La date de la manifestation « Assassini, maffiosi, fora ! » s’approche. Au-delà des clivages politiques, toutes et tous sont appelés à rejoindre le samedi 15 novembre prochain à partir de 14h, à Bastia (tribunal) et à Aiacciu (place de la gare), la Coordination de lutte contre la mafia créée le 4 octobre dernier à partir des deux collectifs antimafias, de syndicats et d’associations*.
Pendant ce temps l’Assemblée de Corse qui a débattu à plusieurs reprises du péril mafieux, qui a donné de manière inédite une définition précise de la mafia*, vient de mettre en place une commission chargée de suivre l’évolution et les pratiques du système mafieux au sein de la société corse. Là aussi, c’est une première en France et même en Europe, si l’on excepte l’Italie. Objectifs : faire des propositions pour freiner le péril et ses méfaits sur la vie « libre, apaisée et démocratique » de notre pays.
Et même si le collectif Massimu Susini s’est dit réservé sur l’efficacité de cette commission, c’est une avancée où l’Assemblée de Corse se montre précurseur dans ce combat, malgré sa propre lenteur à mener le débat.
35 membres, dont 16 élus, 6 pour les institutions consultatives comme le Cesec, et 13 membres de la société civile, dont des membres « qui ne reconnaissent pas le fait mafieux », a commenté sceptique Jean Toussaint Plasenzotti, faisant allusion à la Ligue des droits de l’Homme qui privilégie les droits de la défense face à la nécessité de mettre en œuvre des outils répressifs pour lutter contre le pouvoir d’adaptation permanente de la mafia pour imposer ses intérêts : on l’a compris, le collectif craint la lourdeur de cette instance nouvelle, et pose la question de l’assiduité des élus et de la perte de vue de l’essentiel, c’est-à-dire les victimes et l’emprise mafieuse sur la société. En amont, il plaidait pour une commission resserrée et d’expertise sur ce sujet sensible. Ceci dit c’est un outil supplémentaire et les deux collectifs bien sûr participeront à ses travaux pour y faire entendre leur voix.
Quant à l’Assemblée de Corse, assurer le fonctionnement et l’efficacité de cette instance sera un nouveau défi. On ne peut déplorer le manque d’implication parfois des élus, et ne pas comprendre que toute leur représentation démocratique soit assurée au sein de ses commissions, même si ça fait du monde et pas toujours du monde convaincu. Le temps nous dira si elle a pu véritablement produire et si la majorité notamment a su imposer son rythme.
En attendant, pour donner force à tous celles et ceux qui luttent contre ce fléau de la mafia en Corse, qu’ils soient élus ou citoyens, membres ou non d’associations ou de syndicats, chefs d’entreprises, salariés, issus de communautés relieuses, ou du monde sportif ou culturel, tous sont appelés à rejoindre l’appel de la Coordination antimafia, simultanément en deux lieux, à Bastia et à Aiacciu à partir de 14h le 15 novembre prochain. •
*Leghje : https://arritti.corsica/comprendre-les-enjeux









