Corsica Grana fêtait ses 10 ans ce 25 juin 2026 au parc de Salecia, évènement organisé par le Conservatoire botanique national de Corse et l’Office de l’environnement de la Corse. Arritti vous en retrace les principaux enjeux.
Corsica Grana a été mise en place par l’Office de l’environnement en 2016 dans l’objectif de « préserver et valoriser le patrimoine végétal insulaire ». Aujourd’hui, après 10 années de travail sur nos essences, c’est devenu un véritable label, et donc un atout pour notre environnement, soulignant la richesse de notre biodiversité végétale, mais aussi la volonté d’en faire un atout pour notre économie à travers la construction d’une filière de production.
En effet, « Corsica Grana garantit l’origine corse des plantes et semences produites à partir de matériel végétal issu de populations sauvages de l’île », de la récolte à la vente, en passant par la production, toutes les étapes doivent être réalisées en Corse. Ce qui induit « une filière locale fondée sur la traçabilité,
la qualité et la préservation de la biodiversité ».
Avec les évolutions du climat, mais aussi la multiplication des échanges, Corsica Grana permet à la fois de préserver et de valoriser notre patrimoine naturel, de mettre en valeur les espèces locales mieux adaptées aux conditions écologiques de l’île, de développer une filière économique ancrée sur le territoire, d’en transmettre les savoir-faire. « La marque s’inscrit pleinement dans une démarche de développement durable et de protection du patrimoine naturel corse » expliquent les porteurs de la démarche. La crise de Xylella fastidiosa a montré que notre île pouvait être victime de l’intrusion de végétaux. En 2014, une enquête du Conservatoire botanique national de Corse et de l’Areflec, a révélé que 95% des végétaux proposés à la vente en Corse étaient importés du continent ou de l’étranger (Italie, Espagne…) Et sur les 5% restant produits en Corse, une infime partie l’étaient à partir de matériel végétal provenant de Corse. Aussi, maîtriser une production locale, et surtout la valoriser pour réduire l’apport extérieur, c’est une sécurité et même un atout. Et c’est y compris le moyen de préserver la ressource en eau en travaillant sur des espèces mieux adaptées. Une collaboration du Conservatoire botanique national de Corse avec deux producteurs insulaires (Casa Fiurita et les Aromatiques de l’île de Beauté) ainsi qu’avec les associations Cap Vert, CPIE d’Aiacciu, L’Ortu di Funtana Bona, a permis de mettre en culture 35 espèces sauvages.
Ce 25 juin, producteurs, partenaires, scientifiques et acteurs du territoire étaient conviés à se réjouir du chemin parcouru et surtout à en optimiser désormais le rendu.
L’Office de l’environnement de la Corse est propriétaire et porteur de la marque, mais tout un chacun peut en détenir le droit d’usage, à condition d’en respecter le cahier des charges bien sûr. Un Comité de marque réunit scientifiques, professionnels et partenaires institutionnels, et veille à la qualité du dispositif et à la pertinence des espèces qui y sont intégrées. L’enjeu est désormais pour les collectivités de s’approprier cette opportunité en intégrant systématiquement aux appels d’offre le choix de plantes labellisées Corsica Grana, et pour les professionnels de la proposer en priorité. C’est là la feuille de route pour les 10 ans à venir pour développer une filière en pleine osmose avec des objectifs de développement durable.
Longa vita à Corsica Grana ! •
En chiffres
15 structures adhérentes
6 producteurs
4 associations
5 structures collectrices de graines
15 partenaires institutionnels
50.000 plants produits annuellement
25 espèces couramment produites
18 en cours de collecte et 10 en cours de production
45 espèces aux itinéraires techniques de collecte et production maîtrisés








