U mo parè

Ci tocca à cunvince

par François Joseph Negroni

 

La commission des lois de l’Assemblée nationale a approuvé la création d’une mission dédiée à l’évolution institutionnelle de la Corse, qui sera présidée par le député Jean-Felix Acquaviva. Voyant le jour quelques mois avant le début des débats parlementaires, cette initiative permettra de réaliser un travail de fond de pédagogie, de droit, de légitimité démocratique, historique et insulaire, concernant l’autonomie de la Corse. La portée de ce projet est donc plurielle.

Tout d’abord, comme chacun le sait, l’inscription de la Corse dans la Constitution doit parcourir un chemin législatif semé d’embûches. Un débat parlementaire avec un vote favorable des trois cinquièmes du congrès est nécessaire, avec un triple risque. Le premier étant le rejet du projet de réforme constitutionnelle, ramenant la Corse à une période de doutes, de combat des idées, avant la réouverture d’un débat qui interviendra dans vingt ou trente ans, lorsque nous aurons définitivement perdu ce qui reste de notre langue, de notre culture, de notre peuple. Le deuxième étant le risque de voir le projet adopté, mais vidé de sa substance, de son contenu. Une autonomie qui n’en est pas une. Une petite régionalisation appelée autonomie pour que les conservateurs se réjouissent d’une avancée qui ne permettra en rien un développement réel de la Corse. Le troisième enfin étant le jeu politique français, tellement médiocre qu’il en est dangereux. Incapables de tenir une posture digne sur le conflit Israélo-Palestinien, se déchirant sur l’invasion Russe en Ukraine, certains des gros partis français n’ont pas peur d’enfermer leur morale à double tour pour quelques voix issues du communautarisme. Même les partis les plus traditionnels jouent au jeu du tout sauf Macron pour exister dans une période où leur impact est si faible. Étant donné que c’est ce même gouvernement Macron qui propose cette évolution institutionnelle, certains partis, à la stratégie politique douteuse, peuvent voter négativement uniquement pour se positionner contre le gouvernement. Sans penser à l’Histoire, à ce peuple, à cette terre.

Le travail à mener est donc immense, pour légitimer une lutte, qui, dans le jacobinisme moderne, semblait perdu d’avance. Mais l’espoir existe. L’espoir d’avoir une classe politique française enfin consciente des enjeux. L’espoir de voir nos parlementaires convaincre, comme ils le font depuis des années maintenant. Le travail effectué est considérable et doit continuer. L’issue peut marquer l’Histoire. •