Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2905

da u 2 à l'8 d'ottobre di u 2025

U mo parè

La santé, pilier d’un peuple

CHU2

le 05/10/2025

Par François Joseph Negroni

On parle souvent de la langue, de la terre, de l’énergie, comme autant de fondations indispensables à l’existence d’un peuple. Mais il est un domaine que nous oublions trop souvent, alors même qu’il touche à la vie nue, à la dignité la plus élémentaire : la santé. Sans médecins, sans structures, sans capacité de soigner les siens, un peuple cesse d’être maître de son destin. Il devient dépendant, fragile, réduit à tendre la main à d’autres. Or, c’est la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la Corse.

La réalité est connue de tous. Nous manquons de médecins généralistes, les spécialistes sont rares, les urgences saturent. Les renforts venus du continent deviennent la règle et non l’exception. Dans les villages, des familles entières n’ont plus de médecin traitant. Dans certaines microrégions, les soins de base tiennent à la bonne volonté de praticiens épuisés. Derrière les chiffres abstraits de « désertification médicale », il y a une réalité crue : des Corses qui attendent des semaines pour un rendez-vous, des anciens qui renoncent à se soigner, des urgences qui s’embolisent.

Face à cela, il ne suffit pas de bricoler, de négocier chaque été quelques renforts temporaires. Il faut penser une stratégie de long terme. Et cette stratégie passe par une idée simple : former chez nous, pour soigner demain. C’est là qu’intervient l’exigence d’un centre hospitalier universitaire pour la Corse.

Un CHU, ce n’est pas seulement un grand hôpital doté de moyens. C’est une institution qui forme, qui transmet, qui attire et qui fixe sur le territoire les générations de médecins de demain. Tant que nos jeunes devront partir à Marseille, à Nice ou à Paris pour devenir médecins, et tant qu’ils devront ensuite batailler pour revenir, nous resterons dépendants. Avec un CHU, nous créons non seulement une capacité de soins renforcée, mais une filière complète : université, recherche, hospitalisation, transmission. C’est la clef d’une souveraineté sanitaire.

Mais il serait vain de penser que le CHU, à lui seul, résoudra tout. La santé, en Corse, ne doit pas se limiter aux grandes villes ni à quelques pôles hospitaliers. Elle doit irriguer l’ensemble du territoire. Cela suppose un maillage territorial fort : maisons de santé dans les villages, pôles pluridisciplinaires dans les microrégions, incitations puissantes pour l’installation durable des médecins. Cela suppose aussi de considérer le médecin comme un acteur du projet rural : là où s’installe un médecin, une école se maintient, des familles restent, une économie locale respire. L’installation médicale devient ainsi une politique d’aménagement du territoire, au même titre que les routes ou le numérique.

C’est pourquoi la question sanitaire ne peut être réduite à une revendication corporatiste ou à un simple débat d’experts. Elle touche au cœur de notre avenir collectif. La santé est un pilier de la nation corse en devenir. Sans elle, les discours sur l’autonomie resteront abstraits. Avec elle, nous entrons dans une logique concrète : être capables de prendre soin des nôtres, avec nos moyens, nos institutions, nos compétences.

La modernité offre des outils à ne pas négliger. La télémédecine peut permettre de désenclaver certaines microrégions, à condition qu’elle s’appuie sur un réseau humain solide. La prévention doit devenir une priorité, notamment face aux spécificités de santé publique liées à notre insularité et à notre mode de vie. Mais rien ne remplacera l’essentiel : un médecin au village, une infirmière disponible, un hôpital qui n’est pas à plusieurs heures de route.

La Corse ne peut pas se contenter de survivre en santé. Elle doit viser l’excellence. Non pour rivaliser avec Paris, mais pour donner à son peuple les moyens de vivre dignement. Un CHU, un maillage territorial cohérent, des politiques d’installation adaptées, des outils modernes et adaptés à notre insularité : voilà un véritable projet de société. C’est une vision qui dépasse le seul secteur médical. C’est une manière de dire que nous ne voulons plus subir, mais construire.

La langue nous permet de nous reconnaître, la terre de nous enraciner, l’énergie de nous libérer. La santé, elle, nous permet tout simplement de vivre. Former nos médecins, garder nos jeunes, soigner notre peuple : voilà une étape décisive sur le chemin de l’autonomie. Ce n’est pas un luxe, ce n’est pas une faveur à demander. C’est une nécessité vitale, et c’est le droit d’un peuple qui veut rester maître de lui-même. •

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