Élus et militants Femu a Corsica se sont réunis à Miomu ce 23 mai pour interpeller sur le projet de parc éolien flottant au nord du Cap Corse à la limite des eaux territoriales entre la France et l’Italie. Les travaux doivent démarrer en 2028 pour une mise en service prévue en 2033.
Nommé Atis et porté par le groupe ENI (Ente Nazionale Idrocarburi), le projet serait le plus grand parc éolien de Méditerranée. Situé entre les îles de Capraia et de Gorgona, son implantation interroge.
48 éoliennes de 280 mètres de hauteur chacune avec des pales de 75 mètres de long, soit une envergure supérieure à plus de 100 mètres, sur une surface de 264 m2, et quatre câbles sous-marins de 67 à 75 mètres de long, le tout à seulement 27 kilomètres de la Corse, bien plus proche de l’île que de la Toscane qu’il alimentera.
Femu a Corsica juge le projet pour le moins « surdimensionné » et pose plusieurs questions : quid de l’impact environnemental, sur la biodiversité, sur les fonds marins, sur les oiseaux migrateurs ? Quid du sanctuaire Pelagos et de sa faune déjà bien perturbée par l’important trafic maritime dans le sanctuaire ? Quid du Parc marin du Cap Corse et des Agriates ? Quid de la ressource halieutique et de la pratique de la pêche ? Quid de la sécurité maritime ?…
Pour François Martinetti, secrétaire national de Femu a Corsica, à « une inquiétude écologique très forte dans un lieu remarquable » s’ajoute un problème politique de fond : « Encore une fois, les Corses n’ont rien à dire, ni ne peuvent avoir de retombées économiques sur un projet qui représente quasiment toute la consommation énergétique de Corse, ni ne peuvent avoir le pouvoir de dire non, ou de faire mieux, ou de changer le projet… donc ça pose la question de l’autonomie. Pour Femu a Corsica, l’autonomie c’est la solution pour avoir des compétences législatives sur la mer, sur la pêche, mais aussi sur l’environnement et sur la Méditerranée, nous permettant d’avoir une véritable coopération transfrontalière. »
Les inquiétudes se font jour également en Italie, où les associations de défense de l’environnement s’inquiètent du lieu d’implantation sur une zone particulièrement fréquentée, sensible d’un point de vue environnemental, et dont l’impact semble insuffisamment mesuré. •
En Corse, une enquête publique est en cours jusqu’au 5 juin. Participez !









