Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2908

da u 23 à u 29 d'ottobre di u 2025

U mo parè

Un pays se construit à sa base

Negroni

le 24/10/2025

Par François Joseph Negroni

Il y a dans les municipales quelque chose de profondément corse. Une forme d’intimité politique, de proximité viscérale entre les gens et ceux qui les représentent. C’est là, dans les villages et les quartiers, que se joue souvent le vrai visage de notre société. On s’y parle encore sans intermédiaire, on s’y jauge dans la vérité nue du quotidien. Et pourtant, c’est peut-être le scrutin le plus mal compris, celui qu’on réduit trop souvent à des histoires de personnes ou de rivalités anciennes. Or, c’est précisément là que se rejoue, dans les temps qui viennent, une part essentielle du destin de la Corse.

Les municipales de 2026 ne seront pas un simple rendez-vous. Elles s’inscrivent dans un cycle politique où l’enjeu n’est plus seulement de gérer, mais de refonder. De lier l’action communale à la grande question nationale : comment, demain, notre peuple vivra-t-il libre et digne sur sa terre ? Car la perspective de la révision constitutionnelle, celle qui doit enfin consacrer l’autonomie, change tout. Elle oblige à repenser l’action publique depuis le bas, depuis nos villages et nos villes, là où l’identité se construit et où la cohésion se défait.

Ce que dit la déclaration politique de Femu a Corsica, adoptée à Lavatoghju, c’est justement cela : que les municipales ne sont pas une parenthèse, mais le prolongement naturel du combat national. Que l’autonomie ne prendra chair que si elle s’enracine dans des territoires vivants, dans des politiques communales capables de répondre aux urgences concrètes – le logement, la santé, la langue, la jeunesse, la terre.

Parce que la Corse est aujourd’hui à la croisée des chemins : entre la spéculation foncière qui dévore nos villes et la dépossession culturelle qui vide nos âmes. Entre un peuple qui aspire à vivre ici et un système économique qui le pousse dehors. Entre le désir d’avenir et les réflexes de survie. Dans ce contexte, les municipales ne sont pas qu’une affaire d’élus : elles deviennent un acte de résistance, une manière de réinvestir le champ du possible.

Il ne s’agit pas d’opposer les uns aux autres, ni de se contenter de slogans. Il s’agit de faire converger les forces de progrès et les nationalistes sincères autour d’une même ambition : construire des communes corses, fortes de leur identité et ouvertes sur leur avenir. Les coalitions hétéroclites qui se forment ici ou là pour « faire tomber les nationalistes » n’ont qu’un but : nous ramener en arrière, remettre en cause cinquante ans de lutte et d’avancées collectives. Mais le peuple corse n’a plus le luxe de ces petits jeux : il veut des réponses, pas des règlements de compte.

Ce que propose Femu, c’est un contrat municipal de mandature, un engagement clair et concret pour articuler l’autonomie à l’échelle du quotidien. Le foncier d’abord : maîtriser la terre, garantir le droit de vivre et de se loger chez soi, pour les résidents corses, pour les jeunes ménages, pour ceux qui n’ont que leur île pour horizon. L’habitat n’est pas une marchandise, c’est une condition de survie. La clause de résidence, la lutte contre la spéculation, la régulation des meublés touristiques ne sont pas des mesures techniques : elles sont un choix de civilisation.

Vient ensuite la langue, ciment de notre peuple et fondement de toute autonomie réelle. La rendre visible, parlée, transmise, jusque dans les écoles, les rues et les administrations, c’est un acte politique au sens noble. Ce n’est pas du folklore, c’est la clé de notre cohésion. Une commune qui parle corse est une commune qui se connaît, qui se respecte, qui s’aime.

Mais le projet va plus loin : il relie la protection des biens communs, la transition écologique, la justice sociale et le développement équilibré du territoire. Il fait du municipal le lieu d’expérimentation de l’autonomie concrète. Sauvegarder nos forêts, gérer nos ressources, lutter contre la drogue et les dérives mafieuses, moderniser nos services publics : c’est à ce niveau que se mesure la vérité d’un engagement. Ce n’est pas dans les discours, mais dans les actes, dans la façon d’administrer, d’écouter, de décider.

Les municipales doivent redevenir une école de la responsabilité. Trop souvent, elles ont été le théâtre de clientélismes ou d’alliances contre-nature. Femu a Corsica, à travers cette déclaration, réaffirme une autre idée de la politique : celle du contrat clair, fondé sur des principes et sur la volonté de servir. Non pas « faire perdre » l’adversaire, mais « faire gagner » la Corse. Non pas s’allier par calcul, mais construire par conviction.

Et c’est cela qui compte : bâtir un réseau de communes autonomes, cohérentes, solidaires, capables de porter un modèle corse de développement. L’autonomie, si elle doit advenir, ne se décrètera pas depuis Paris ; elle se construira ici, dans chaque mairie, dans chaque conseil municipal, à travers des politiques qui incarnent ce que nous voulons être : un peuple maître de son destin.

L’esprit de Lavatoghju, c’est celui-là : refuser la résignation, refuser la fragmentation, refuser que notre île soit livrée à la spéculation et à la peur. C’est affirmer que la Corse a encore en elle la force de s’unir pour un projet collectif, moderne, enraciné, tourné vers la dignité. C’est croire que le local n’est pas l’étroit, mais le point de départ du monde.

Alors oui, les municipales de 2026 seront décisives. Parce qu’elles diront si nous sommes encore capables de penser ensemble, d’agir ensemble, de rêver ensemble. Si nous sommes encore capables de construire, commune par commune, une Corse vivante, libre et autonome.

Et face aux menaces du moment, il faudra répondre non pas par la peur, mais par la fierté. Fierté d’un peuple qui sait d’où il vient, qui n’a pas honte de ce qu’il est, et qui entend écrire son avenir. •

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