U Scontru d’Arritti se tenait ce samedi 24 mai à l’auditorium du Musée de Bastia, avec le soutien de la fondation Mauritz Coppieters, présidée par Antonia Luciani. Les dérives du tourisme et de la spéculation immobilière ont un impact destructeur sur les identités de territoires qui n’ont pas toujours les moyens d’y faire face. C’est vrai en Corse, c’est vrai aussi en France et en Europe. Ces échanges d’expériences très enrichissants permettent de mieux cerner les solutions et de rassembler nos forces.
I Scontri d’Arritti ont nourri bien des débats ces soixante dernières années, faisant émerger des idées nouvelles, parfois même en allant plus loin. Dans les années 90, la Ghjurnata d’Arritti fut le point de départ d’une construction fondamentale au niveau économique et social : la démarche Femu Quì, société de capital-risque à base d’actionnariat populaire pour créer de l’emploi productif. Plus récemment encore, en poussant à la création d’un réseau associatif d’enseignement immersif en langue corse. Scola Corsa est aujourd’hui sur les rails et prend un rôle leader au sein de la fédération Eskolim qui regroupe l’ensemble des réseaux d’enseignement immersif associatif basque, breton, catalan, occitan, alsacien, et bien sûr corse. La démarche impulse une dynamique nouvelle jusque dans l’enseignement public qui tend à dynamiser la méthode de l’immersion. Le sérieux de Scola Corsa est reconnu au point d’obtenir une contractualisation avec l’État pour la prise en compte d’une partie des charges de ses enseignants. Notre hebdomadaire, par ses plaidoiries, ses mises en relation, ses espaces d’échange, a sans doute contribué à convaincre du besoin d’un tel réseau associatif. Arritti a pesé dans tous les grands débats qui ont fait avancer la Corse depuis 60 ans, au niveau de la langue, l’économie, l’agriculture, la fiscalité, l’environnement, la sortie de la violence politique, les avancées institutionnelles, etc., avec toujours une même ligne : l’autonomie comme outil pertinent à la transformation démocratique de notre société.
« Ce débat est dans la continuité du travail commencé depuis plusieurs années… lutter contre les phénomènes spéculatifs qui viennent à la fois d’un modèle touristique prédateur de ressources, mais également un développement économique qui a tendance à importer de la main d’œuvre et donc contribue aux déséquilibres et aux possibilités que l’on peut avoir de continuer à transmettre la langue et la culture » a introduit Antonia Luciani.
Devant elle, un parterre de militants, d’associatifs, d’élus, dont le maire de Bastia, Pierre Savelli, ou le conseiller exécutif, ancien député, Jean Félix Acquaviva, des responsables nationalistes comme Livia Volpei, secrétaire nationale adjointe de Femu a Corsica, ou Gérard Dykstra de Core in Fronte.
Avant d’ouvrir le débat, Florian Riolacci, 26 ans, qui incarne la nouvelle génération qui s’investit au sein de la rédaction d’Arritti, retrace en quelques mots l’histoire du titre, fondé par Max Simeoni : « c’est le plus ancien journal nationaliste corse, ancré dans l’histoire, mais aussi et surtout tourné vers l’avenir, avec des mutations, une nouvelle équipe rédactrice, un nouveau site internet, on essaie de lancer une nouvelle dynamique, d’entretenir la flamme, avec le retour des Scontri d’Arritti, un podscat bientôt pour les 50 ans des évènements d’Aleria avec le témoignage des anciens militants, la numérisation des anciens numéros en collaboration avec Coppieters. C’est un journal en perpétuel mouvement et une équipe motivée à animer la flamme allumée il y a 60 ans par ses fondateurs, que je vous invite à soutenir en vous abonnant ! »

Trois intervenants, trois territoires, trois expériences.
Peio Dufau, député basque d’EH Bai à l’Assemblée nationale, Paul Videsott, de l’Université de Bolzano, au Tirol, Frank De Boer, responsable politique en Frise au Pays-Bas, étaient les invités d’Arritti, trois territoires soumis à une forte pression touristique et immobilière et qui développent des démarches pour enrayer ces phénomènes et conserver leurs identités. Côté Corse, c’est Michel Castellani, député de la première circonscription de Haute-Corse, qui défendait le combat mené dans l’île.
Le territoire ladin est constitué de cinq vallées au cœur du massif des Dolomites, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, donc soumis à une forte attraction touristique. « La vallée est l’unité géographique la plus importante… le territoire est compact du point de vue géographique mais divisé du point de vue administratif… trois vallées entrent dans la région autonome du Trentino Sud Tyrol, et à l’intérieur deux vallées, Fodom et Cortina d’Ampezzo, font partie de la province de Vénétie et n’ont pas de statut d’autonomie. Cette division politique administrative a pour conséquence qu’il n’existe pratiquement aucune loi, à l’exception de la Constitution italienne, qui s’applique de la même manière sur l’ensemble du territoire ladin » explique Paul Videsott qui développe les méfaits d’un tel déséquilibre pour les vallées qui ne disposent pas de ce pouvoir autonome. Dans la province de Bolzano « habilitée à adopter des dispositions législatives dans les domaines de l’aménagement du territoire, le droit de l’urbanisme, la construction de logements subventionnés, le tourisme et l’hôtellerie, la spéculation immobilière, étroitement liée au tourisme », la langue se développe, pendant que les vallées de droit commun sont exposées à la pression démographique et la langue régresse. L’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco, le plus grand réseau mondial de ski, les JO de 1956, tout cela a eu pour conséquence une dilution de l’identité ladine du fait d’une forte immigration italienne. Dans les territoires moins protégés au niveau institutionnel, les ladins sont désormais minoritaires. Le tourisme a entraîné de la richesse, pour l’artisanat, pour l’agriculture, avec un revenu moyen déclaré supérieur à la moyenne italienne dans les territoires autonomes, où il s’est développé davantage que dans les vallées relevant du droit commun. Mais la pression immobilière commencé dans les années 60, est très forte avec des pourcentages de résidences secondaires qui dépassent partout la limite tolérable de 10 %, et jusqu’à 110 % ! C’est une catastrophe aussi d’un point de vue architectural, avec des constructions qui dépassent la surface de l’ensemble de la commune qui les accueillent ! « On n’arrive plus comme ladins à acheter les appartements, c’est vraiment un grand problème » dit Paul Videsott. « Les ladins sont contraints d’émigrer. Ce n’est plus une émigration par la pauvreté comme au XIXe siècle, c’est l’impossibilité de rester chez nous. » Plus d’enseignement du ladin, plus de proportionnelle qui les respecte comme dans les vallées autonomes, plus de possibilité d’utiliser la langue dans les lieux publics, « normalement dans deux générations, ces ladins seront assimilés et auront disparus » s’inquiète notre invité.
« En 2019, le gouvernement du Tyrol du Sud a proposé de limiter la production de logements et de bloquer toutes les municipalités où il y avait déjà plus de 10 % de résidences secondaires. » Après des protestations massives des lobbys spéculatifs, elle a été suspendue. Une autre loi est à l’étude, qui envisage de réserver toutes les constructions aux seuls résidents. « Mais de nouveaux les lobbys marchands s’y opposent » dit Paul Videsott pour qui « les lois européennes doivent être adaptées pour les minorités. »
« La langue, qui jusqu’à maintenant a très bien résisté, et notre minorité sont en péril. Il faut absolument avoir la possibilité de limiter cette spéculation chez nous comme chez vous » conclut-il.
« Les phénomènes spéculatifs contribuent aux déséquilibres et aux possibilités que l’on peut avoir de continuer à transmettre la langue et la culture. »
Antonia Luciani
Même grande attractivité touristique du côté de la Frise, Frank De Boer était assisté de Faustina Bitton, interprète. « La disponibilité de logement est particulièrement tendue. La Frise au Pays-Bas et la région frisonne en Allemagne font partie de la zone côtière qui s’étend des Pays-Bas jusqu’au Danemark » présente Frank De Boer. « La mer des Wadden est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco et se caractérise par le plus grand système de vasières et de bandes de sable. … Les îles frisonnes et leurs dunes constituent une barrière face à la mer du nord. » La beauté de la région est à couper le souffle comme l’atteste le diaporama projeté. Les îles possèdent une faune très riche, avec notamment des phoques et de nombreuses espèces d’oiseaux.
Flylân, Skylge, Amelân et Skier, les quatre îles frisonnes ont une population qui va de 1.000 à 5.000 habitants permanents, pour un total de 11.000 personnes. Distantes de 5 à 25 kilomètres du Continent, elles sont accessibles par ferry (entre 45mn et 2h de trajet).
« Le frison est parlé par 65 % des personnes et comprise par plus de 80 % sur une population de 665.000 personnes » explique Frank De Boer, « pour la majorité, elle est leur langue maternelle et le nombre qui peuvent l’écrire est faible, 16 %. Cela souligne les lacunes considérables dans le système éducatif. » C’est donc une langue essentiellement orale, parlée également dans deux régions en Allemagne, le Frison Saterland qui compte entre 1.500 et 2.000 locuteurs, et le Frison septentrional, 10.000 locuteurs. Les îles sont un cas particulier, Flylân est de langue néerlandaise, Skylge possède deux dialectes frisons distincts, l’un qui mixte frison et néerlandais, comme dans l’île d’Amelân, et un dialecte frison spécifique. Toutes ces îles ont leur propre dictionnaire, mais « le nombre de locuteurs est très modeste et ces langues sont donc par conséquent vulnérables » dit encore Frank De Boer. Le tourisme est la principale source de travail et de revenu pour les habitants. Jusqu’à 70 % des emplois dépendent de ce secteur.
« Les gouvernements locaux et régionaux reconnaissent l’importance de développer une politique du logement équilibrée. Ils encouragent une saison touristique plus étalée, afin que les travailleurs du tourisme aient un revenu durable et moins divers, préconisent la construction de nouvelles maisons qui donnent la priorité aux familles ayant un lien avec les îles ou qui y travaillent, et se concentrent sur la préservation de la qualité de vie, des communautés, et le maintien des services publics » expose encore Frank De Boer.
Mais cette attractivité « a provoqué l’envolée du prix des logements. En fonction de l’île et du type de logement, les prix peuvent être de 20 à 90 % supérieurs au continent. Le coût élevé de la vie est un problème. Le nombre de personnes âgées est en augmentation. Elles sont moins impliquées dans les associations et la communauté. Il est de plus en plus difficile d’acheter ou de louer un logement pour les jeunes ménages. Ce qui rend difficile l’embauche pour les entreprises et crée des problèmes pour le maintien des écoles ouvertes. »
Des politiques et règlementations spécifiques ont été mises en place, sur les îles, mais aussi dans des municipalités sur le continent qui subissent une pression immobilière. On distingue les logements résidentiels des logements de vacances qui ne sont pas concernés par ces politiques, afin que « les logements résidentiels ne soient pas utilisés de façon illégale comme des logements de vacances. » Sur l’île d’Amelân par exemple, il faut une autorisation pour acheter les logements de moins de 620.000€ ou louer pour moins de 800€, de même que pour les locations municipales et les locations saisonnières dédiées au tourisme. « Le candidat qui souhaite louer ou acheter se voit délivrer ce permis s’il remplit les conditions suivantes : avoir un lien économique ou social avec ces îles. S’il n’y a pas de candidat, on se contente seulement de liens sociaux, et si le logement disponible est publié deux fois sans succès. »
« Des exceptions [aux lois européennes] sont autorisées. Les prix plafonnés se fondent sur des études approfondies et un nombre suffisant de logements sont disponibles pour les personnes qui en ont véritablement besoin. »
D’autres politiques et réglementations existent sur l’île d’Amelân, pour réguler les logements vacants : « si un logement résidentiel n’est pas utilisé sur une période de plus de six mois, le propriétaire a l’obligation d’en informer la municipalité. S’il est vacant pendant plus de 12 mois, la municipalité peut proposer un nouvel occupant. »
Autres mesures : réguler la fusion de deux logements en un, créer une location saisonnière au sein d’un logement existant, permettre aux entreprises de construire des logements pour le personnel temporaire saisonnier, ou encore pour les municipalités d’encadrer la location de ces logements résidentiels saisonniers, l’emprunt pour les primo-accédants, la construction de logements abordables dans le cadre d’un accord entre la région Frise et les autorités nationales. « Les quatre île bénéficient de subventions nationales afin de faciliter la construction de 485 nouveaux logements d’ici 2030, soit 100 sur Amelân qui est l’île la plus active en matière de politique du logement. Les autres îles sont en train de lui emboîter le pas. »
Pour le Parti national frison, les îles sont « un véritable laboratoire pour la mise en place de politiques du logement transposable à d’autres communautés sur le continent ». Début 2025 le parlement des îles Baléares s’est inspiré de cette loi, permettant l’application en Méditerranée des politiques frisonnes.

L’euskara est considéré comme « la plus vieille langue autochtone d’Europe, elle a traversé des millénaires mais sur les 100 dernières années elle a souffert comme jamais ça n’est arrivé », résume Peio Dufau. « Depuis toujours des gens sont passés chez nous, et depuis toujours on a réussi à garder notre langue. Malheureusement avec la politique linguicide française, et les réalités qu’on connaît, notre culture souffre. »
Ciboure, sa commune, « en moins de dix ans, a perdu presque 15 % de la population. Et pourtant on a construit entre temps… énormément de logements se sont vendus en résidences secondaires ou à des investisseurs pour faire du meublé de tourisme. »
Les seuils de résidences secondaires explosent. À Guéthary « petit village magnifique où on a toute la jetset française, on a 55 % de résidences secondaires. C’est une catastrophe ! » Conséquence… « On a plus une seule possibilité en Pays Basque de louer un logement à l’année, à part les logements sociaux. Tout le monde essaie de spéculer et de faire du meublé de tourisme. »
Même chose à l’intérieur des terres, « la menace pèse sur les anciens corps de ferme, et surtout sur les terres agricoles. »
Autres effets collatéraux : « sur la côte les écoles ferment, la population vieillit, les jeunes ne peuvent pas acheter et s’installer. Les gens qui font vivre le pays, sont obligés de rentrer dans les terres, et la spéculation qui était relativement cantonnée sur la côte il y a une décennie ou deux, gagne l’intérieur, ça crée des problèmes énormes. »
« C’est une spirale infernale au niveau des prix qui est en train de tuer le territoire » déplore encore le député basque.
Heureusement des solutions citoyennes ont été mises en œuvre. « Pour notre langue on a créé Seaska il y a bientôt 60 ans, un système associatif d’école immersive, qui fait que le nombre de locuteurs se maintient, plus de 50 % des enfants qui rentrent à l’école apprennent l’euskara, c’est une dynamique militante volontaire à la base qui a forcé y compris l’Éducation nationale à créer des sections immersives. »
« À Ciboure, quand on a pris la majorité en 2020, en majorité de gauche avec une forte ossature abertzale, on a rédigé un PLU, avec 75 % de logements sociaux à partir de 30 logements créés, c’est le seul moyen de trouver des logements pour les habitants du territoire. »
« On a un milieu associatif militant très dense » explique encore Peio Dufau, « Alda créée il y a 6-7 ans, veut dire “changer”. Sa priorité c’est le logement » Actions contre les baux frauduleux, poursuites au tribunal, accompagnement de citoyens, « ça a permis de sensibiliser et de défendre la population face au problème. »
L’agglomération Pays Basque créée en 2017 a également mis en place une clause avec une règle de compensation obligatoire : « pour un meublé de tourisme, il faut créer un logement loué à l’année. Personne n’est capable de le faire, ça vient entraver complètement la location RBnB. »
Ignaqui Echaniz, député socialiste entre Béarn et Pays Basque, a travaillé avec Alda une loi pour les meublés de tourisme qui permet de rééquilibrer la fiscalité, mettre en place dans les documents d’urbanisme les zones à risque et empêcher l’installation de nouvelles résidences secondaires.
De même, sur le foncier agricole, une loi passée en première lecture avec une écrasante majorité permettra à la Safer de prendre la main sur les terres agricoles dans les fermes pour obliger les propriétaires qui n’y viennent que pendant les vacances, à les attribuer aux agriculteurs. « Au Pays Basque, on vit de l’agriculture, c’est l’essentiel de notre territoire, il faut que la terre agricole reste aux agriculteurs. Cette loi devrait passer au Sénat entre septembre et octobre. »
Enfin, toutes les municipalités ont mis en place la surtaxe sur les résidences secondaires à son plafond de 60 %, mais associée au règlement sur le RBnB, « on s’est rendu compte que les gens les déclarent comme des résidences principales. Ça a trois effets sur les communes : l’impôt ne rentre pas, les nuitées RBnB augmentent, le nombre de logements sociaux est calibré sur les résidences principales. Pour des communes déjà carencées comme Biarritz, il y a 1.000 fraudes présumées à la résidence principale, ce qui oblige Biarritz qui paie déjà 3M€ par an d’amende pour ne pas respecter la loi SRU, à construire 250 logements sociaux supplémentaires. On a interpellé le gouvernement pour arriver à caractériser les résidences principales des résidences secondaires, il faut trouver une solution. »
Enfin « notre culture a un problème majeur, la constitution française, quand on dit qu’il n’y a qu’une seule langue, le français, cela met des bâtons dans les roues pour construire une vraie politique qui permettra de préserver nos langues et cultures. »
« II n’y a pas un mot sur le statut fiscal ! Comment traiter le problème de la spéculation hors d’un statut fiscal ? Le logement, la création des entreprises, la vie sociale, les droits de succession… il va falloir continuer le combat. »
Michel Castellani
Pour Miché Castellani, il y a un problème dont on ne parle pas : la démographie. « En 1960, on était 3 milliards sur terre, aujourd’hui on est 8,2 milliards. La réalité est là… » Et avec la fécondité moyenne des pays en voie de développement, « ce potentiel est doublé à chaque génération. »
« La France de la libération c’est 39M d’habitants, oghje ci n’hè 69. Ce sont des personnes qu’il faut loger, soigner, éduquer… En Corse, sur 10 ans, on a pris 32.900 habitants et il y a eu 5034 décès en plus des naissances… c’est une croissance très forte, tractée par un très puissant mouvement migratoire » expose le député corse. « Ça pose des problèmes nombreux, d’abord sur le contenu de la société, au-delà des différences individuelles qui sont sacrées, il doit d’abord avoir un lien dans une société, un projet commun, des valeurs sociétales communes. »
Sur la question du logement, les municipalités doivent répondre avec les contradictions entre les différentes lois et les réalités du territoire, dit encore Michel Castellani. « En France, il y a 9,9 % de résidences secondaires, en Corse 28,8 %. Ça veut dire pression sur les prix et ipso facto un reclassement par l’argent, et la mise en place d’une société résidentielle, c’est-à-dire de très gros profits d’une part et d’autre part énormément de précarité. Une société à deux vitesses, c’est ça l’économie résidentielle, le contraire du développement ! »
Quant au futur statut de la Corse : « il n’y a pas un mot sur le statut fiscal ! Comment traiter le problème de la spéculation hors d’un statut fiscal ? Le logement, la création des entreprises, la vie sociale, les droits de succession… il va falloir continuer le combat. » Et de citer le besoin de contenir les résidences secondaires, réserver des quartiers à des résidences principales, jouer sur la fiscalité, limiter la présence de logements spéculatifs dans les copropriétés, « on essaie de jouer à droit constant, mais c’est difficile et ça renvoie finalement à la structure d’État, dans l’Union européenne, et en France, c’est une bataille que nous menons pour faire comprendre que l’objectif c’est de prendre en compte la réalité, la diversité des territoires. La lutte contre la spéculation n’est qu’une des facettes de ce grand combat de la reconnaissance de ce que nous sommes, citoyens du monde, citoyens européens, citoyens français mais avant tout citoyens de là où nous avons nos racines. »
Arritti reviendra sur le débat qui a suivi avec la salle. •








