Arritti a rendu hommage à Noëlle Vincensini la semaine dernière, ses amis de Sinemassoci, car elle a temps apporté aussi au cinéma corse, lui rendent cet hommage que nous publions bien volontiers.
Vous avez certainement lu sur les réseaux sociaux ou vu dans les médias les hommages légitimes et sincères rendus à Noëlle Vincensini, résistante, militante des droits de l’homme et cheville ouvrière d’Avà Basta. Ce que l’on sait moins c’est que Noëlle Vincensini était non seulement tout cela mais aussi une réalisatrice (Da fassi una spulendata, Da a piaghja à a muntagna, Stonde…) et qui a été à l’origine (avec d’autres) en 1981, de la création de l’association « Sinamassoci » in Corti : « Structure de réflexions, propositions, formations diverses, pour une véritable production audiovisuelle dans l’île. »
On ne comptera pas les nombreux courriers, déplacements d’Aiacciu in Corti, les contacts divers avec des élus corses (très nombreux défavorables au projet) ou les instances du CNC (centre national du cinéma à Paris) pour que soit signée en 1982 la première convention pour que naisse : « Un atelier régional de création audiovisuelle en Corse ». C’est grâce à l’achat de matériels divers (prise de vues, sons, éclairage, travelling, banc de montage…) que les premiers tournages professionnels voient le jour en Corse. « Sinemassoci » crée alors une dynamique qui sera malheureusement interrompue par l’arrivée en 1983 de Pascal Arrighi (FN) comme responsable de la culture et des finances à l’assemblée de Corse. « Une véritable chasse aux sorcières débute dans le domaine culturel » dira alors Natale Vincensini. Cela ne l’empêchera pas avec d’autres créateurs de poursuivre leur aventure en ajoutant, pendant les tournages, des formations diverses, gratuites pour les jeunes passionnés, avec notamment un grand ingénieur du son Antoine Bonfanti pour n’en citer qu’un car ils sont nombreux (Michel Tomasi, Henry Graziani, J.C Bois…). Cela permettra aussi par la suite à des étudiants de rejoindre Sinemassoci avant la création, quelques années après, d’un pôle cinéma à l’Università. C’était là aussi, un projet précurseur (entre autres) qui avait été proposé aux instances officielles dès la création de l’association.
Sous la présidence de « Natà » comme on l’appelait familièrement, près d’une cinquantaine de films ont été réalisés en Super 16mm avant l’arrivée de la vidéo professionnelle. Puis Sinemassoci disparaitra progressivement (jusqu’en 2013), faute de crédits régionaux, ou, crédits tellement ridicules qu’ils permettaient au mieux de payer l’assurance du matériel.
De nombreux réalisateurs, réalisatrices, étudiants doivent beaucoup à Natale Vincensini et ont certainement, aujourd’hui, une pensée émue pour elle et pour l’ensemble de sa famille.
Et parce que Natale aimait aussi défendre la langue corse, on ne peut terminer ce texte sans dire : Riposa in pace cara amica di core, tù chì si sempre stata una « Pacera » in stu mondu di scemi è un fanale chì splenderà sempre à mezu à e stelle. Chì a to vita sia un esempiu pè a ghjuventù oghjinca è fà ch’elle ribòmbanu sempre e to parolle tremende di ghjustizia è di sulidarità. •
Les « Historiques » : D.Gambini, D.Maestrati, D.Tiberi, M.J.Tomasi, sans oublier notre ami disparu Jean Simon Peretti que nous associons à cet hommage.








