Ils sont plusieurs dizaines déjà à avoir délibéré dans les mêmes termes en faveur de l’instauration d’un statut de résident sur le territoire de leur commune. À l’instigation du maire de Lòpigna en Corse du Sud, Alain Nebbia, et du maire de Santa Riparata di Balagna en Haute Corse, Marcel Torracinta, une première réunion de ces maires s’est tenue jeudi 16 juillet à Corti.
Tous ont fait le constat de la situation de blocage rencontrée pour permettre l’accession des jeunes corses à un logement à l’année, que ce soit par l’acquisition ou par la location.
Pour ce qui est de la location, comment fixer une famille au village quand il est demandé de libérer son logement durant les trois mois de pleine saison ? Et quand un logement est mis en vente, il est convoité prioritairement pour d’autres fins que de loger des habitants permanents, soit par la création d’une résidence secondaire, ouverte seulement l’été pour les propriétaires, leurs proches, leurs amis et même au-delà, ou, de plus en plus souvent, par la mise sur le marché d’un meublé touristique loué « professionnellement » par un investisseur pour qui l’achat du bien se rentabilise à travers les locations encaissées l’été via les plates-formes internet de type Airbnb.
Pour une famille corse, les revenus du travail sont comparables à ceux d’une famille de même profil d’emplois qui vivrait sur le continent. Mais il lui faut faire face à un coût de la vie plus élevé, et à un marché de l’immobilier dont les prix explosent.
Cela est dû au phénomène des résidences secondaires et à la location touristique qui, même ramenée à trois mois d’été, génère des retombées qui permettent à des investisseurs d’acquérir à un prix plus élevé, bien au-delà de ce que les banques acceptent de prêter à un couple insulaire lambda pour acquérir son bien immobilier compte tenu de ses revenus.
Dans l’intérieur, les maisons se ferment ainsi inexorablement l’hiver ; sur le littoral touristique, les actifs vivant sur place sont laissés dans la précarité immobilière malgré des emplois en CDI. Et en ville, les centres-villes deviennent des quartiers-fantômes où les commerces finissent par fermer l’hiver.
Sans une régulation telle que la permettrait le statut de résident, la population locale, particulièrement les plus jeunes, sont progressivement précarisés, leurs projets familiaux sont entravés faute de pouvoir disposer d’un logement suffisant, et le développement économique du territoire est mis en profonde difficulté.
En sonnant la mobilisation des maires qui sont au contact direct de la population et de ses difficultés, le collectif qui vient de se créer entend peser sur l’avenir institutionnel de la Corse.
Rendez-vous le 12 septembre prochain à Corti. •








