Ce dimanche 15 septembre à 11h, Femu a Corsica organisait un rassemblement suivi d’une conférence de presse au Domaine de la pointe à Purtichju.
L’objectif était, dans un même temps, de dénoncer les logiques de spoliation, mises en œuvre sur cette presqu’île, au profit de personnes étrangères à cette terre, appliquant les mêmes mécanismes que ce qui a été fait en pleine orientale dans les années 1960 en matière de, soi-disant développement agricole, cette fois concernant le tourisme.
Puis rappeler que ces mécanismes ont encore des répercussions à notre ère en termes de spéculation foncière, d’accès au logement pour les jeunes insulaires ainsi que de dépossession. Et ce, du fait de l’appropriation de toute une partie d’un territoire par la privatisation, permettant aux propriétaires de ce domaine un entre soi social et communautaire mettant à mal toute logique d’inclusion et de vivre ensemble.
Enfin, réaffirmer l’impérieuse nécessité d’un statut d’autonomie, donnant les moyens d’une lutte acharnée et efficace contre la spéculation, la dépossession et pour l’accès au logement.
Pour résumer, permettre aux Corses de travailler et vivre au pays !
Pour mettre en œuvre sa politique en Corse, l’État a créé des organismes, sur le plan agricole la Somivac (société d’aménagement pour la mise en valeur de la Corse), celle-là même qui distribuera les terres agricoles en plaine orientale aux rapatriés d’Algérie. au détriment des agriculteurs corse. La décision aboutira à la révolte populaire et politique des évènements d’Aleria, avec l’occupation de la cave Depeille le 22 août 1975 par les militants de l’ARC.
Sur le plan touristique, la Setco (société pour l’équipement touristique de la Corse), dont il est sujet au Domaine de la pointe, suit à la lettre les préconisations du rapport de l’Hudson Institute, commandé en son temps par la Datar, en 1971, au profit d’un tourisme de masse. Elle vise ici à récupérer ces terres riches en vignoble aux fins de les diviser en parcelles et de les redistribuer pour des prix dérisoires à de riches continentaux de façon très majoritaire, souvent très proches des cercles du pouvoir central, afin d’ériger de luxueuses villas secondaires, encore une fois au détriment de la population insulaire.

Cette action de Femu a Corsica intervient alors qu’il vient d’être dévoilé que Maurice Lauré, alors directeur à l’époque des deux entités, Somivac et Setco, s’est attribué à lui-même, par le biais d’une SCI, une parcelle sur laquelle il a construit une maison, vendue en 2022 par ses héritiers pour la modique somme de 3 millions d’euros !
Si ces faits remontent à plus de 50 ans, Femu a Corsica entend bien rappeler par cette action, l’absolue nécessité d’inscrire le processus d’Autonomie en cours, dans une histoire dont les rapports entre la Corse et l’État sont ponctués d’injustices, de scandales et de torts qu’il s’agit aujourd’hui de réparer. •









