Arritti a traversé les évènements en échappant à la dissolution. Dès sa création, son fondateur avait désigné sa mère, Carlita Simeoni, comme directrice de publication pour que l’hebdomadaire ne soit pas affecté par les crises politiques. Max en est le gérant et l’éditorialiste.
À l’époque d’Aleria, l’imprimerie est située à Toga et Edmond Simeoni prend une part active à l’animation du titre. Aussi, lorsqu’il est emprisonné, le journal se retrouve orphelin. Mais l’équipe ne se laisse pas abattre. Dans la nuit du 22 au 23 août, une édition spéciale est imprimée à 20.000 exemplaires, exposant les principales motivations de l’action de l’ARC, le déroulé des évènements, les photos-choc, et dénonçant les responsabilités de l’État. Les militants dans la nuit s’organisent pour diffuser cette édition spéciale dans toute l’île et jusque sur le continent. Arritti prend donc une grande part à la diffusion de la vérité sur le drame.
Durant toutes les semaines et les mois qui suivent, Arritti mène campagne pour diffuser les témoignages, les informations des comités de soutien et dénoncer le mépris de l’État. Ses numéros sont attendus avec impatience et s’arrachent à la parution.
Pas étonnant qu’il soit la cible privilégiée des barbouzes très actifs dans ces années 70-80. Le 15 mai 1977, l’imprimerie militante et toutes ses archives sont entièrement détruites dans un incendie criminel. Encore aujourd’hui, notre équipe cherche à reconstituer les archives anciennes des années 60 et 70. •









