Tout en ayant occupé des fonctions dirigeantes éminentes, dans l’UPC des années 75-80, puis dans le mouvement indépendantiste au lendemain de l’affaire Bastèlica Fesch où il avait été en première ligne aux côtés de Marcel Lorenzoni, Dumè Bianchi a toujours été, avant tout, un militant. Il l’était dans ses convictions, dans ses attitudes, et dans ses actions.
Le professeur d’Histoire Géographie de Saint Paul à Aiacciu a ainsi transmis sa passion de l’Histoire de la Corse à ses élèves qui sont nombreux à avoir été des cadres nationalistes dans les générations qui ont suivi.
Le responsable UPC d’après Aleria avait eu à cœur de nouer le dialogue avec les plus radicaux. Puis les attentats barbouzards avant, au moment et après Bastèlica-Fesch, alors qu’il avait été fait prisonnier et déporté à Paris, l’ont convaincu qu’il fallait rejoindre la Lutte de Libération Nationale, ce qu’il fit une fois sorti de prison suite à loi d’amnistie promulguée par François Mitterrand après sa première élection en 1981. Mais Dumè n’a jamais été loin de ses anciens compagnons de l’UPC, et cette proximité maintenue a joué un rôle appréciable quand se sont négociées les premières politiques d’union dans les années 85-92 (UPC-MCA, Pà un Avvene Corsu), car il occupait alors des fonctions dirigeantes dans l’appareil politique indépendantiste.
Ayant rejoint le MPA lors de scission de 1990 entre canal habituel et canal historique, il a ensuite siégé à l’Assemblée de Corse comme conseiller territorial. Puis, ayant pris du retrait suite aux affrontements survenus, il a été durant deux mandatures le maire de Villanova.
Parmi les grandes fiertés de ce militant au parcours constant, il faut citer la transmission qu’il a ardemment souhaitée des grandes propriétés agricoles héritées de sa famille à Villanova, des terres exposées à la spéculation foncière aux portes d’Aiacciu et en pleine zone littorale, dont ses deux fils, par ailleurs syndicalistes agricoles, dirigeants de Via Campagnola, assurent depuis des années une exploitation exemplaire en élevage.
Di Dumè Bianchi firmarà u ricordu d’un militante fieru è sinceru. Arritti perde un amicu fidu, à fianc’à noi dapoi u principiu sin’à a so morte. Era cusì Dumè Bianchi, sempre à fianc’à tutte e lotte di u pòpulu corsu. Ch’ellu riposi in pace.
Arritti manda e so cundulianze triste è afflitte à Paulu è Ghjuvan Dumènicu, i so figioli, à Pasquale a so figliola, à Michela, a so cumpagna, è à tutta a so famiglia. •








