Settimanale naziunalistu corsu dapoi 1966

N°2889

da u 15 à u 21 di maghju di u 2025

Arritti ingiuvanitu

Contr’à a spiculazione !

Conf spéculation

le 30/05/2025

Par François Alfonsi

U scontru d’Arritti que nous avons tenu ce samedi 24 mai in Bastia a été un succès remarqué. De nombreux jeunes, une assistance fournie et des intervenants de qualité nous ont permis d’aller plus loin dans la réflexion pour combattre l’impact de la spéculation et de la dépossession foncière sur l’avenir du peuple corse sur sa terre. Tous nos remerciements vont à la fondation Coppieters, présidée par Antonia Luciani, qui nous a permis de tenir cet événement.

La fondation Mauritz Coppieters a été créée grâce aux efforts déployés depuis plus de 30 ans pour structurer l’ALE en tant que fédération des mouvements nationalistes et autonomistes européens. L’UPC en a été le pilier corse à l’origine, et Femu a Corsica s’inscrit pleinement dans cette stratégie.

C’est en effet l’existence de la fondation Coppieters qui nous a permis de monter ce débat. Il est important de réaliser, à travers de tels événements, que la capacité de faire que nous avons aujourd’hui est le résultat des investissements militants faits par ceux qui nous ont précédé. Et il est réconfortant de constater que des plus jeunes sont aujourd’hui mobilisés pour en reprendre le flambeau. Car, si la Corse veut réussir à porter des solutions pertinentes aux problèmes qu’elle traverse, elle doit continuer cet investissement au plan européen de façon renouvelée.

Pour la jeunesse, le fléau de la spéculation immobilière est très souvent cité comme le problème numéro un. Qu’ils soient étudiants ou déjà en activité, tous les jeunes Corses se heurtent au mur du coût du logement, tant pour l’acquérir que pour en payer le loyer.

Ils sont très souvent pris au piège de la « trappe des revenus intermédiaires », entre le logement social auquel ils n’ont pas droit car il est réservé à des publics plus précaires, et le marché foncier ordinaire monopolisé par des classes sociales à très haut revenu, très souvent des acheteurs de résidences secondaires, dont le nombre non maîtrisé occupe l’essentiel du marché disponible.

Le jeune couple aux revenus médians, caractéristique de la grande majorité de la jeunesse corse, se voit ainsi refuser l’accès à la propriété et au logement. Le problème est le même au Pays Basque français. Là-bas la lutte s’est structurée autour de l’association Alda qui combat au quotidien fraudes et abus de la part des propriétaires-spéculateurs. Les locataires ordinaires mis dehors de chez eux le temps de la saison estivale réservée à la location saisonnière, c’est illégal, le changement de destination d’un bien doit être autorisé, etc. Alda est aux côtés des locataires en toute occasion, et souvent obtient gain de cause.

Des vallées des Dolomites, pays des Ladins, aux îles côtières de la Frise en Mer du Nord, en passant par la Corse et le Pays Basque, le problème est le même : il faut trouver un mécanisme qui compense l’énorme disparité de pouvoir d’achat entre ceux qui vivent au pays, et le font vivre au quotidien, et ceux qui ont des moyens incomparables et qui veulent acquérir des résidences secondaires.

Le problème s’est accru ces dernières années avec l’émergence du système RB&B, qui permet de rentabiliser par du paracommercialisme des achats de biens purement spéculatifs. L’investisseur extérieur peut désormais réussir à faire des bénéfices, pour peu qu’il ait été suffisamment fortuné pour réaliser l’investissement de départ. Il y a trente ans, posséder une résidence secondaire avait un coût ; désormais, très souvent, cela rapporte ! Comment envisager l’avenir pour ceux qui veulent vivre et travailler en Corse sans apporter une régulation de ce phénomène, par la fiscalité et par d’autres moyens réglementaires ?

C’est une nécessité impérative. Les îles frisonnes ont agi avec le pragmatisme des gens du Nord, les municipalités instaurant les bases d’un « permis d’habiter » comparable à un permis de construire. Les Ladins cherchent des moyens de résister à ceux qui, jusqu’à Elon Musk himself, viennent édifier leurs chalets-palaces sur les rares terrains constructibles. S’inspirant de l’expérience frisonne, l’île de Minorca aux Baléares, forte de son statut d’autonomie, est en train de débattre d’une « loi donnant aux résidents la priorité dans l’accès au logement ».

Le constat est clair : dans un contexte d’autonomie, il est beaucoup plus facile de mener un tel combat. Les vallées ladines qui bénéficient de l’autonomie du Sud-Tirol ont réussi bien mieux que celles qui sont tributaires de la loi générale italienne à développer la langue ladine, +20 % de locuteurs en une génération chez elles, -20 % chez les autres. Minorca élabore une loi autonome. En Corse, comme au Pays Basque, nous en sommes encore à ramer contre le courant de la rivière et, malgré l’énergie des militants, les progrès sont bien difficiles. Avec une autonomie, nous renverserions le sens du courant et nous pourrions ainsi aller bien plus loin, et bien plus vite. •

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