Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2879

da u 6 à u 12 di marzu di u 2025

Criminalità

Un colloque anti-mafia historique !

Colloque anti mafia

le 07/03/2025

Le vendredi 28 février a marqué le début du premier colloque antimafia en Corse, organisé à Carghjese sous l’impulsion du collectif Massimu Susini. La deuxième et dernière journée, tenue le samedi 1er mars, a été consacrée aux stratégies de lutte contre la mafia sur l’île. Après la session de l’Assemblée de Corse consacrée à la mafia le 27 février, ayant duré jusque tard dans la nuit, ce colloque a pu amener des cas concrets et des réflexions profondes sur la situation insulaire.

À Carghjese, les 28 février et 1er mars, la salle de l’espace Rochiccioli est comble. De nombreux intervenants, venus pour certains du continent et d’Italie comme le professeur Michele Mosca, ont apportés leurs savoirs et réflexions sur le phénomène maffieux et toutes ses facettes.

Dès son intervention, Nicolas Septe, procureur d’Aiacciu, a abordé les moyens à la disposition de la justice pour contrer les phénomènes mafieux. Son allocution s’est tenue devant une centaine de personnes, en présence du préfet de Corse, Jérôme Filippini, qui assistait aux débats.

Le préfet a tenu des propos marquants lorsqu’un citoyen a interrogé sur les contrôles administratifs, appelant la Corse à « dépasser le passé ». Lors de cette rencontre, les procureurs Nicolas Septe et Jean-Philippe Navarre, de Bastia, ont partagé leur expérience en tant que praticiens de la justice. Ils ont notamment évoqué les perspectives d’évolution législative, alors qu’une proposition de loi pour renforcer la lutte contre le narcotrafic a déjà été validée par le Sénat fin janvier1.

L’intervention du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à l’Assemblée de Corse le 27 février a semblé libérer la parole sur la question de la présence mafieuse en Corse. Nicolas Septe a mis en avant les moyens futurs qui pourraient être mis en place, tels que le statut de repenti, le parquet national anticriminalité organisée ou encore les cours d’assises spécialisées. Face aux critiques sur une possible atteinte aux droits de la défense, il a répliqué : « Au-delà des droits de la défense, il existe un principe à valeur constitutionnelle : la recherche des auteurs d’infractions et le droit à la sécurité. »

Jean-Philippe Navarre a insisté sur l’importance d’améliorer la coordination judiciaire pour renforcer son efficacité. Il prône une approche globale fondée sur la coordination, la spécialisation des magistrats et l’utilisation de techniques d’enquête avancées.

« Le discours du garde des Sceaux à l’Assemblée de Corse a permis de mettre des mots sur la réalité corse » déclarait Nicolas Septe, procureur de la République au tribunal judiciaire d’Aiacciu, lors du deuxième jour du colloque anti-mafia ce samedi 1er mars. Invité en compagnie de Jean-Philippe Navarre, son homologue à la Cour d’appel de Bastia, il confirmait la présence d’une « mafia » en Corse et présentait les moyens nécessaires, une « boîte à outils » de moyens procéduraux pour lutter efficacement contre cette criminalité présente sur notre île. Si, comme l’a présenté Marceddu Jureczek, écrivain et professeur agrégé également invité, la Corse n’est pas « porteuse dans son ADN de violence », les procureurs de la République quant à eux faisaient savoir la nécessité d’un renfort de la justice pour la Corse.

Reprenant le projet de Gérald Darmanin présenté à l’Assemblée de Corse, il était notamment question d’une création à Bastia d’un pôle spécialisé dans la criminalité organisée avec en son sein plus de 17 magistrats afin de rendre une justice plus efficace, plus fluide, plus à l’écoute des besoins de la région. Plus encore, il était question de moyens présentés dans le projet de loi du Sénat sur la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic comme le renouvellement du statut du repenti, la protection des moyens d’enquête mais encore une création d’une Cour spéciale avec des magistrats spécialisés pour répondre aux questions des dossiers de l’île les plus délicats. Appuyant sa réflexion Nicolas Septe admettait l’existence d’une loi du silence sur l’île, une omerta qui ne permettait pas de rendre justice « il sait pourquoi il est menacé, il sait pourquoi son magasin a brûlé mais à nous, il ne nous le dira pas ». Les deux magistrats, interrogés sur la question de savoir s’il existait une réelle mafia en Corse ou s’il l’on pouvait simplement se contenter du terme de « dérives mafieuses », apportaient une réponse claire et positive. Jean-Philippe Navarre nuançait cette même réponse en rappelant qu’il n’existait pas une définition unique quant à la qualification de la « mafia », qu’elle était a contrario de formes multiples. Seulement, quel que soit son mode de fonctionnement que ce soit par alliance, par clan, par arrangement elle formait indéniablement un « groupement dont l’emprise a un impact sur les libertés d’entreprendre, d’aller et de venir, mais surtout de vivre ». Il était donc nécessaire de trouver de nouvelles images auxquelles se rattacher pour la jeunesse corse selon Marceddu Jureczek. Il rappelait le détachement que la population corse devait avoir face à ce mafieux et ce bandit corse dont l’image était répandue dans la littérature comme une violence pour l’honneur. Une violence vengeresse. Une image qui nous a tellement collé à la peau, que l’on s’en est même revendiqué. Le professeur ajoute qu’aujourd’hui plus que jamais dans une Corse en crise identitaire qui se désintéresse de sa langue, de sa culture, de son histoire il était plus qu’important de créer de nouvelles images, inspirantes, positives sur la beauté de notre culture, qui ne saurait trouver sa source dans la violence. •

Lucie B. et Lea Ferrandi.

  1. Lire Arritti : https://arritti.corsica/la-mafia-jusquau-coeur-de-letat ↩︎

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