Ce vendredi 26 septembre à Biguglia, on célébrait le jumelage des villes de Biguglia et de Castiglione della Pescaia en Toscane. Une délégation d’élus et d’artisans de Castiglione della Pescaia était bien sûr présente, emmenée par sa maire, Elena Nappi, et accueillie à bras ouverts par Jean Charles Giabiconi, maire de Biguglia et tout son conseil municipal.
Présents aussi, Jean Dominici, président de la communauté de communes de Marana Golu1, Pierre Paul Pasqualini, président de l’Office de tourisme intercommunal Marana Golu, Philippe Peretti, ajoint au patrimoine de la ville de Bastia, Jean Castela de l’Institut d’études appliquées des civilisations et des espaces méditerranéens (Ineacem), qui démontrent que ce jumelage est un engagement pour l’avenir de tout un territoire.
Le principe de villes jumelées est né au lendemain de la seconde guerre mondiale pour resserrer les liens entre nations, faire œuvre de paix. Avec la construction européenne puis son élargissement, ce principe s’est développé pour encourager les échanges là où se bâtit la démocratie au quotidien et au plus près des citoyens : les communes. L’Union européenne dans sa volonté d’encourager la coopération institutionnelle, politique, culturelle, économique, sociale, a consacré le jumelage y compris entre villes et territoires qui aspirent à entrer dans l’Union.
Ce principe de jumelage pour deux villes qui se projettent ensemble est d’échanger et de coopérer. Éducation, culture, recherche, sport, économie… autant de domaines où se font et s’enrichissent les relations entre deux populations, deux territoires.

Mais le jumelage de Biguglia et de Castiglione della Pescaia s’inscrit au-delà de la coopération nécessaire au plan économique, touristique ou culturel. « Ce rapprochement n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans la continuité d’années de travail, d’échanges, de rencontres et de volonté partagée » a confié Jean Charles Giabiconi, maire de Biguglia. « Entre la Corse et la Toscane, il existe cette proximité géographique qui devient aujourd’hui proximité humaine, culturelle et citoyenne. Nous ne faisons pas que signer une convention : nous construisons un pont entre nos deux territoires ».
« Siamo due città molto sìmile » a surenchéri Elena Nappi, sindaco de Castiglione della Pescaia. « Tant’anni fà è iniziata la nostra collaborazione grazie à l’arte, la cultura… Oggi quì vogliamo stabilire una cabina di pilotagio à fin chè, sopratuttu nel periodo invernale, quando non si va al mare, possiamo scambiare à traverso la cultura, l’ambiente, la natura, il cibo, lo sporto, i ragazzi delle scuole, ma anco le persone che possono visitare, ecc. »
Deux villes voisines, au riche passé médiéval, bordées par la même mer, culturellement si proches, mais bien plus encore, qui se sont découvertes par le biais d’une histoire plus lointaine, remontant aux mystères de la civilisation étrusque. C’est ainsi que les premiers contacts ont été pris, par l’échange historique et culturel des deux régions qui ont peu à peu conforté ensemble cette approche avec la conscience que ce passé étrusque dans tout le bassin méditerranéen, s’il reste encore à découvrir dans l’extraordinaire rayonnement de cette civilisation qui a façonné l’histoire de Mare Nostrum, a aussi beaucoup à apporter à l’avenir des deux régions.
C’est en 2017 qu’a pris corps la démarche Corsica Étrusque, conduite par l’Ineacem, elle se penche sur le rôle qu’a pu tenir la Corse sur ce monde fascinant pour bâtir un « itinéraire culturel » permettant de valoriser les sites et les espaces qui y sont connectés, mais aussi « les activités artisanales, de nature, sportives, gastronomiques, oenotouristiques et d’accueil, s’inscrivant dans cette dynamique… De fait, au-delà des éléments proprement associés aux Étrusques, la philosophie de cet itinéraire est de s’appuyer sur cette référence historique pour développer et promouvoir des territoires et des activités favorisant les échanges culturels et économiques entre les régions de l’espace tyrrhénien ». En fait, quelque part déjà un jumelage en soit !
Parmi les projets, était présenté lors de ce week-end de fête, dans l’exposition plus large sur le monde étrusque au Spaziu culturel, celui de reconstituer le bateau antique Golu découvert en 1777 près de l’étang de Biguglia. Un projet passionnant. Mais l’objet du jumelage est bien plus large encore.
Concrètement comment cela va-t-il se passer ? Un comité de jumelage est mis en place dans chacune des deux communes chargées d’assurer la promotion du jumelage, de soutenir, de coordonner, de proposer des actions en différents domaines, culture, sport, échanges scolaires etc. « Le projet commun doit impliquer toute la société civile, les associations, les écoles, les clubs sportifs et les jeunes » édicte la convention de jumelage.
« Ce jumelage est une promesse, la promesse que de part et d’autre de la Méditerranée, nos communes sauront bâtir une coopération riche, concrète et humaine. Une promesse faite à nos habitants qui seront les véritables acteurs et bénéficiaires de ce partenariat. En ce jour, nous ne faisons pas seulement acte de signature. Nous faisons acte de confiance, acte de solidarité et acte d’espérance. Possa questa nuova fratenità essere la base di un futuro luminoso per le nostre due città » a conclu Jean Charles Giabiconi.
Une belle histoire à suivre. •








