Langues régionales Le tildé a gagné !
En Bretagne et au Pays Basque, les petits Fañch ou Iñaki n’auront plus leurs parents envoyés devant les tribunaux pour avoir enfreint la sacro-sainte constitution française en donnant à leur enfant un prénom s’orthographiant avec un tildé « contraire à la langue française », et donc prohibé en application de l’article 2 de la Constitution qui énonce que « le français est la langue de la République ». Une dépêche AFP du 3 mars dernier a révélé que « à la demande du ministre (Gérald Darmanin), une instruction de la directrice des Affaires civiles et du sceau (DACS) a été envoyée le 23 janvier aux procureurs de Pau et de Rennes pour leur dire de ne plus judiciariser ces situations ».
Pour expliquer sa décision, le ministère de la Justice a déclaré « vouloir respecter les choix individuels des parents » et « ne pas engorger inutilement les juridictions ». Le renoncement aux poursuites par l’État revient à légaliser de fait la liberté des parents de choisir ces prénoms pour leurs enfants. L’obstination des parents qui ont défendu leurs choix « régionalistes » y compris devant les tribunaux a donc mis en échec le Conseil constitutionnel qui avait jugé bon en 2021 de censurer l’article 9 de la loi Molac, pourtant votée par le Parlement : « Les signes diacritiques des langues régionales sont autorisés dans les actes d’état civil ». Il s’agit donc là d’une victoire pour les défenseurs des langues régionales. Mais la route est encore longue pour obtenir la co-officialité dans le droit français. Prochaine étape : les débats sur le futur statut d’autonomie de la Corse fondé notamment sur la reconnaissance d’une « communauté historique, linguistique et culturelle ». L’entrée de ce concept de « communauté linguistique » dans la modification constitutionnelle proposée par le gouvernement, sera débattu à partir du mois de mai au Sénat.
Cette inscription dans la Constitution obligerait le Conseil constitutionnel à réviser sa doctrine quant à son interprétation de l’article 2. A vrai dire, que la langue corse soit officielle en Corse ne contrarie aucunement le fait que « le français est la langue de la République », y compris sur l’île. Sauf à être borné comme un constitutionnaliste français, la cohabitation du français et des langues régionales est tout à fait concevable. L’affaire du « tildé » breton et basque nous fait progresser dans cette voie. •

Logement Un toit pour restaurer la dignité
L’association Per Campà in Pace a été créée à l’initiative du Cardinal Bustillo et de personnalités, tel le Dr François Pernin, principal animateur de la Coordination inter-associative de Lutte contre l’Exclusion (CLE).
Objectif : faire appel à la générosité de donateurs pour rassembler des fonds qui serviront à encourager la remise en état de logements sociaux, aujourd’hui fermés faute de moyens suffisants pour mettre en route ces chantiers. Quelques chiffres : 8.000 demandes en attente de logements sociaux dans l’île, contre seulement 893 attributions tous bailleurs sociaux confondus chaque année. On estime à 500 les logements sociaux vacants (non loués) qui attendent d’être remis en état au sein des deux offices publics qui ont conventionné avec Per Campà in Pace pour participer à cette opération. L’urgence sociale est de les rénover pour les mettre en location auprès de personnes en situation de précarité. Per Campà in Pace lance cette grande opération dans l’espoir de recueillir 100.000 euros cette année, voire de pérenniser l’opération. Tout un chacun peut y participer, la moindre somme que vous pouvez donner comptera pour offrir un toit à une personne, voire à une famille dans le besoin.
« L’engagement de l’Église dans cette démarche s’inscrit pleinement dans la doctrine sociale de l’Église, qui rappelle que toute personne a une dignité inaliénable, que le droit à un logement décent est fondamental, que la solidarité est une responsabilité collective. Donner un toit, c’est restaurer une dignité et rendre l’Évangile visible dans la réalité sociale » explique l’appel de Per Campà in Pace. Pour l’Évêque de Corse, le Cardinal François Bustillo, « l’Église n’est pas un opérateur du logement. Elle ne se substitue ni à l’État, ni aux collectivités, ni aux bailleurs sociaux. Mais elle ne peut pas rester indifférente lorsque la dignité humaine est atteinte ». L’église participe à cette opération par un don qui permet de lancer la remise en état de deux logements.
Cet appel s’adresse à tous : particuliers, entreprises, mécènes. Envoyer vos chèques libellés à l’ordre de l’association Per campà in pace – Campagne « Donner un toit », à l’adresse suivante : Évêché d’Ajaccio – 8, boulevard Sylvestre Marcaggi – 20000 Aiacciu. •








