Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2896

da u 3 à u 9 di lugliu di u 2025

U mo parè

Si on redemandait à la jeunesse corse où elle veut aller ?

jeunes corses

le 03/07/2025

Par François Joseph Negroni

Il y a des moments, dans la vie collective, où il faut oser suspendre le flot des discours adultes, le tumulte des certitudes installées, et prendre le temps de poser une question simple, presque enfantine : « Et vous, où voulez-vous aller ? » Pas vous, les gouvernants. Pas vous, les experts. Pas même nous, les militants ou les élus. Non, vous : la jeunesse corse.

À force de parler en son nom, d’imaginer pour elle, de prédire ses attentes, nous risquons parfois d’oublier l’essentiel : lui demander ce qu’elle veut, ce qu’elle rêve et qu’elle redoute. Ce qu’elle espère de ce pays que nous partageons.

Ce n’est pas une question naïve. C’est un appel à la responsabilité partagée, une invitation à l’audace. Il ne s’agit pas de confier les clés du pays à l’improvisation, mais de rappeler que la Corse de demain ne peut pas se construire sans ceux qui auront 40 ans en 2050.

Or ils sont là, les jeunes Corses. Ils existent, ils vivent, ils doutent, ils s’engagent aussi. Beaucoup plus qu’on ne veut bien le dire. Il y a ceux qui siègent déjà à l’Assemblée de Corse. Il y a ceux qui, dans les lycées, relèvent la tête, reprennent les mots de leur langue, revendiquent une place, une voix. Il y a ceux, aussi, qui participent à l’Assemblea di a Ghjuventù. Et puis il y a ceux, toujours plus nombreux, qui prennent toute leur place dans les mouvements politiques.

Mais ce serait une erreur profonde de croire que l’avenir se joue uniquement dans les cercles déjà engagés. Car une grande partie de la jeunesse ne milite pas. Elle observe. Elle doute. Elle s’interroge. Parfois elle fuit, parfois elle reste sans trop savoir pourquoi. Mais elle n’a pas disparu. Elle attend qu’on lui parle autrement.

Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est redonner à cette jeunesse un cap, une espérance, un récit. Et cela commence par une question vraie : comment rêves-tu la Corse de 2050 ?

Dans quel pays ? Avec quels liens entre les villages et les villes ? Quelle place pour la langue ? Pour le travail ? Pour la mer et la montagne ? Pour la démocratie ? Pour le peuple ?

Cette question, on ne doit pas la poser pour la forme. On doit la poser pour bâtir avec. Et pour que ce rêve ait une chance d’advenir, il faudra dire aussi l’autre partie du contrat : ce rêve ne se réalisera pas tout seul. Il demandera de l’effort. Du courage. Du temps. Mais on peut le faire. Ensemble.

Redemander à la jeunesse corse où elle veut aller, c’est ouvrir notre cap à leurs élans. C’est comprendre que l’histoire que nous écrivons ne nous appartient pas entièrement. Elle est faite pour eux. Elle sera faite par eux.

Alors il faut structurer cet espace où la jeunesse non engagée politiquement puisse s’exprimer, imaginer, dire, écrire, construire. Un moment d’écoute sincère et de mise en œuvre sérieuse. Il ne s’agit pas de flatter ni de manipuler. Il s’agit d’impliquer. L’exemple est porté par Femu Ghjuventù et l’organisation de giri dans toute la Corse pour parler à cette jeunesse.

Et nous, nous devons aussi jouer franc jeu. Dire où nous en sommes. Ce que nous avons réussi. Ce que nous avons raté. Ce que nous voulons encore faire. Et à partir de là, tendre la main, non pas pour transmettre une ligne figée, mais pour ouvrir un chantier commun. Celui d’une Corse vivante, juste, consciente de sa singularité dans un monde en mutation rapide.

Ce chantier est déjà esquissé. Il y a des bases solides. Des femmes et des hommes engagés. Des outils, des institutions, des réseaux. Il y a des espaces à occuper, des dynamiques à amplifier, des ponts à jeter entre générations. Il y a surtout une nécessité : ne pas rater ce moment.

Car si nous voulons une jeunesse présente, il faut une jeunesse qui croit que son avenir ici est possible. Qu’elle n’est pas condamnée à choisir entre ses racines et ses rêves. Et pour cela, il faut du souffle. Il faut du sens. Il faut du cap.

Alors oui, et si on redemandait à la jeunesse corse où elle veut aller ? Pas pour l’interroger poliment. Mais pour construire sérieusement. Pour donner un avenir à ce pays que nous aimons. •

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