Créée en 2011 par des étudiants cortenais, l’association Aiutu studientinu permet aux étudiants de l’Université de Corse en situation de précarité de faire leurs courses gratuitement. L’association aide ainsi ceux en difficulté financière à bénéficier de produits de première nécessité et est ouverte à tous les étudiants de la faculté de Corte sans condition de ressources financières.
Le président Jean-Dominique Bugnani nous présente l’association et alerte sur l’augmentation de la précarité à Corti.
Comment est organisée l’association ?
L’Aiutu fonctionne avec deux permanences par semaine, une le mardi et une le jeudi de 17h30 à 19h. L’association est gérée par des bénévoles et un bureau dont je suis le président. Les bénéficiaires, sur présentation d’une carte étudiante, ont le droit de prendre douze articles alimentaires ou d’hygiène par semaine. C’est sans limite d’articles pour tout ce qui est vêtements ou ordinateurs.
Combien y-a-t-il de bénéficiaires ? Quelle a été leur évolution ?
Au niveau du nombre de bénéficiaires, on en a actuellement 367 donc quasiment 400. La précarité depuis le Covid a explosé sur Corti. Quand j’ai rejoint l’association, il y avait une soixantaine de bénéficiaires et aujourd’hui il en a quasiment six fois plus. Ça donne une idée de l’évolution de la précarité, sachant que ces quatre-cent là ce sont des jeunes qui se sont fait connaître auprès de l’association. Mais on peut estimer qu’ils sont plus nombreux parce qu’il y a encore des étudiants qui n’osent pas venir chez nous pour des questions de tabou ou encore d’intimité. On est donc sur une explosion qui est très significative.

Quels sont les besoins de l’association et comment donner ?
Les besoins de l’association c’est tout ce qui est alimentaire, hygiène, denrées non périssables. Et puis les besoins sont également financiers parce que c’est une structure qui est très difficile à faire tourner, qui a besoin de fonds et de trésorerie. L’association a donc besoin de dons de particuliers, d’entreprises, de mutuelles, d’assurances… On en reçoit mais un peu moins qu’avant parce qu’il y a un contexte d’inflation qui est anxiogène donc les gens ont tendance à moins donner.
Y-a-t-il des actions prévues ?
En termes d’actions, actuellement on est en discussion pour réaliser une opération caddie avec Femu Ghjuventù au Leclerc d’Ile-Rousse. Peut-être qu’à la rentrée on fera une reprise des opérations caddies sur tout le territoire. Il faut occuper le terrain, sensibiliser les gens, les mobiliser sur le sujet de la précarité. •








