Ghjuncaghju La justice ordonne l’arrêt du projet !
C’est la bonne nouvelle de la semaine ! Le Tribunal administratif a rendu son délibéré ce 27 mars en rejetant la requête de l’entreprise Oriente Environnement qui demandait de déroger aux protections de nombreuses espèces et de leurs habitats pour installer un centre d’enfouissement de déchets à Ghjuncaghju, au bord du Tavignanu. Le TA a validé l’arrêté préfectoral pris en 2023 qui avait refusé cette dérogation, empêchant l’enfouissement pour 100.000 tonnes de déchets et de 70.000 tonnes de déchets amiantifères. Le rapporteur public avait défendu l’arrêté, également appuyé par le Conseil national de la protection de la nature. Même s’il faudra rester mobilisés, c’est un répit important de gagné pour le fleuve Tavignanu et une belle victoire pour le Collectif Tavignanu Vivu qui s’oppose au projet depuis dix ans. Bravo ! •

Crise des carburants Vive le pragmatisme corse !
L’absence de traitement au fond du dossier des carburants en Corse vient de rebondir lors de la crise pétrolière ouverte par Donald Trump dans le détroit d’Ormuz, conséquence directe de la guerre qu’il a déclaré à la demande d’Israël contre l’Iran. Effet lointain de ce conflit aux conséquences mondiales : le blocage des dépôts pétroliers en Corse.
En effet, le bond largement au-delà de 2 €/l du coût de l’essence à la pompe vient de rouvrir une crise insulaire jamais résolue entre les distributeurs de carburant. Ceux qui dépendent du groupe Total, à savoir une bonne moitié, bénéficient alors d’un soutien de leur maison-mère qui bloque les prix autour de 2 euros, quand les deux autres distributeurs, Vito et ENI, ne peuvent, ou ne veulent pas, faire de même, leurs stations affichant alors des prix alignés sur ceux du continent, 20 ou 30 centimes plus chers.
Résultat direct, et indésirable : avec des prix à la pompe 20 ou 30 centimes d’euros moins chers, les stations Total voient affluer toute la clientèle, quand les autres stations restent désertes et menacent de tomber en faillite.
La parade trouvée par ces distributeurs menacés de faillite a été de bloquer les deux dépôts pétroliers du Vaziu et de Lucciana. Dès lors, les stations Total dévalisées n’ont pas été ravitaillées, et celles des autres stations ont vu arriver les clients malgré leurs prix plus élevés. En une petite semaine, le réseau insulaire des distributeurs a ainsi vidé toutes ses cuves, puis après l’inévitable « réunion de crise » entre Préfets, CdC, et tutti quanti, aux résultats aussi peu convaincants que celles qui l’ont précédée il y a quelques mois, les dépôts ont été « libérés » pour empêcher la Corse de connaître une pénurie.
Au bout de ce très pragmatique « mouvement social », tout le monde est satisfait. Les distributeurs « non-Total » ont sauvé leurs activités et leurs emplois, sans pour autant pénaliser les affiliés corses à la grande multinationale. Au niveau de la Corse, les consommateurs échappent au risque d’un monopole de la distribution par Total, ce qui serait inévitable si les deux autres distributeurs faisaient faillite, et ce qui ne pourrait qu’avoir des conséquences de long terme très négatives. Et ils ont quand même pu profiter des ristournes conjoncturelles de la multinationale sans pour autant lui laisser la possibilité d’éliminer toute concurrence à l’avenir.
Evviva a Corsica è e so manere di fà ! •








