« Ce qui est incontestable, mesurable, ce sont les 30.000 personnes qui ont défilé à Corte pour les dernières assises du mouvement autonomiste le plus structuré : ARC… En 1973, au congrès du même mouvement, ils n’étaient que 2.000 ».
Ainsi commentait l’actualité corse l’hebdomadaire parisien Le Point dans son numéro du 30 juin 1975…
L’ARC analysait cet article quelques jours avant Aleria, en lançant un appel à se rassembler à nouveau le 17 août 1975 à Corti pour participer au 9e congrès du mouvement autonomiste : Le Point, disait l’ARC, « exprime, en deux chiffres, une réalité qui n’est peut-être pas aussi simple que la juxtaposition arithmétique le laisse apparaître, mais qui est la réalité extraordinairement palpable de l’adhésion du Peuple Corse à la pensée autonomiste telle que l’ARC la conçoit. Ce n’est pas le résultat d’un miracle si les deux ou trois mille participants du dernier Cateraghju se sont retrouvés à Corti dix fois plus nombreux. Quand l’ARC, sûre désormais de sa force et consciente de son audience, a donné à 30.000 Corses, le temps et l’espace pour venir lui apporter son soutien, ils sont venus. Ce qui pouvait se réaliser en quatre jours et sous un immense chapiteau, n’était évidemment pas concevable en un seul après-midi, dans une salle, si belle fut-elle. Corti 1974 a été la preuve aveuglante que l’ARC avait profondément enraciné son espoir et sa volonté dans l’âme des Corses du monde entier, plus profondément que ses militants eux-mêmes ne le pensaient. En huit ans plein de combats, l’ARC a fait passer le Peuple Corse de la passivité, de l’obscurantisme claniste, au jaillissement et à la lumière du renouveau. Rien désormais ne pourra arrêter cette marche, et surtout pas des efforts démobilisateurs du genre de la « Mission Bou », cette tentative illusoire d’obtenir le développement de la Corse par les hommes et les mécanismes qui sont responsables de sa misère.
L’ARC continue de se battre, de s’étoffer, de se structurer pour mobiliser, chaque jour davantage, les Corses à leur propre cause. La nouvelle formule d’Arritti, avec ses douze pages et ses 10.000 exemplaires, constituera très vite l’arme d’information capable de faire échec à la presse colonialiste.
Corti 1975 doit être, grâce à l’ARC, une nouvelle « Fête du Peuple Corse » en marche vers un destin d’émancipation et de progrès. »
Ces quelques lignes nous donnent un aperçu de l’ambiance qui a précédé et entouré les évènements d’Aleria quelques jours avant le congrès de Corti du 17 août 1975. Il donne les conditions de l’espoir et de la marche en avant du Peuple Corse : « se battre, s’étoffer, se structurer pour mobiliser, chaque jour davantage, les Corses à leur propre cause ».
Au fond rien n’est changé dans l’impératif besoin de sauvegarde du peuple corse. •








