D’Aiacciu à Purtivechju en passant par Sartè, d’Alata à Bastia en passant par Corti, qu’elles soient formalisées ou en cours de concrétisation, des démarches de convergence patriotique apparaissent un peu partout en Corse.
Ceux de ma génération ne connaissent ce type de rassemblement aussi large qu’à travers des démarches nationales, et en particulier celle de la grande heure « Pè a Corsica ».
À l’heure du bilan, force est de constater que si elle nous a menés à la victoire que nous connaissons, cette démarche de rassemblement a fini par céder aux logiques partisanes qui ont repris le dessus.
Si certains torts sont évidemment partagés et que personne ne détient réellement la vérité seul, la pression venue de Portivechju a sans doute joué un rôle important.
Est-ce que finalement ce ne serait pas à l’échelon municipal que l’union la plus large pourrait tenir dans la durée ?
L’union à la base, au plus près des militants et au plus loin des sièges partisans.
À Bastia, Core in Fronte participera à la démarche « Bastia Inseme » portée par Gilles Simeoni et la majorité municipale sortante composée de Femu a Corsica et de forces de progrès.
Ce rassemblement bastiais n’est pas anodin à l’heure où le président du Conseil exécutif retourne à Bastia, là où tout a commencé pour lui, et au-delà de sa personne, la première expérience d’un nationalisme municipal de cette ampleur et les prémices des victoires nationalistes successives.
En parallèle à Sartè, c’est Paul Félix Benedetti qui est à la tête de la démarche « Aiò Sartinesi », regroupant militants nationalistes de Core in Fronte et Femu a Corsica ainsi que des personnalités progressistes.
À Corti, Marceau Simeoni travaille également à l’émergence d’une démarche de rassemblement qui, pour l’heure, n’a pas été concrétisée.
Dans le Pays ajaccien où les enjeux sont multiples, certaines communes voient émerger des démarches patriotiques, comme à Villanova où le nationaliste Natale Casasoprana, qui fait campagne depuis plusieurs mois maintenant sous la bannière « Villanova paese vivu », affrontera sans doute le maire sortant qui n’a pas encore officialisé sa candidature ; ou encore à Alata où Véronique Pietri portera la liste « Alata tarra viva », liste de rassemblement avec notamment la présence de militants Femu a Corsica, contre le maire sortant.
À noter que les maires de Villanova et Alata sont tous deux proches de l’exécutif intercommunal actuel.
Comment ne pas parler de Cutuli è Curtichjatu où le sortant, le nationaliste Jean Biancucci qui rassemble autour de lui une équipe élargie à d’autres sensibilités nationalistes, devra faire face cette année à une liste d’opposition menée par Paul Corticchiato, mari de la seconde adjointe à la mairie d’Aiacciu et proche de la majorité bonapartiste, liste que l’on peut difficilement imaginer autrement que téléguidée.
On peut légitimement se questionner sur les raisons qui ont conduit le PNC à se positionner sur Aiacciu alors que les discussions autour de Jean-Paul Carrolaggi avaient abouti.
C’est donc en cohérence avec l’opposition à cette stratégie que Femu a Corsica et Core in Fronte porteront une démarche alternative à la politique du sortant à Portivechju ; elle vient d’être officialisée par Vanina Chiarelli-Luzi et sera présentée prochainement.
À Aiacciu, c’est sans doute là qu’une démarche d’unité nationale a émergé le plus tôt, sous la volonté des militants ajacciens des différents courants nationalistes de la ville, la démarche « Aiacciu Vivu » portée par le Docteur Jean-Paul Carrolaggi.
C’est d’ailleurs sans doute une des rares démarches où toutes les sensibilités nationalistes sont représentées d’une façon ou d’une autre, vous pourrez le constater le 6 février prochain au palais des congrès d’Aiacciu pour la présentation de la liste.
Elle devra faire face à la majorité bonapartiste sortante, à l’extrême droite franco-française de la girouette Filoni, ains qu’à la liste annoncée par le jeune secrétaire national du PNC.
On peut légitimement se questionner sur les raisons qui ont conduit le PNC à se positionner sur Aiacciu alors que les discussions autour de Jean-Paul Carrolaggi avaient abouti depuis un moment maintenant, que le PNC y était représenté et que d’ailleurs certains de ses principaux cadres ont rejoint la démarche.
Quel intérêt a le PNC de tenter d’affaiblir le rassemblement ?
En fait, si on élargit un peu le champ de vision, on se rend compte que cela participe d’une stratégie globale.
À Bastia, le PNC participe à la soupe anti-nationaliste de Morganti ; à Portivechju, où il gouverne il se rapproche de la majorité de droite précédente ; à Cutuli, ils appuient officieusement le même candidat que la droite ajaccienne. Et à Aiacciu ? Quel intérêt a le PNC de tenter d’affaiblir le rassemblement ?
Je ne me permettrais jamais d’attribuer des certificats de nationalisme aux uns ou aux autres, et donc je ne juge pas le PNC et ses militants, mais plutôt la stratégie déployée par ses leaders qui, selon moi, ne servent pas les intérêts de la nation.
Nous verrons au sortir de ces municipales les premiers résultats des différentes stratégies. Une chose est sûre, c’est que, gagnante ou perdante, la stratégie du rassemblement patriotique est, en termes d’honnêteté et de sincérité, la seule qui vaille face à l’histoire collective qui est celle des nationalistes.
L’heure est donc à la clarification. •
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