et un match qui se termine en eau de boudin, comme souvent à Furiani…
Ce match contre Le Mans illustre à lui seul tout le désastre de la saison où le Sporting s’est confiné du début à la fin aux dernières places. Dans ces circonstances, les vieux démons ont repris le dessus. La bêtise humaine aussi. La passion turchina est à la fois la force de ce club, et sa grosse faiblesse, plus soumis aux influences des réseaux sociaux et des exigences de groupes nuisibles qui pourtant ne sont pas la majorité du peuple bleu, mais les plus bruyants. Insultes et pressions permanentes sur les dirigeants, le staff, les joueurs… comment espérer sous les sifflets voire des joueurs en retard d’un but, se sublimer pour parvenir à inquiéter leurs adversaires ? Ne faut-il pas s’interroger sur le fait que le Sporting joue finalement mieux à l’extérieur qu’à la maison, contrairement à sa légende ? Avec cette pression, pas étonnant au fil du match de voir les bleus céder au découragement et à la fatigue plus morale que physique.
Alors oui toutes les composantes du club auront leur part de responsabilités, mais quand même il faudra bien un jour tirer les leçons de l’inconséquence de certains supporters. L’un des tournants de la saison dont ils n’ont vraisemblablement rien retenu, a été contre le Red Star, le jour des 120 ans du club ! Un fumigène sur la pelouse, match interrompu puis sanctionné d’une défaite sur tapis vert et d’un point avec sursis au classement, soit quatre points potentiels au total. Pas rien. On peut bien évoquer le match contre Laval qui décide de ne pas se déplacer sans raison objective et n’est pas sanctionné par la Ligue Française de Football (les trois points auraient dû revenir au Sporting)… un match à six points en l’occurrence, rejoué et finalement perdu par les bastiais, mais c’est oublier tous les ratés de la saison, à commencer par cette exigence désastreuse, toujours de la part de certains supporters, du recrutement d’un directeur sportif, fiasco dont le club ne s’est jamais remis.
La fin du match contre Le Mans est symptomatique du mal bastiais. Une pluie explosive sur la pelouse, alors que le match n’est pas fini et que les joueurs sont toujours sur le terrain… Dangereux et profondément stupide. Quel est l’intérêt d’un tel comportement si ce n’est encore sanctionner le club qu’on soutient et satisfaire tous les ennemis du football corse ? Vu le nombre de ces bombes (qu’on ne peut pas appeler « pétards ») il y avait évidemment préméditation. Comment est-il possible, surtout après les multiples sanctions tombées cette saison, de faire entrer autant d’engins interdits ? À croire qu’on ne souhaitait pas la victoire du club chez certains. Intolérable ! Tout ça face à une tribune Petrignani flambant neuve mais désespérément vide toujours du fait des mêmes attitudes suicidaires.
Si le Sporting veut se donner une chance de survie, ce n’est pas en réinventant les règles de la LFP et de la DNCG, même si on les juge souvent injustement appliquées spécialement contre Bastia, mais c’est en démasquant les complicités qui peuvent exister permettant que certains énergumènes continuent de nuire au club et à l’ensemble du peuple bleu.
Car on ne mesure pas les conséquences d’une descente en Ligue 3 pour les bleus.
Les matchs du Sporting c’est la seule distraction régulière d’ampleur pour des milliers de familles corses. C’est la vitrine sportive de l’île, et des investissements considérables de la part des institutions pour répondre à l’exigence sociale. C’est aussi des dizaines d’entreprises qui travaillent de concert et de nombreux emplois directs et indirects qui dépendent du club et de son rayonnement. Ce sont des milliers de jeunes footballeurs qui jouent chaque semaine leurs propres championnats en rêvant à l’élite du foot corse. Avec la relégation dans les méandres du championnat régional de l’ACA, qui espérons-le continuera à performer pour revenir vite en ligue professionnelle, ou encore du Gazelec confiné en national 3, il n’y a désormais plus de clubs corses au top niveau français.
Franchement, le Sporting, son histoire, ses sacrifices méritent mieux que ça. C’est à un examen collectif en profondeur auquel il faut s’atteler pour préparer l’accession l’an prochain. •
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